L'accord Swift inspire la méfiance au Parlement européen
Une grande majorité des eurodéputés qui débattaient ce mardi après-midi 10 février de l'accord Swift estiment que la lutte contre le terrorisme ne justifie pas le transfert massif d’informations bancaires privées vers les Etats-Unis. À Strasbourg, l’heure est au scepticisme.
Avec notre envoyée spéciale à Strasbourg, Heike Schmidt
Les parlementaires ont dit haut et fort à quel point ils se méfient de cet accord Swift. Donner accès à des informations bancaires privées, au nom de la lutte contre le terrorisme, n’est pas du goût d’une bonne partie des eurodéputés.
Les socialistes, les verts, les libéraux et la gauche radicale craignent tous que les droits fondamentaux des citoyens soient bafoués par les transferts massifs de données. « L’accord Swift est la petite sœur de Big Brother », a martelé Lothar Bisky de la gauche radicale.
Environ un tiers des eurodéputés conservateurs partagent cet avis et refusent donc de dire oui à cet accord provisoire entre l’Union européenne et les Etats-Unis. C’est notamment le cas des chrétiens-démocrates allemands. Ils exigent plus de garanties pour la protection de la sphère privée. Avant d’apposer leur signature, ils veulent savoir combien de temps seront stockées les informations et dans quelle mesure chaque citoyen pourra se protéger contre une utilisation abusive de ces données.

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