Inquiètude sur l’avancement du processus électoral

Une mission des Nations unies s'est rendue à la fin du mois de janvier 2010 à Kinshasa pour évaluer l'état d'avancement du processus électoral. Les élections locales prévues depuis des années n'ont toujours pas été tenues et l'année prochaine en 2011, les Congolais attendent des élections présidentielles et législatives.
Les experts onusiens ont rencontré une multitude d'interlocuteurs : le gouvernement notamment le Premier ministre, les présidents de l’Assemblée nationale, du Sénat et de l’actuelle Commission électorale indépendante (CEI), les partis de l’opposition, la société civile, ainsi que les représentants de la communauté internationale, bailleurs de fonds et ONG. Ils relèvent que la situation électorale est plus confuse et critique qu'à la fin de l'année dernière. La révision du fichier électoral est au point mort et rien ne garantit que le calendrier des élections soit tenu. Le gouvernement et l'abbé Malu Malu à la tête de la CEI se montrent très optimistes mais ils sont malheureusement les seuls, notent les experts.
Dans les divers scénarii envisagés, la mission s'inquiète des défaillances techniques et opérationnelles qui risquent d'aboutir à des élections peu satisfaisantes voire peu crédibles. Pour l'heure l'assistance et le rôle des Nations unies restent à définir. Certitude : l'engagement ne sera en rien comparable à celui de 2006 lors des précédentes élections.
Plusieurs formules sont à l'étude : l’option minimaliste consisterait pour l'ONU à laisser tomber l'assistance électorale au profit du Programme des Nations unies pour le développement (PNUD). Cette option de désengagement serait complexe pour le PNUD et politiquement risquée pour les Nations unies, en cas d’incidents consécutifs à la mauvaise gestion des élections, estime la mission d’évaluation.
L’option maximaliste qui permettrait d’assister les autorités dans tout le processus électoral a peu de chance d'être retenue, précisent les experts. D'abord parce que pour l'instant la Mission des Nations unies en République démocratique du Congo (Monuc) ne dispose d'aucun budget et puis parce que le gouvernement congolais devra préalablement remplir plusieurs conditions « ce qui est peu probable », pronostiquent les experts.
L'option la plus réaliste mettrait donc l'accent sur une aide à la révision des listes électorale et nécessiterait une implication du PNUD pour l'assistance électorale proprement dite.
Le président Joseph Kabila a déclaré en novembre 2009 qu’il était en mesure d’organiser les élections générales, la majorité des interlocuteurs rencontrés, affirment les experts de l’ONU, ne croit pas que le gouvernement soit capable de le faire sans assistance internationale conséquente.
Ces analyses et recommandations de la mission sont des conclusions préliminaires qui peuvent évoluer. Elles feront en tout cas l’objet d’un rapport pour être discutées et permettre à l'ONU de déterminer son rôle futur dans l'appui aux élections congolaises.

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