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Article publié le : dimanche 21 février 2010 - Dernière modification le : dimanche 21 février 2010

Darfour : accords entre le MJE et Khartoum

Le chef du mouvement rebelle du Darfour MJE, Khalil Ibrahim, en 2009.
Le chef du mouvement rebelle du Darfour MJE, Khalil Ibrahim, en 2009.
AFP / I. al-Omari

Par RFI

Le Soudan et l'un des deux principaux mouvements rebelles du Darfour, le Mouvement pour la justice et l'égalité, font taire les armes. Khartoum et le MJE ont signé, samedi 20 février, une trêve, à Ndjamena, au Tchad, sous les auspices du président Déby. Une trêve et un accord-cadre pour préparer des négociations de paix directes qui doivent débuter la semaine prochaine au Qatar.

Un cessez-le-feu immédiat est décrété entre le Mouvement pour la justice et l’égalité (MJE) et le gouvernement soudanais. Les deux parties s’engagent à poursuivre les discussions en vue d’un retour définitif de la paix. Concrètement, le mouvement rebelle, qui boudait les négociations, reprend sa place aux pourparlers de Doha. Ils sont en outre tombés d’accord sur la nécessité d’arriver à un accord final et global pour le retour de la paix au Darfour avant le 15 mars 2010.

Côté tchadien, on annonce qu’Idriss Déby Itno, qui a facilité le retour du docteur Khalil aux pourparlers de Doha, se rendra au Qatar pour la signature de l’accord de paix entre « l’équipe » du Darfour et le président soudanais el-Béchir.

« Nous avons soutenu l’initiative de l’émir du Qatar dès le départ, nous ferons tout ce que nous pourrons pour l’aider à y arriver », explique Moussa Faki, le ministre tchadien des Affaires étrangères.

Des accords sur fond de campagne électorale

Il y a une dizaine de jours, Idriss Déby était au Soudan pour sceller la réconciliation avec son vieil ennemi Omar el-Béchir. L'accord signé ce samedi 20 février à Ndjamena entre le régime soudanais et le MJE apparaît donc comme une suite logique. Si la paix entre le pouvoir de Khartoum et la rébellion, qui avait failli l'emporter en mai 2008, semble désormais envisageable, il est encore trop tôt pour évaluer la solidité des engagements des deux camps.

Dans le contexte actuel, chaque partie a en effet intérêt à jouer la carte de l'apaisement. Les rebelles du MJE ont besoin de se réorganiser militairement et leur chef Khalil Ibrahim pourrait ne pas se montrer insensible à des promesses de fauteuils ministériels à Khartoum.

Du côté du pouvoir soudanais, cet accord tombe également à point nommé. Sous le coup d'un mandat d'arrêt de la CPI, Omar el-Béchir a besoin de se présenter comme un faiseur de paix avant les élections générales d'avril. Pour mettre un point final à la guerre au Darfour, il promet la paix au MJE mais n'hésite pas au même moment à tout faire pour écraser les troupes de l'irréductible Abdel Wahid al-Nour dans le Djebel Mara.

Qu'importe les conséquences pour les populations prisent au piège. Pour Omar el-Béchir, la paix au Darfour répond à un impératif : éviter à tout prix d'avoir deux fronts à gérer en cas de reprise de la guerre avec le Sud-Soudan.

tags: Idriss Déby Itno - Omar el-Béchir - Soudan - Tchad
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