La junte «compte organiser des élections»

Le colonel Djibrilla Hamidou Hima, l'un des dirigeants de la junte qui s'est emparée du pouvoir au Niger à la faveur d'un putsch, était samedi 20 février au soir à Bamako où il a reçu un accueil officiel. Il y a pris des engagements devant les chefs d'Etat de l'Union économique et monétaire ouest-africaine (UEMOA), réunis pour leur 14e sommet dans la capitale malienne. « Nous comptons organiser des élections », a-t-il assuré.
Celui qui apparaît comme le numéro deux de la junte nigérienne s’est présenté sanglé dans une tenue militaire kaki. Le béret vissé sur la tête, le colonel Djibrilla Hamidou Hima a eu droit à un accueil de ministre d’Etat avec deux temps forts : tapis rouge pour se rendre à la salle de réunion des chefs d’Etat des pays membres de l'Union économique et monétaire ouest-africaine (UEMOA), même s’il n’était pas assis à côté d’eux ; mais tapis rouge aussi lors d’un petit bain de foule.
Ensuite, l’envoyé de la junte s’est présenté devant six chefs d’Etat lors d’un huis clos. Il semble qu’il ait convaincu ses interlocuteurs qui ont néanmoins, pour le principe, condamné le coup d’Etat survenu à Niamey.
Aujourd’hui, les pays qui sont dans la même zone monétaire que le Niger veulent l’aider à s’en sortir. Par exemple, le président sénégalais Abdoulaye Wade propose aux Nigériens d’élaborer une nouvelle Constitution de consensus et la soumettre à un référendum.
« Nous ne voulons pas du pouvoir. Il y aura des élections, mais avant de fixer une date, nous voulons rencontrer tous les acteurs nigériens », a affirmé devant la presse le colonel Djibrilla pour qui il n’est pas question de traduire en justice l’ex-président Tandja. « On ne peut pas dire que tout ce que Tandja a fait est négatif », a ajouté, très modeste, le colonel putschiste.

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Nous pouvons constater malheureusement que l'Afrique demeure le triste théâtre des coups de force qui justifiables ou pas, montrent un malaise profond au niveau politique. La démocratie, le respect de la constitution disparaissent, l'État perdant toute sa souveraineté. Espérons toutefois que la junte en place puisse tenir ses engagements.
Restaurer véritablement la
Restaurer véritablement la démocratie au Niger
Depuis le 18 février 2010, le président Nigérien Mamadou Tandja a été victme de son coup de force constitutionnel. En effet, des militaires putschistes ont pris le pouvoir à Niamey en reversant Mamadou Tandja. Dans leur première déclaration publique, ils ont mis en place un "Conseil Suprême pour la Restauration de la Démocration (CSRD) dirigé par le Chef d'escadron Salo Djibo. Autre décision importante, il y a eu la dissolution du gouvernement et celle de la 6ème République et de toutes les institutions qui y sont issues.
En rappel, Mamadou Tandja agé de 71 ans, a passé dix ans à la tête de l'Etat nigérien. Avant la fin de son ultime mandat en décembre 2009, l'ancien président nigérien avait organisé un référendum très contreversé par la classe poltique nigérienne. Pour pouvoir avancer et mettre en place son projet "anticonstitutionnel", il avait dissous le parlement et la cour constitutionnelle et règnait ainsi dans un vide juridique mettant à mal la démocratie nigérienne. Les conséquences qui s'en ont suivi, le Niger s'est plongé dans une crise socio-politique sans précédent. Malgré les sanctions infilgées au Niger par la communauté internationale, notamment la suspension de ce pays de la Communaité Economique des Etats de l'Afrique de l'Ouest (CEDAO) et la médiation qui était en cours pour trouver une solution à la crise, Tandja est resté de marbre, fonçant tout droit au mur. Et le résultat politique est là: coup de force à Tandja.
Et aujourd'hui, on a bel et bien l'impression que ce qui est arrivé à Tandja n'est pas étonnant quand on sait que c'est le quatrième coup d'Etat dans ce pays respectivement en 1994, 1996, 1999 et enfin 2010.
Alors, le niger avance t-il bien sur le chemin de la démocratie? On est bien tenté de se poser la question, mais avec ces éternels recommencements des multiples et incessants coups d'Etats, des doutes pourraient apparaître. Un coup d'Etat ramène toujours la démocratie en arrière, même si on dit souvent qu'il faut reculer pour mieux sauter.
Maintenant, on attend de voir l'évolution de la situation politique avec les nouveaux hommes forts de ce pays. Tandja a donc échoué avec son référendum constitutionnel organisé en août dernier.
Après l'échec de la médiation tentée par la CEDAO, bien de questions se posaient quant à une solution consensuelle à la crise socio-politique du Niger. Et la solution a été le coup de force. Cette solution est-elle bonne ou mauvaise? Les avis sont partagés. Mais ce qui est sûr pour les nouvelles autorités du Niger, les choses ne font que commencer pour restaurer véritablement la démcratie dans ce pays. C'est l'objectif principal du Conseil Suprême pour la Restauration de la Démocratie. Ainsi, depuis ce jeudi, la page Tandja dans l'histoire du Niger est tournée par un quarteron d'officiers et de sous-officiers. Une nouvelle page politique s'ouvre donc dans l'histoire de ce pays aux réalités du sahel. On attend de voir la direction que prendra le pays quand on sait que tant qu'il y'aura la malgouvernance, les pays africains ne seront jamais épargnés des coups d'Etat constitutionnels ou militaires.
C. Diadiari
Burkina Faso
le Niger
Quelle va être l'attitude des nouveaux dirigeants nigériens avec Areva - car on peut réellement affirmer que jusqu'à maintenant c'est Areva le véritable "patron occulte" du Niger, pays parmi les plus pauvres de la planète, mais tellement riche en uranium ?
Optimisme et Confiance
Ce coup d'état salvateur intervient à un moment où le Niger était au bord de l'implosion. L'intégrité, le courage et le patriotisme des membres du CSRD sont autant de gage qui peuvent amener les nigériens à leur faire confiance dans l'optique de l'organisation d'élections libres et transparentes qui sortira le Niger de la crise actuelle malheureusement insoutenable et sans précédent. le Niger retrouvera alors sa noble place dans le concert des pays démocratiques respectés. Au terme d'une transition démocratique, et avec l'avènement de la septième République, le Niger doit nécessairement continuer son développement économique et industriel d'autant plus qu'il regorge de nombreuses ressources naturelles. Mais en attendant, nous autres commun des mortels, croisons les bras.
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