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    Niel Barnard: «Il pouvait aussi se montrer intransigeant et se mettre en colère, ce n’était pas un ange»

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    Niel Barnard a assumé les fonctions de directeur de l’Agence nationale des renseignements sous les présidents Pieter Willem Botha et Frederik de Klerk. Entre mai 1988 et le 11 février 1990, il a participé à quarante-huit réunions secrètes avec Nelson Mandela.

    RFI: Pourquoi le gouvernement de l’apartheid a t-il décidé de négocier avec l’ANC ?

    Niel Barnard: Au début des années 80, le gouvernement de l’apartheid allait droit dans le mur. L’ANC était parvenu à nous isoler sur la scène internationale, nous souffrions de sanctions, de boycotts. Des émeutes éclataient partout dans les townships. Face à cette situation, il y avait deux écoles de pensée. Soit nous mettions définitivement à terre le mouvement de libération, c’était la solution de l’assaut militaire. Soit nous options pour une solution négociée. Je faisais partie de ceux qui étaient en faveur des négociations. Nous voulions aussi prendre l’initiative des pourparlers avant d’être le dos au mur, afin de pouvoir négocier en position de force. C’était mon point de vue, et j’en ai fait part au président PW Botha.

    RFI: Pourquoi avez-vous choisi d’approcher Nelson Mandela ? Pourquoi lui, et non Oliver Tambo, le chef de l’ANC en exil, ou Walter Sisulu?

    N.B: La règle centrale dans toute négociation, est d’identifier la personne qui détient réellement le pouvoir, c’est essentiel. Il ne faisait aucun doute à l’époque que le pouvoir était entre les mains d’un homme dénommé Nelson Mandela. Aussi, si vous voulez négocier, il ne faut jamais tomber dans la facilité et commettre l’erreur de choisir une personne docile, qui ne bataillera pas pour décrocher des concessions. Il faut avoir en face de soi une forte personnalité. Elle vous donnera peut-être du fil à retordre, mais elle pourra ensuite convaincre ses membres d’accepter la solution négociée. Et Mandela n’était pas un tendre. Il était fougueux quand il était à la tête de la ligue des jeunes de l’ANC, il avait organisé la campagne de désobéissance civile à la fin des années cinquante, et il avait été commandant de la branche armée de l’ANC. Que les choses soient très claires, nous ne serions jamais parvenus à une solution politique négociée sans la participation active de Nelson Mandela.

    RFI: Les entretiens avec Mandela étaient secrets. Pourquoi ?

    N.B: La clé du succès d’une négociation est le secret. Si vous incluez les médias vous courez à la catastrophe. C’est la raison pour laquelle aucune solution n’a été dégagée à ce jour au Proche-Orient. Et puis à l’époque, au sein de la police de sécurité, au sein de l’armée, et même au sein du gouvernement, beaucoup étaient opposés au concept des négociations.

    RFI: Vous présentez PW Botha comme l’initiateur des négociations. Mais de nombreux assassinats politiques ont eu lieu sous son règne.

    N.B: Nous faisions face à une insurrection armée. Mais je ne suis pas là pour défendre PW Botha.

    RFI: Pourquoi avez-vous transféré Mandela à Victor Verster, dans une maison confortable où il avait un cuisinier à sa disposition, il pouvait regarder la télévision, lire les journaux, et rencontrer ses codétenus qui étaient à la prison de Pollsmoor (prison du Cap)?

    N.B: Nous savions que Mandela était sous pression. Nous souhaitions qu’il puisse informer les siens, car ils auraient pu douter de lui. Nous souhaitions qu’il puisse les convaincre de la nécessité des négociations. Nous voulions aussi le préparer à habiter la fonction présidentielle. Il ne faisait aucun doute pour nous qu’il allait devenir président. Nous voulions donc qu’il soit à l’aise dans son rôle, et qu’il ne se trompe pas de fourchette lors d’un dîner avec la reine d’Angleterre à Buckingham Palace! Nous l’avons préparé, et personne ne nous a rendu hommage pour cela.

    RFI: Comment Mandela s’est-il comporté lors des négociations ?

    N.B: C’était un fin négociateur. Il avait beaucoup de charme et il s’en servait habilement. Il était souriant, blagueur, sa chaleur humaine était désarmante. Il ne perdait jamais de vue son objectif, il se fixait une ligne et il ne s’en écartait jamais. Il pouvait aussi se montrer intransigeant et se mettre en colère, ce n’était pas un ange pour autant.

    RFI: Il était furieux que le président de Klerk ne condamne pas davantage les massacres commis dans les townships par les membres de l’Inkhata Freedom Party vers le début des années 90.

    N.B: C’est ridicule. De Klerk les a fermement condamnés. On nous a accusés de vouloir diviser les mouvements noirs pour mieux régner. Rien n’est plus faux. Quel intérêt y avait-il à cela ? Nous souhaitions parler à un seul interlocuteur pour parvenir à une solution le plus tôt possible.

    RFI: D’après Mandela, les négociations ont traîné parce que le régime souhaitait faire passer une version modernisée, plus acceptable de l’apartheid.

    N.B: Rien n’est plus faux. Nous n’étions pas opposés au suffrage universel. Et puis je n’aime pas le terme de régime que vous employez, je préfère parler de l’ancien gouvernement. Ne croyez pas tout ce qu’on vous raconte. Mandela n’est pas un ange. Il ne faut pas le sanctifier. On l’a élevé au statut de pape et, par conséquent, on s’attend à ce que tout le monde boive les paroles de sa sainteté. Le monde occidental en fait trop avec Mandela, son statut d’icône est malsain, et s’il était avec nous, il vous dirait lui-même que cette situation sert mal ses intérêts.

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