La Cour suprême saisit plus de la moitié de la fortune de Thaksin

Plus de la moitié de la fortune de l'ex-Premier ministre thaïlandais Thaksin Shinawatra va être saisie, soit plus soit plus d'un milliard de dollars a décidé la Cour suprême qui estime que l'ancien chef du gouvernement a profité de sa position politique pour s'enrichir personnellement. Depuis Dubaï, où il vit en exil depuis qu'il a été renversé en 2006, Thaksin Shinawatra dénonce une décision « très politique ».
Avec notre correspondant à Bangkok, Arnaud Dubus
Les juges ont décidé que l’ancien Premier ministre, Thaksin Shinawatra, et son épouse Pojaman, avaient conservé illégalement des parts dans leur conglomérat familial, Shin Corp, alors même que Thaksin dirigeait le gouvernement. Cela était contraire à la Constitution de l’époque.
La Cour a également jugé que Thaksin avait manipulé la politique de son gouvernement de manière à avantager ses entreprises. Toutefois, les juges ont estimé qu’ils ne pouvaient pas confisquer l’argent accumulé par Thaksin avant que celui-ci ne devienne Premier ministre en 2001.
Il est cependant peu probable que ce compromis puisse apaiser les tensions politiques. Thaksin a donné naissance à un mouvement social important, celui des « chemises rouges » issues dans leur majorité des classes les plus démunies du pays. Elles disent se battre pour l’établissement d’une société plus équitable en Thaïlande.
Même si Thaksin, satisfait d’avoir récupéré une partie de son argent, souhaite se faire oublier, le conflit social reste entier. Les « chemises rouges » ont annoncé la tenue d’une manifestation massive à Bangkok, le 14 mars, pour forcer le gouvernement à dissoudre le Parlement et à convoquer de nouvelles élections.
Un jugement « très politique » Sur ce dossier, tout le monde est à peu près d'accord sur le principe que la décision prise est, de toute façon, une mauvaise décision parce qu'il n'y en avait pas de bonne. La Thaïlande n'en sera pas apaisée pour autant. Ce jugement de la Cour suprême peut toujours satisfaire les « chemises jaunes » qui représentent les partisans de l'actuelle direction et les élites traditionnelles. L'autre moitié du pays incarnée par les « chemises rouges », les partisans de Thaksin, n'en restera pas là. La question de la somme à payer est « presque » négligeable dans cette affaire.Thaksin Shinawatra n'a pas été mis « sur la paille », il demeure un homme d'affaire prospère. Le problème c'est que, depuis 2006, et le coup d'Etat militaire qui l'a déposé, la Thaïlande est un pays profondément divisé. Et les uns comme les autres disposent d'une capacité de mobilisation de leurs troupes suffisamment importante pour perturber considérablement la bonne marche du pays. On peut rappeler à titre d'exemple le blocage du trafic aérien, en 2008, l'annulation du sommet régional de l'ASEAN, en 2009, sans compter les manifestations chroniques qui agitent régulièrement la rue. Et après cette défaite, il est donc douteux que les partisans de l'ancien Premier ministre renoncent à protester. Ils ont d'ailleurs annoncé leur intention de le faire. RFI |

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Commentaires (1)
Thaksin
Il manque une Evita a Thaksin dont les "chemises rouges" sont les descamsados de Peron... Après midi suave à écouter la lecture de la décision de la Cour suprème (quelques heures !) Ces juristes thaïs valent bien les français : Tout cela se résume en quelques mots : le pognon que Thaksin a volé avant d'être premier ministre est à lui, celui qu'il a volé après est confisqué......
Mais tous ceux qui gracent à lui bénéficient des soins médicaux gratuits s'en contrefichent. Le populisme, ça paye partout dans le monde.
Nous attendons... des chars à nouveau dans la rue (ça, c'était bien sympa) ? Des élections ? Son parti l'emportera à nouveau ?
Il y a déjà une manifestation de "rouges" dans mon petit village perdu du Nord-est.
A SUIVRE
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