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Revue de presse Asie - 
Article publié le : mardi 09 février 2010 - Dernière modification le : mardi 09 février 2010

A la une, la pédale de la discorde au Japon

Par Stéphane Lagarde

Retour au garage pour près de 200 000 Prius. Le titre est encore chaud sur le site de l’Asahi Shimbun qui n’a pas eu le temps d’actualiser sa page en anglais et parle de 180 000 Prius rappelées chez le constructeur. Akio Toyoda, le PDG de Toyota, est vous le savez debout sur les freins depuis que plusieurs plaintes ont été déposées aux Etats-Unis et dans l’archipel concernant un défaut dans le système de freinage de ces véhicules hybrides. En cause : le temps de réaction de la pédale d’arrêt du dernier modèle de la Prius, sorti en mai dernier. La demande de rappel concerne en réalité plusieurs modèles de ces voitures silencieuses qui roulent à la fois à l’essence et à l’électricité. La demande officielle doit être déposée ce mardi 9 février dans la journée, a annoncé le porte-parole de Toyota au Japon.

Fonseka devant la cour martiale

L’ex-général Fonseka disait craindre pour sa vie, le voilà devant la cour martiale. Tout a été très vite selon le Sunday Times à Colombo. Sarath Fonseka a été emmené par les agents de la police militaire alors que ses bureaux étaient cernés par des hommes lourdement armés. Les journalistes et les photographes n’ont pas pu s’approcher, d'où cette photo floue et visiblement prise au téléobjectif dans le Sunday Times. On y voit des hommes, probablement des enquêteurs, s’activer dans le QG de campagne du candidat malheureux aux dernières élections. Les affiches de la dernière présidentielle sont encore là, visibles sur les panneaux à l'entrée.

Une arrestation semble-t-il musclée d’après ce qu’a raconté Mano Ganeshan à l’Hindustan Times. Près d'une centaine de soldats policiers seraient intervenus, dit ce leader de l’opposition sri-lankaise. Le général discutait avec trois amis. Il a refusé de suivre les policiers, alors « ils l'ont emmené (en l'agrippant) par les jambes et par les bras », poursuit ce témoin. Lundi, l'ancien chef des armées affirmait que plus d'une cinquantaine de ses collaborateurs avaient déjà été arrêtés, accusant les autorités de vouloir l'empêcher de récolter les preuves de la fraude électorale. Son directeur de campagne aurait également été emmené par les policiers. Le président sri-lankais accuse de son côté l’ex-général d’avoir voulu préparer un coup d'Etat.

L’ancien général sera présenté devant la cour martiale, nous dit l'Hindustan Times qui précise que sous l'état d'urgence au Sri Lanka, il n'y a pas eu besoin de mandat d'amener. Selon le porte-parole de l'armée cité par le Sunday Times, Sarath Fonseka est accusé « d'offense militaire ». Le Daily Mirror va même plus loin. L'ancien général est accusé selon cet autre quotidien de Colombo d'avoir révélé des secrets militaires et de complot d’assassinat contre le chef de l'Etat. Le président Mahinda Rajapakse doit, lui, rentrer ce mercredi 10 février à Colombo, après une visite en Russie. L’opposition doit tenir une conférence de presse dans la journée, affirme encore le Sunday Times.

En Chine, le lait contaminé refait surface

C'est comme un cauchemar qui ressurgit du fond du bol. On imagine la main tremblante des clients devant les boîtes de lait en poudre, les bouteilles, les yaourts au supermarché.Comment avoir confiance désormais ?

A voir l'œil inquiet de l'inspecteur sanitaire sur la photo du China Daily, la psychose n'est pas prête de s'arrêter en Chine. On croyait l'affaire enterrée depuis 2008, et non, c’est reparti ! Il reste du lait contaminé sur les marchés en Chine, nous dit l’agence Chine Nouvelle. La preuve : les autorités sanitaires ont mis la main sur 72 tonnes de lait en poudre à la mélamine ce lundi 8 féver et une centaine d'autres pourraient bien encore se trouver dans les rayons des magasins chinois, précise le China Daily.

La mélamine est cette substance toxique utilisée dans la fabrication d'engrais et donc hautement nuisible à l’organisme. «  Le lait (qui la contient) a été reconditionné », explique The Straits Times à Singapour. De juillet à novembre, deux compagnies laitières ont remis dans les boîtes 164 tonnes de poudre de lait qu'elles étaient censées détruire. En conséquence, les autorités chinoises chargées de la sécurité alimentaire ont fermé plusieurs entreprises laitières du nord-ouest du pays. Dix inspecteurs sont sur le coup, ce n’est pas beaucoup vous me direz. Dix inspecteurs et dix jours d’une enquête qui doit s’achever ce mercredi. La mélamine dans le lait a tué au moins 6 nourrissons en 2008 en Chine et 300 000 enfants avaient alors dû être hospitalisés.

Verdict sous haute sécurité en Thaïlande

Au moins 20 000 membres des forces de l'ordre vont être envoyés en renforts dans la plupart des provinces avant la fin février, annoncent les autorités. Ces déploiements de troupes supplémentaires sont destinés à assurer un minimum de calme lors de l'annonce du verdict sur la fortune de l'ancien Premier ministre Thaksin Shinawatra le 26 février. The Nation donne tout le détail du dispositif : 200 barrages filtrants vont ainsi être installés autour de Bangkok, près de 5 000 hommes, soit 54 compagnies, seront postés aux entrées de la capitale.

Je vous parlais de cauchemar avec le lait en Chine, ici le gouvernement ne veut surtout pas avoir à recommencer l'expérience d'avril 2009 où, souvenez-vous, les manifestations monstres des pro-Thaksin avaient paralysé le pays. Plus de 13 000 hommes ont ainsi été dispatché dans les provinces du nord et du nord-ouest, réputées pro-Thaksin. Les « chemises rouges », autrement dit les militants de l'ancien Premier ministre en exil, ont déjà fait savoir qu’ils restaient mobilisés. Plusieurs sit-in ont déjà été organisés devant la Cour suprême. Le gouvernement assure toutefois que les manifestations resteront autorisées avant et après le verdict.

BT76BN

Ce verdict est évidement très attendu en Thaïlande, et cela quels que soient les camps. C’est au fond l’épilogue d’un long procès résumé par quatre lettres et deux chiffres que l’on voit partout dans les titres de vos journaux encore ce matin et notamment dans The Nation : BT76BN, ce qui pourrait ressembler à un nom de code n’est autre chose que le montant estimé par la presse des avoirs de Thaksin Shinawatra. 76 billions -milliards- de baths, soit près de 2,2 milliards de dollars. Cette fortune est gelée en banque depuis que l’ancien Premier ministre en exil a été condamné par contumace. Les autorités craignent des violences lorsque les juges prendront leur décision concernant la saisie de tout ou partie de ces avoirs. Rendez-vous le 26 février prochain.

tags: Automobile - Chine - Japon - Revue de presse - Sri Lanka - Thaïlande
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