Le socialiste Didier Migaud nommé président de la Cour des comptes

Le socialiste Didier Migaud a été nommé par décret, ce mardi 23 février 2010, en Conseil des ministres président de la Cour des Comptes. Il succède ainsi à Philippe Séguin, décédé le 7 janvier dernier, à la tête de cette institution chargée de contrôler tous les comptes publics. Une nomination très politique.
Nouveau coup de Nicolas Sarkozy au chapitre de l'ouverture. Le choix du socialiste Dider Migaud, premier président de la Cour des comptes, entre ainsi de nouveau dans la stratégie du chef de l'Etat qui poursuit l'ouverture à gauche, à quelques jours des élections régionales. Député de l'Isère depuis 1988, spécialiste des rouages budgétaires de l'Etat, âgé de 57 ans et proche de Laurent Fabius, Didier Migaud a un profil « sarkocompatible ».
Le président de la République lui avait rendu un hommage public, il y a quelques semaines lui donnant même du « mon ami ». C'est lui qui depuis 2007 présidait la commission des Finances de l'Assemblée nationale. Une promesse qu'avait faite Nicolas Sarkozy pendant la campagne présidentielle selon laquelle cette commission devait revenir à l'opposition. Beaucoup dans la majorité ne voit pas d'un bon oeil cette promotion d'un élu de gauche.
En jouant une fois de plus l'ouverture à la Cour des comptes, Nicolas Sarkozy anticiperait les critiques sur les nominations d'un trio de droite au Conseil constitutionnel.
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Lors de son enterrement, les discours et les éloges qui ont été adressés à Philippe Séguin, ont reconnu l’éminent rôle qu’il avait joué. On ne peut que se satisfaire de voir quelqu’un comme Monsieur Migaud lui succéder! |
Un expert de la finance Didier Migaud, 57 ans, fait plus figure d'expert que d'homme politique. Il dégage une image sérieuse, presqu'austère. Député de l'Isère depuis 1988, Didier Migaud construit sa carrière politique autour de la finance. Il conseille Lionel Jospin sur le budget pendant la présidentielle de 2002 et Ségolène Royal en 2007. Ce socialiste proche de Laurent Fabius est l'un des spécialistes des questions budgétaires à l'Assemblée nationale. C'est d'ailleurs lui qui met en place la LOLF, la loi organique relative aux lois de finances, adoptée en 2001. Rapporteur général de la commission des Finances en 1997, il est élu en 2002 questeur à l'Assemblée nationale, avant d'être président de la commission des Finances en juin 2007. C'est la première fois de l'histoire de la Ve République qu'un député de l'opposition occupe ce poste. Il n'hésite pas à dénoncer le bouclier fiscal. Il a aussi contraint le gouvernement à bouger sur la taxation des bonus des traders. L'homme de consensus sait affirmer haut et fort ses opinions. RFI |

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