NIGER - 
Article publié le : samedi 20 février 2010 - Dernière modification le : samedi 20 février 2010

Un coup d'Etat prévisible

Le putsch a fait suite à plusieurs mois de tensions dues aux initiatives du président Tandja pour prolonger son mandat en dépit des manifestations de l'opposition (ici à Niamey le 13 décembre 2009).
Le putsch a fait suite à plusieurs mois de tensions dues aux initiatives du président Tandja pour prolonger son mandat en dépit des manifestations de l'opposition (ici à Niamey le 13 décembre 2009).
AFP / B. Hama

Par RFI

Depuis trois mois, bon nombre de Nigériens prévoyaient une réaction de l'armée. La date du 22 décembre dernier a marqué l'expiration du deuxième mandat de Mamadou Tandja qui, pour se maintenir au pouvoir au-delà de cette date, avait dissous le Parlement et fait adopter par référendum une nouvelle Constitution. D'autres facteurs ont aussi compté dans la décision de renverser Mamadou Tandja.

25/10/2009 - Fiche Pays

L'armée a visiblement voulu donner une dernière chance à la négociation menée par la CEDEAO. Mais, mardi 16 février, le sommet des chefs d'Etats de l'organisation sous-régionale n'a pu faire qu'un constat d'échec. Les cartes du dialogue épuisées, les militaires ont renversé 48 heures après ce sommet le président Tandja.

Plusieurs facteurs les y ont incités. Après la rupture du dialogue avec l'opposition, les militaires ont probablement craint un durcissement du régime Tandja avec à la clef la mise à l'écart au sein de l'armée d'éléments jugés suspects. Les putschistes ont peut-être également décidé d'agir rapidement pour ne pas être pris de vitesse par un autre groupe : des officiers supérieurs, par exemple, qui auraient pu faire le coup avant eux.

Selon une source bien informée de la région, au sein des forces armées nigériennes un ou deux autres groupes de militaires se préparaient aussi. Ceux qui ont pris le pouvoir sont pour la plupart issus de la jeune génération et font partie des cadres intermédiaires qui seraient, selon un diplomate de Niamey, moins compromis avec le régime Tandja et moins corrompus.

La junte, qui a dû prendre quelques assurances chez les voisins, ne peut pas échapper aux condamnations formelles. Mais l'éviction de Mamadou Tandja est sans aucun doute perçue comme un soulagement, en tout cas comme une potentielle solution pour ramener le Niger sur les rails de la démocratie, à condition bien sûr que les putschistes jouent le jeu.

tags: Mamadou Tandja - Niger
Fiche Pays :
Sur le même sujet :

Commentaires (5)

Fossette !

Y a eu Coup d'Etat au Niger, c'est vraiment, mais où irons nous après? C'est un voeu des Occidentaux (surtout Français et Américain) pour notre URANIUM et PETROLE mais les jours avenir nous dirons. Si réellement une bonne chose pour le Niger, nous sommes pour, mais le cas échéant c'est regrettable pour ceux qui sont derrière cette situation.
Merci

Ce sont des histoires que ce

Ce sont des histoires que ce diplomate raconte. Ces putschistes sont les mêmes qui ont fait le coup de 1996 avec Bare, tue Bare en 1996 avec Malam Wanke et ils recidivent en 2010 pour renverser Tandja. Ce sont des corrompus militaro-politiciens, fils des dicateurs militaires qui ont eu a gérer le Niger de 1974 a 1987 et de 1987-1992. Les nigériens les connaissent bien..

le niger apres Tanja

Il est normal que les militaires aient pris le pouvoir au Niger car Tandja a su mépriser ce peuple déjà assez misérable.
Par les voies normales Tandja ne pouvait pas accepter le verdict Démocratique. Que faire d'autre? Si la population ne pouvait pas répondre du moins immédiatement l'armée elle l'a fait. On ne peut que espérer une bonne démarche politique par la suite et la remise du pouvoir par le biais des urnes. Adieu Tanja

Je suis content que l'on ait

Je suis content que l'on ait renversé le président nigérien. Nos politiciens doivent apprendre à respecter la constitution, qu'elle plaise ou non! Il a vu ce qui est arrivé à Daddis Camara et malgrè cela il s'est obstiné dans une conduite peu sage. C'est bien fait, j'applaudis.
Je demande tout de même à ceux qui ont pris le pouvoir d'être sages à leur tour!

Encore un coup, mais un bon coup pour la démocratie

Ouf, me suis je esclaffé dans ce froid polaire en apprenant la nouvelle. Coup d'Etat au Niger. Un mauvais coup pour Tandja et son clan mais un bon coup pour les démocrates du Niger. Et, disons le haut, sans hypocrisie, mieux vaut une fin tragique qu'une tragédie sans fin. Fils et filles du Niger, construisez enfn votre démocratie. Bonne chance.

Réagissez à cet article

Le contenu de ce champ sera maintenu privé et ne sera pas affiché publiquement.
To prevent automated spam submissions leave this field empty.
CAPTCHA
Cette question sert à vérifier que vous n’êtes pas un robot afin de prévenir le spam automatique.
Image CAPTCHA
Saisissez les caractères (sans espaces) indiqués dans l'image.
Fermer