Débat sur l’identité nationale: Fillon joue les pompiers
François Fillon, le Premier ministre, a joué les pompiers lundi 8 février. Il a repris les choses en main lors d'un séminaire gouvernemental pour éteindre l’incendie allumé par Eric Besson, le ministre de l'Immigration, il y a trois mois, sur le débat de l'identité nationale en France.
Soyons clair. Le débat sur l'identité nationale en question voulu par Nicolas Sarkozy est un échec tout simplement. Trois mois après avoir été lancé, il s'est conclu par un séminaire gouvernemental alors qu'un grand colloque était prévu. Et le Premier ministre a dû se substituer, contre son gré, au président de la République pour annoncer quelques mesures, ou mesurettes, que personne ne prend au sérieux.
François Fillon est, en effet, resté dans le symbolique. Ses propositions concernent essentiellement l'Education nationale. Elles vont du carnet du jeune citoyen à l'introduction d'un module de formation aux valeurs de la République dans le cadre du service civique, tout cela en passant par une accession à la nationalité française plus solennelle.
Rien de bien nouveau finalement. Le contrat d'intégration propose déjà cela. Et cette absence de vraies propositions montre bien que l'Elysée s'est fourvoyé et que ce débat sur l'identité nationale était une «fausse bonne idée», une diversion, un encouragement à la xénophobie.
A quelques mois d'élections régionales que les sondages annoncent catastrophiques pour la majorité, il devenait donc urgent d'en finir. C'est ce que vient de faire François Fillon en cantonnant Eric Besson au silence. Franchement, il n'est pas sûr que la République sorte renforcée de cette affaire.
Eric Besson est incontestablement le grand perdant
Nicolas Sarkozy a voulu un ministère de l'Immigration et de l'Identité nationale. Et c'est Eric Besson qui en a hérité, même s'il aurait préféré obtenir autre chose. Un homme venu de la gauche pour travailler sur ces questions, Nicolas Sarkozy pensait que c'était habile, mais aujourd'hui Eric Besson est un homme seul. Un roi nu, un perdant entêté, mal accepté par la droite, son nouveau camp, et moqué par la gauche qui souligne le paradoxe de voir un homme à la recherche de son identité politique chargé de s'occuper de l’identité nationale.

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