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    Afrique

    Johnny Clegg: « Le simple fait d’entendre son nom évoquait la promesse d’une nouvelle Afrique du Sud »

    media Johnny Clegg. (Photo : E. Sadaka / RFI)

    Son tube « Asimbonanga », en 1987, est rapidement devenu un hymne contre l’apartheid. Johnny Clegg a fait connaître la cause de Nelson Mandela et la musique sud-africaine dans le monde entier, tout en montrant un autre visage de l'Afrique du Sud blanche, favorable à une nation arc-en-ciel. Il raconte son combat et son admiration pour Mandela. 

    RFI: Comment est né « Asimbonanga » ?

    J’ai écrit cette chanson en réaction à l’état d’urgence, qui a été imposé en 1986. J’étais profondément choqué. Et puis ma génération n’avais jamais vu physiquement Mandela. On ne savait même pas à quoi il ressemblait, parce qu’il était interdit d’avoir des photos de Mandela.   Un type avait été condamné à quatre années de prison parce qu’il avait une tasse de café avec la photo de Nelson Mandela !

    « Asimbonanga» parle de cela, « Asimbonanga », on ne l’a jamais vu, Mandela. Pourtant le simple fait d’entendre son nom évoquait la promesse d’une nouvelle Afrique du Sud. D’ailleurs, je suis le premier artiste sud-africain à avoir écrit des paroles avec le nom de Nelson Mandela. D’autres artistes avaient écrit des chansons à sa gloire, mais au lieu de dire « Mandela », ils disaient « Manelo » pour éviter la censure, alors que moi je disais Mandela. Et bien sûr, la chanson a été censurée.

    Johnny Clegg: Au-delà des chansons, les artistes sud-africains ont-ils participé à l’effervescence rebelle des années 80 ?

    RFI: Il est vrai que les Sud-africains à cette époque étaient dans un état de rébellion permanent. Il y avait l’UDF (Front démocratique uni), les syndicats, les étudiants, les groupes religieux, la société entière contestait le régime. C’était une contestation qui reposait sur des événements. Il n’y avait pas de coordination au niveau national, chaque région avait sa propre dynamique. Le régime ne pouvait plus suivre. Je faisais partie d’un groupe d’artistes qui étaient mal à l’aise, car il y avait énormément de tendances au sein des mouvements politiques ; des tendances nationalistes, socialistes, communistes, stalinistes. Cela nous gênait parce que l’on ne savait pas quelle tendance allait s’imposer. On ne voulait pas de la tendance staliniste parce qu’on avait vu à quel point les artistes en avaient souffert en Union soviétique. Et puis on voulait conserver notre indépendance, et pouvoir continuer à critiquer ces gens-là, si nécessaire, quand ils allaient être au pouvoir. Donc nous avons formé l’alliance des musiciens sud-africains.

    RFI:Quels étaient vos objectifs ?

    J.C: Nous luttions pour la liberté de mouvement, parce que les non-Blancs ne pouvaient pas se déplacer sans leur pass. Nous luttions pour la liberté d’expression, parce qu’il y avait une censure incroyable. Et nous luttions pour la liberté d’association, parce que nous voulions jouer devant un public mixte, racialement mixte. La majorité de nos concerts étaient interdits, et quand ils ne l’étaient pas, la police et même parfois l’armée nous ordonnaient de mettre fin au concert et d’inviter la foulé à se disperser dans le calme.

    RFI: Qui allait voir Johnny Clegg en concert ?

    J.C: Mon public était à 70% blanc. Les trente autres pour cent étaient répartis entre Noirs, Indiens et métis. Mais l’attitude des jeunes Blancs a changé avec la chute du Mur de Berlin, en novembre 1989. Ces jeunes ne voulaient pas faire leur service militaire. On ne voulait pas les préparer à la guerre contre les soviétiques, mais à réprimer les contestations dans les townships noirs. Alors bien sûr, il y a avait toujours des jeunes qui m’insultaient, mais la majorité criaient « Johnny Clegg président ». À tel point qu’un concert avait été signalé au gouvernement. Pour les autorités, le comportement des Blancs à mes concerts étaient un baromètre, ils indiquaient qu’une part importante de la jeunesse blanche appelait de ces vœux une nouvelle donne en Afrique du Sud.

    RFI: Cela a dû être agréable de chanter Asimbonanga après la libération de Nelson Mandela, surtout quand il était à vos côtés sur scène.

    J.C: Oui, et je vais vous raconter une histoire amusante. En 1997, j’étais invité à chanter à Munich pour le concert de clôture d’une conférence qui rassemblait trois mille ONG qui avaient des opérations en Afrique. Mandela était l’un des participants. Donc j’étais sur scène, et je chantais « Asimbonanga », je finis toujours mes concerts avec « Asimbonanga». J’étais au milieu de la chanson, et je ne l’ai pas vu, mais Mandela est arrivé sur la scène. La foule est devenue complètement dingue. Mais moi je ne l’avais pas vu, Mandela, et je me suis dit, « c’est dingue, ils raffolent de ma chanson ». Et là, je l’ai vu. On a arrêté la chanson. Je lui ai tendu le micro, et il a dit: « la musique me permet d’être en paix avec moi-même et en paix avec le monde ». Ensuite, il m’a regardé et il m’a dit, « Johnny, les gens ne dansent pas assez, recommence ! ». Et j’ai recommencé la chanson et il s’est mis à danser, c’était un moment inoubliable.

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