Karzaï réitère ses appels à la réconciliation avec les talibans
Des combats qualifiés de difficiles par l'Otan se poursuivent à Marjah dans le sud de l'Afghanistan. Les talibans opposent une forte résistance aux forces de la coalition. L'opération Mushtarak est entrée ce samedi 20 février dans sa deuxième semaine et se solde déjà par la mort de 12 soldats de l'Otan et d'au moins quinze civils. Le président afghan très discret depuis le début de l'offensive estime insuffisants les efforts de l'Otan pour épargner les civils. C'est ce qu'il a déclaré ce samedi devant le Parlement afghan à Kaboul.
C'est en brandissant devant le Parlement la photo d'une petite fille âgée de 8 ans, que le président afghan a dénoncé les pertes civiles occasionnées par les frappes de l'Otan.
« Cette petite fille a perdu douze membres de sa famille, et elle dû elle-même ramasser les corps. C'est une tragédie pour l'Afghanistan. Nous devons atteindre le point où il n'y aura plus de victime civile », a lancé Hamid Karzai.
Mais le président afghan a bien pris soin de ne pas pour autant remettre en cause l'offensive menée depuis une semaine à Marjah. « Le combat contre les terroristes et ceux qui les soutiennent doit continuer », a-t-il assuré.
Invité à s'exprimer devant les députés à l'occasion de la reprise des travaux parlementaires après la trêve hivernale, le président afghan a également réitéré ses appels à la réconciliation. « J'appelle les talibans à participer à la paix, à la reconstruction, et au développement », a-t-il lancé avant de conclure « notre pays a besoin de paix plus que toute autre chose. »
Mais dans le sud du pays, à Marjah, les combats se poursuivent, acharnés. Les habitants de la ville sont pris en tenaille entre les forces de la coalition et les talibans. Selon le porte-parole du gouvernorat du Helmand, quinze civils ont été tués depuis le début de l'opération.
Reportage: réactions à Kaboul à l'opération Marjah |
De notre correspondant à Kaboul, Luc Mathieu Les forces de l'Otan et l'armée afghane se heurtent à une résistance acharnée des talibans à Marjah, dans le sud du pays. Dix jours après le début de l'offensive qui mobilise 15 000 hommes, les insurgés multiplient les embuscades. Il est midi, Hamidullah Haidayria et son frère, Habibullah, s'apprêtent à déjeuner. Ils ont invité le chef de leur village de Deyahya, dans la banlieue nord-est de Kaboul. Les trois hommes se connaissent bien, ce sont d'anciens moudjahidins. Ils ont combattu ensemble l'armée soviétique. Le chef du village soutient l'offensive de l'Otan à Marjah, dans le sud de l'Afghanistan : « Nous discutons beaucoup de l'opération entre nous. J'écoute la radio tous les jours pour suivre l'évolution des combats. Je suis d'accord avec l'armée afghane et l'Otan. Il fallait lancer une grande opération contre les talibans. C'est très bien que le gouvernement s'installe à Marjah. La seule chose que les talibans disaient aux habitants était, "Venez faire la guerre avec nous contre les étrangers, nous vous donnerons de l'argent". Les gens n'avaient pas le choix ». Depuis le début de l'offensive, il y a maintenant dix jours, on compte une quarantaine de victimes, toutes des talibans, selon le gouverneur de la province du Helmand. Un bilan qui ne surprend pas Hamidullah : « Plusieurs responsables militaires américains et britanniques ont prévenu qu'il y aurait une offensive. Les talibans savaient qu'ils n'auraient pas fait le poids contre 15 000 hommes. Ils ont probablement quitté Marjah. Mais ils vont peut-être reprendre progressivement les combats. Ils vont par exemple poser de nouvelles mines artisanales le long des routes ». Mais Hamidullah n'en doute pas. Les forces de l'Otan et de l'armée afghane reprendront le contrôle de Marjah et de ses environs. Le chef du village, lui, reste méfiant. Il est d’avis que Marjah rebasculera du côté de l'insurrection si l'armée américaine quitte la zone : « L'armée afghane seule ne pourra jamais contrôler Marjah. Elle n'a pas le matériel de l'armée américaine. Elle manque de fusils, de lance-roquettes. Elle n'a pas d'avions non plus, ni d'hélicoptères. N’oublions pas que l'armée afghane n'existe que depuis quelques années. Elle n'a pas assez d'expérience ». Les anciens moudjahidins de Deyahya en sont convaincus. Il ne faut pas négocier avec les talibans de Marjah qui déposeraient les armes, comme le préconise le président Hamid Karzaï. L'Otan et l'armée afghane doivent les éliminer. Sinon, les talibans reprendront tôt ou tard le contrôle de la ville. |

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Commentaires (1)
ils ont raison
Ces anciens moudjahidines ont raison. Faut pas discuter avec es talibans,
il faut les éliminer, sinon ils vont revenir si toutes fois ils decident de partir!!! Karzai est a coté de la plaque avec ces propositions de partage du gâteaux et d'arrangements ces talibans n'en n'ont rien a faire il veulent seulement vivre comme il y a 2000 ans .
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