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Article publié le : vendredi 26 février 2010 - Dernière modification le : vendredi 26 février 2010

Une université américaine restitue à la France une lettre de Descartes

Extrait de la lettre de Descartes, 1641. Université d'Haverford.
Extrait de la lettre de Descartes, 1641. Université d'Haverford.

Par Colette Thomas

Le texte de Descartes avait été volé à Paris par un Italien peu scrupuleux, dans les années 1840. Au bout d'un siècle et demi, alors que le manuscrit a changé plusieurs fois de main, l’université américaine qui le possède actuellement décide de le restituer à la France.

Portrait de René Descartes, 1649, Musée du Louvre.
Wikimedia commons

Le philosophe français René Descartes est en voyage aux Pays-Bas lorsqu’il envoie cette lettre, le 27 mai 1641, à son ami, le père Marin Mersenne. Dans ce courrier, l'auteur du célèbre « je pense, donc je suis » parle à son ami, philosophe lui aussi et mathématicien, de la publication imminente de son prochain ouvrage, les Méditations métaphysiques. Ces réflexions restent l'une des oeuvres majeures du penseur français. Elles ne tarderont pas à révolutionner l'ensemble de la philosophie et de la théologie. Les Méditations métaphysiques paraissent trois mois à peine après cette correspondance.

Après la mort de Descartes, le manuscrit annonciateur du grand texte philosophique est conservé à l’Institut de France. Mais la lettre disparaît au milieu du XIXe siècle. Le comte italien Gugliemo Libri est amateur d’ouvrages anciens. Il travaille quelque temps à la Commission du Catalogue général des manuscrits des bibliothèques publiques de France et « emprunte » ce document et d’autres également. En tout, 72 lettres de René Descartes.   
 
Recherché pour ses larcins, Libri s'enfuit à Londres et pour régler ses factures, il vend les livres et les manuscrits volés en France.
 

Université d'Haverford.

Vient ensuite le temps des collectionneurs : Charles Roberts, grand amateur d'autographes et d'ouvrages originaux, acquiert la lettre écrite à Marin Mersenne. A sa mort, sa veuve fait don de la lettre à l'établissement dans lequel M. Roberts a étudié, l'université d'Haverford.
 
Un siècle plus tard, un universitaire néerlandais apprend l'existence de la lettre en faisant des recherches sur internet. Puis, les contacts entre le chercheur néerlandais et l'université américaine ouvrent l'avant-dernier épisode de l’histoire du manuscrit : le directeur de l’établissement américain décide de restituer la lettre de Descartes à l’Institut de France qui la possédait à l’origine.
 
Le directeur de l’université d’Haverford (Pennsylvanie), viendra en personne remettre le manuscrit à  l’Institut de France, à Paris, le 9 juin prochain. 

tags: Littérature - Patrimoine

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