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    Deuxième partie : Une «icône mondiale de la réconciliation»

    media Nelson Mandela, le leader palestinien Yasser Arafat et le président israélien Ezer Weizman en mai 1994. AFP

    En quinze ans de liberté, Nelson Mandela est entré dans la toponymie internationale. On ne compte plus les places, squares, ponts ou rues Mandela. En Afrique du Sud, et même au-delà, les entreprises «Madhiba» sont légion. A tel point que Nelson Mandela songe à faire du nom de son clan une marque déposée. Lui-même a suggéré à sa fondation éponyme l’usage de son numéro de cellule à Robben-Island, le 46664, comme chiffre emblématique de la lutte contre le sida. Au Royaume-Uni, où Margaret Thatcher fut l’Européenne la plus rétive au boycott de l’apartheid, le Premier ministre, Tony Blair, lui a demandé d’être le porte-voix de sa campagne en faveur d’un «plan Marshall pour l’Afrique».

    L’«icône mondiale de la réconciliation», selon le mot de l’ancien archevêque anglican sud-africain Desmond Tutu (prix Nobel de la paix 1984), Nelson Mandela, plaide aujourd’hui la cause du continent le plus pauvre de la planète devant les édiles des pays les plus riches du monde, qui se réuniront en Ecosse du 6 au 8 juillet prochain. Pourtant, le 1er juin 1999, au terme de son mandat de premier président noir de la «nouvelle Afrique du Sud», Nelson Mandela s’était promis de consacrer le temps qu’il n’a jamais eu à ses treize petits-enfants et à son épouse, Graça Machel, la veuve du président mozambicain Samora Machel, épousée en troisième noces, à quatre-vingts ans. 

    Un infatigable «animal politique»

    Nelson Mandela souhaitait se retirer dans son village natal de Qunu, au Transkei, après avoir veillé à l’accouchement sans douleurs d’une nation arc-en-ciel. Il a finalement repoussé sa retraite, le devoir l’appelant au chevet du Burundi, en février 2000. Les belligérants ne voyaient que lui comme médiateur possible pour conclure les négociations lancées, en 1998, à Arusha par Julius Nyerere, le président tanzanien mort en octobre 1999. Mandela a bouclé l’accord de paix inter-burundais, en août 2000. Il a, en revanche, décliné tout mandat de médiateur au Kosovo et en République démocratique du Congo (RDC). Il arguait alors de son âge avancé face à des tâches si lourdes. Cela ne l’a pas empêché de mettre les pieds dans le plat international.

    En 2001, par exemple, Nelson Mandela a voulu dire tout le mal qu’il pense des guerres américaines en Irak, accusant Washington de «porter le chaos dans les affaires internationales» en «s’appropriant le droit», contre l’Onu. Il s’est aussi irrité de la concurrence entre grandes puissances qui retarde, selon lui, la paix entre Israéliens et Palestiniens. «Lorsque les Etats-Unis proposent une solution dans la résolution du conflit, la France sape cette initiative pour en proposer une autre, puis c’est au tour de la Russie de proposer une solution qui viendra saper à son tour les deux précédentes», s’agace-t-il.

    «C’est un animal politique. Il ne se reposera jamais», dit de lui Graça Machel. De fait, à bientôt 87 ans, Nelson Mandela va son chemin de freedom fighter revenu au pacifisme. Sans esprit de revanche, il se veut fidèle en amitié et tenace dans ses convictions. En 1998, il l’a d’ailleurs rappelé sans ambages au président américain, Bill Clinton, en visite officielle dans une Afrique du Sud désormais fréquentable. «L’un des premiers chefs d’Etat que j’ai invité dans ce pays a été Fidel Castro… et j’ai aussi invité le frère Mouammar Kadhafi… Je fais cela à cause de notre autorité morale, qui nous dit que nous ne devons pas abandonner ceux qui nous ont aidé aux moments les plus sombres de notre histoire», a-t-il expliqué au président américain en rappelant qu’au temps où Washington appuyait l’apartheid, d’autres soutenaient moralement et matériellement le combat contre la ségrégation raciale.

    Ligne de Front anti-apartheid et conflit Est-Ouest

    «Je ne suis pas un messie, seulement un homme ordinaire dont des circonstances extraordinaires ont fait un leader», tempérait Nelson Mandela après qu’un nouvel «ordre mondial» ait rendu caducs les murs de l’apartheid et déplacé les enjeux qui déchirent la planète. La redistribution des cartes avait d’ailleurs plus ou moins furtivement commencé, bien longtemps avant sa libération. Au temps où l’apartheid faisait son procès pour «trahison», à Rivonia, en 1964, de nouveaux Etats avaient, en effet, vu le jour de l’indépendance en Afrique australe. Avec la Zambie, la Tanzanie ou le Malawi, une «ligne de front» anti-apartheid émergeait. L’émancipation de l’Angola et du Mozambique (en 1975), puis celle du Zimbabwe (en 1980) ont accéléré la montée des nationalismes noirs dans la région.

    En Afrique australe, la Ligne de front a servi de base arrière à la branche armée de l’ANC et de quartier général à son establishment politique. Mandela en prison, son ami de toujours, Oliver Tambo, a pris le relais. Le conflit Est-Ouest se délocalisant dans la région, l’Union soviétique et Cuba ont épaulé militairement l’ANC. La guerre froide a flambé dans la région quand le Mouvement populaire de la libération de l’Angola (MPLA) d’Agostinho Neto a appelé la Havane en renfort en 1975, pour empêcher Pretoria de porter au pouvoir l’Union nationale pour l’indépendance totale de l’Angola (Unita) de Jonas Savimbi. Au final, Fidel Castro aura dépêché 50 000 Barbudos en Angola. Quinze ans plus tard, ils serviront de monnaie d’échange Est-Ouest, contre l’indépendance de la Namibie, une première brèche dans l’apartheid.

    Massacre à Soweto et sanctions internationales

    Tandis que la fonte du glacis portugais voyait une nouvelle donne internationale en Afrique australe, la répression battait son plein en Afrique du Sud, avec, en juin 1976, une opération de police meurtrière contre des écoliers de Soweto, la township satellite de Johannesburg. La nouvelle génération des ghettos noirs refuse alors l’enseignement obligatoire de la langue du «maître», l’afrikaans. Septembre 1977 est marqué par la disparition du fondateur du mouvement de la Conscience noire (inspiré du «black power» américain), Stephen Biko, torturé à mort en prison. A Robben-Island, Mandela et une trentaine d’autres militants anti-apartheid sont mis à l’isolement. Journaux et radios sont interdits. Même le «Readers digest» est censuré, plaisante-t-il.

    En 1971, Nelson Mandela a quand même pu quitter la carrière de chaux de Robben-Island pour être transféré au ramassage du guano, avec vue sur la mer. En 1979, il peut enfin revoir sa deuxième femme, Winnie, épousée en 1958. Elle-même subit séjours en prison, assignation à résidence et bannissement. Mais Pretoria continue d’interdire que le nom du prisonnier emblématique soit prononcé ou écrit. Pourtant «Amandla (liberté) Mandela!» se murmure de plus en plus dans les campagnes, les rues et les courées sud-africaines, mot de passe entre Noirs et Blancs, militants anti-apartheid. Les violences de l’apartheid ont commencé à éclabousser la vitrine diplomatique sud-africaine. En novembre 1977, le Conseil de sécurité de l’ONU interdit les ventes d’armes à Pretoria qui a déjà développé sa propre industrie militaire à partir des transferts de technologie française, israélienne ou allemande. En 1978, la scène intérieure est bousculée par le scandale du Muldergate qui met en scène le ministre de l’Information, Cornelius Mulder, et les services secrets sud-africains. Depuis le début de la décennie, ils arrosaient la presse étrangères avec une partie des réserves nationales d’or transférée à Londres à cet effet.

     Les comptes de la propagande de l’apartheid sont rien moins que transparents. Le Premier Ministre Johannes Vorster démissionne. Un intermède présidentiel honorifique est confié à Marais Viljoen. En coulisse, le ministre de la Défense, Pieter Botha, s’emploie à bâtir une nouvelle stratégie. Le bastion blanc afrikaner prend l’eau. Régulièrement bombardés par Pretoria, les nationalistes d’Afrique australe l’encerclent. Les réglementations raciales contrarient le développement de la production et du marché sud-africain. Des guerres intestines opposent «éclairés» (verligte) et «conservateurs crispés» (verkrampte).

    Pieter Botha et l’engagement «constructif» américain

    Au tournant des années soixante-dix, le patron du géant minier sud-africain Anglo-American, Harry Oppenheimer, affirme, à la manière des anti-esclavagiste nord-américains en mal de travailleurs libres, que «l’apartheid est anti-capitaliste». Il se trouve des alliés militaires dans la mouvance Botha. La confrérie afrikaner qui sert de pépinière au pouvoir depuis 1948, le Broederbond, est encore divisée. Mais un changement de stratégie est amorcé par certains poids lourds de sa fraction militaro-industrielle. Pour sa part, en 1984, Pieter Botha se trouve un nouveau slogan : «s’adapter ou mourir». L’objectif est de promouvoir un projet de réforme constitutionnelle capable d’assurer la pérennité de l’apartheid. Le ministre de la Défense estime que les Blancs sud-africains ne peuvent guère espérer une victoire militaire définitive contre les Etats noirs de la région, même si leur armée est la plus puissante du continent.

    Faute de solution militaire, Botha envisage une issue diplomatique. Les Noirs sud-africains, déjà endigués dans leurs bantoustans, il entreprend de neutraliser la Ligne de front qu’il verrait bien transformée en une constellation d’Etats inoffensifs, dans l’orbite sud-africaine. Théorisée fin 1980 par Chester Crocker, la politique d’«engagement constructif» mise en œuvre par l’administration américaine Reagan donne à Pieter Botha la marge de manœuvre. Relayée en particulier par la Côte d’Ivoire de Félix Houphouët-Boigny, cette collaboration rebaptisée dialogue a laissé un goût amer dans la mémoire vive des anciens combattants de la liberté. Mais, «seuls les hommes libres négocient», rappelle alors Mandela. Il est prisonnier depuis vingt ans déjà. Mais il refuse au président Viljoen d’échanger sa liberté contre son départ en exil au Transkei.

    Son projet de Constitution adopté, Pieter Botha est élevé à la magistrature suprême, le 14 septembre 1984. Pour sauvegarder le pouvoir blanc, il a instauré un régime présidentiel fort, taillé à sa mesure, et distribué des strapontins parlementaires aux métis et aux Indiens, dans un Parlement tricaméral qui les confine dans leurs affaires communautaires. Il espère ainsi casser l’opposition. Il obtient l’effet inverse. Un Front démocratique uni (UDF) fédère plusieurs centaines d’organisations anti-apartheid de toutes natures et lance une campagne de manifestations nationales avec, comme porte-flambeau, l’archevêque Desmond Tutu, consacré prix Nobel de la paix cette même année 1984.

    Tandis que Pieter Botha balance entre répression intérieure et ouverture extérieure, non sans succès régionaux, le Broederbond change officiellement son fusil d’épaule, préconisant, en 1986, l’intégration politique des Noirs jusqu’au plus hauts niveaux. A l’idée d’un éventuel partage du pouvoir, la communauté blanche se fracture avec l’apparition d’extrémistes. La communauté noire se déchire entre partisans de l’ANC et militants du parti zoulou Inkhata de Mangosutu Buthelezi. En 1985, le régime Botha a aboli la loi sur les laissez-passer et celle qui interdit les mariages mixtes. Trop peu, trop tard pour Nelson Mandela qui, avec l’ANC clandestin et l’UDF réprimé, réclame «un homme une voix».

    Empêcher que les Blancs et les Noirs se massacrent

    En 1989, le prisonnier Mandela écrit au président Botha que «face au spectre d’une Afrique du Sud coupée en deux camps hostiles», Noirs et Blancs «se massacrant mutuellement», il se voit comme «tâche limitée» celle d’amener à la table des négociations «les deux principales organisations du pays», l’ANC et le gouvernement. Nelson Mandela précise qu’à ce stade «la question de [sa] libération n’en est pas une» et qu’il n’est pas davantage question de demander à l’ANC de rompre avec les communistes du SACP ou de renoncer à la lutte armée. Il fixe un ordre du jour qui tient en l’examen de deux points cruciaux : «premièrement, la revendication de la règle de la majorité dans un Etat unitaire, deuxièmement, les inquiétudes de l’Afrique du Sud blanche face à cette demande». Pieter Botha le fera venir dans sa résidence du Cap, le 5 juillet 1989, pour en discuter, avant de passer la main.

    La fin des années quatre-vingt voit la guerre froide s’éteindre en Afrique australe. Par mesure d’économies militaires, Soviétiques et Américains ont voulu se désengager du continent, la perestroïka de Gorbatchev ouvrant d’autres horizons. Pour l’Afrique du Sud, il coûte de plus en plus cher de contourner les sanctions économiques internationales (sur le pétrole et les facilités bancaires notamment). Le 16 février 1984, la nouvelle stratégie de Botha s’est soldée par un accord entre Pretoria et Luanda qui organise le retrait des forces sud-africaines d’Angola entre 1985 et 1988. Le 8 août 1988, les Etats-Unis parrainent un accord tripartite, entre l’Afrique du Sud, Cuba et l’Angola, qui lie l’indépendance de la colonie sud-africaine namibienne au départ des 50 000 soldats cubains d’Angola. Pieter Botha a signé le Traité de New York, le 22 décembre 1988. Il a entendu les propositions de règlement pacifique du conflit sud-africain faites par son célèbre prisonnier. Mais il n’écrira pas la suite de l’Histoire.

    De Botha à De Klerk

    Frappé en début d’année par une attaque cérébrale, Pieter Botha démissionne, le 14 août 1989 au profit de Frederik De Klerk. Longtemps rangé dans le camp des conservateurs, ce dernier a finalement été incité par le Broederbond à nouer des contacts avec l’ANC. Confirmé à la présidence le 6 septembre 1989, De Klerk fait libérer sept dirigeants de l’ANC, le 15 octobre suivant. Ils ont passé un quart de siècle en prison. En novembre, Nelson Mandela salue De Klerk comme «le plus sérieux et le plus honnêtes des leaders blancs» auxquels il a eu affaire. Le 2 février 1990, Frederik de Klerk frappe l’opinion en annonçant la légalisation immédiate de l’ANC, du PAC et du SACP. Habilement, il invoque la chute du mur de Berlin pour justifier la fin de la lutte contre le «péril rouge». Désormais, dit-il, l’UDF peut exprimer son opposition sans entraves, les exécutions capitales sont suspendues, les prisonniers politiques qui n’ont pas exercé de violences sont libres et surtout De Klerk exprime sa «ferme décision de remettre Nelson Mandela en liberté, sans conditions» et dans les plus brefs délais. C’est fait le 11 février 1990. 

    «Ce gars va trop vite», commentent certains vieux routiers de la lutte de libération incrédules. Reste, en effet, à remettre à flot un navire sud-africain perclus de violence et ivre de peurs et d’espérances. Sans hésiter, Mandela relève le défi. «Jetez dans la mer vos fusils, vos couteaux et vos machettes», lance Nelson Mandela à ses partisans de Durban, le 26 février 1990. L’appel est aussi à usage interne, car il est urgent de mettre fin aux rivalités sanglantes qui opposent l’ANC et l’Inkhata. Mais le 6 août, Mandela s’affirme au diapason de De Klerk. L’ANC décrète la suspension de la lutte armée. Le 30 juin 1991, le gouvernement annonce officiellement la fin de l’apartheid et le 20 décembre s’ouvre à Johannesburg la Convention pour une Afrique du Sud démocratique (Codesa) où va se négocier une constitution de transition.

    Un prix Nobel en partage

    Nelson Mandela et l’ex-président sud-africain Frederik de Klerk reçoivent conjointement le prix Nobel de la paix, le 10 décembre 1993 à Oslo. AFP

    En juillet 1991, Nelson Mandela est élu président de l’ANC. Dans l’autre camp, le 17 mars 1992, un référendum voit 68,7% des électeurs blancs encourager De Klerk. En novembre, ce dernier avance un calendrier politique devant conduire aux premières élections multiraciales en Afrique du Sud, «avant avril 1994 au plus tard». En septembre 1993, Mandela lance un appel vibrant à la levée des sanctions de l’Onu contre Pretoria. Les deux hommes avancent au même pas. Leurs communautés suivent. Le 15 octobre 1993, le «démolisseur» blanc de l’apartheid et le bâtisseur noir d’une société multiraciale, Frederik De Klerk et Nelson Mandela, reçoivent conjointement le prix Nobel de la paix. La fin de l’année voit la mise en place d’un Conseil exécutif de transition (TEC) qui associe les Noirs à l’exécutif ainsi que la disparition administrative des bantoustans. Les délais sont tenus. Les électeurs sont au rendez-vous du premier vote «un homme une voix» du pays. Le 10 mai 1994, le président sud-africain Nelson Mandela prononce son discours d’investiture.

    «D’un désastre humain qui n’a duré que trop longtemps doit naître une société dont l’humanité tout entière sera fière», prêche Mandela. Pour sa part, il s’emploie à former un premier gouvernement aussi inclusif que possible, confiant, par exemple, le portefeuille de l’Intérieur au bouillant Buthelezi pour le dissuader d’entretenir plus longtemps ses rêves de grandeurs et de sécession. Début 1995, l’ancien combattant de la liberté offre des funérailles nationales à Joe Slovo, chef du parti communiste sud-africain et d’Umkhonto we Sizwe, la branche armée de l’ANC. «La nation est en deuil de ce grand patriote sud-africain», s’émeut Nelson Mandela, à la disparition du célèbre militant blanc qui perdit sa femme, Ruth First, assassinée en 1986 par les tenants de l’apartheid. Mais glorifier les héros de la lutte de libération ne suffit pas à panser les plaies qui menacent de gangrener la société ar-en-ciel.

    L’esprit Mandela

    L'Assemblée constituante sud-africaine a institué en 1995 une Commission vérité et réconciliation chargée de sanctionner les crimes de l’apartheid, sans accroître la déchirure entre les communautés. Exercice éminemment politique autant qu’exutoire, travail de mémoire ou lutte contre l’impunité, la mission est confiée à Mgr Desmond Tutu. Elle a duré 7 ans (1996-2003) et fait école en Afrique où la méthode Mandela de «dialogue sans exclusion» a également fait des émules. Aujourd’hui, quand il annonce sans détour «mon fils est mort du sida», il fait œuvre de salubrité publique dans un pays où son successeur, Thabo Mbeki,  a décidé de faire un tabou de la coûteuse pandémie. Héros international parce qu’il n’a pas succombé à la haine raciale et retenu ceux qui voulaient repousser les Blancs d’Afrique du Sud à la mer, Nelson Mandela déplace les foules.

    «La pauvreté massive et les inégalités obscènes sont des fléaux de notre époque qui ont leur place à côté de l'esclavage et de l'apartheid», rappelle l’aimable vieux monsieur devant des milliers de personnes réunies à Londres pour évaluer les promesses d’équité lancées dans les tribunes de l’Onu pour le nouveau millénaire. Pour sa part, Nelson Mandela sait combien la misère continue dans son pays de creuser le fossé entre les communautés raciales et à l’intérieur de celles-ci. Rien n’est gagné, pas même pour la nation arc-en-ciel. Mais quoi qu’il arrive, un espoir demeurera avec l’esprit Mandela, une figure africaine universelle.

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