Dessins et peintures naturalistes au Jardin des Plantes

A l’occasion de l’année de la biodiversité, le cabinet d’histoire du Jardin des Plantes, à Paris, présente une exposition de peintures et de dessins naturalistes. On peut y voir de magnifiques pièces, rarement présentées au public en raison de leur fragilité, en particulier des vélins des 18e et 19e siècles, représentant des animaux disparus ou en voie d’extinction.
Le vélin sur lequel dessinait l’artiste naturaliste était une peau de veau mort-né, un support très sensible à la lumière ; l’avantage de ces dessins anciens sur vélin est de représenter avec une rare précision des animaux que nous n’avons pas connus comme l’explique Pascale Heurtel, conservatrice à la bibliothèque du Jardin des Plantes.
« Chaque planche que l’on voit ici est une planche qui, en tous cas au regard de l’état de la science de l’époque où elle a été produite, est une planche scientifique qui ne met aucun détail à part. Même dans les positions dans lesquelles sont représentés les animaux sur ces planches, c’est toujours pour montrer quelque chose. On voit par exemple un mâle qui s’appelait à l’époque l’«ouandérou », qui maintenant s’appelle un « macaca silenus ». Dans la représentation dessinée, il montre son postérieur parce que c’est un élément d’identification important, voilà ! Par des astuces de la représentation, ces planches, qui par ailleurs sont à mon sens magnifiques, servent avant tout à la science».
Des documents toujours utilisés par les scientifiques
Pascale Heurtel : « Les collections sont utilisées par les savants. Parfois c’est une histoire de datation, de savoir à quel moment l’espèce a été décrite pour la première fois et puis parfois également et malheureusement, ces représentations peuvent être le seul et dernier recours visuel pour certaines espèces qui ont disparu ».
A l’autre bout du jardin des Plantes, le Muséum d’histoire naturelle montre des animaux naturalisés représentant des espèces éteintes pour la plupart. A l’entrée de la salle, une statue grandeur nature du fameux dodo de l’île Maurice, un oiseau incapable de voler. Jean Philippe Siblet, directeur du patrimoine naturel au Muséum, raconte pourquoi cet oiseau a disparu.
« Le dodo est un animal qui a été persécuté parce que facile à attraper. Il avait certainement une chair qui pouvait être intéressante. Il y avait beaucoup à manger puisqu’on voit quand même que c’était un animal qui était quand même dodu. C’est probablement l’une des espèces qui a été à l’origine de la prise de conscience de l’érosion de la biodiversité. Mais ce qui est intéressant peut-être de se dire, c’est qu’il faut peut-être replacer ça dans le contexte de l’année 2010, l’année de la biodiversité.
Cette année 2010 marque la fin des engagements pris dans le cadre de la Convention sur la diversité biologique. Cette Convention, signée à Rio en 1992, avait fixé à 2010 l’arrêt de perte de biodiversité. Aujourd’hui, on le sait, c’est un échec. Et finalement, ce qui est assez dramatique, c’est de penser que peut-être cette salle qu’on voit ici va se peupler de nouveaux animaux d’ici quelques années si on n’y prend pas garde ».
Dans cette crise d’extinction actuelle des espèces (la 6e), beaucoup de ces espèces pourraient disparaître avant que les scientifiques aient eu le temps de les décrire.
Les dessins naturalistes du Muséum sont visibles au cabinet d’histoire du Jardin des Plantes jusqu’au 5 avril 2010.

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