Cameroun : le Chant du Ralliement

Quand le Cameroun célèbre son indépendance le 1er janvier 1960, cela fait plus de deux ans que Le Chant du Ralliement est devenu un hymne officiel : par 34 voix contre 8, l’Assemblée législative du Cameroun avait décidé de consacrer ce texte enseigné dans les écoles depuis plusieurs décennies pour en faire un des symboles du futur État alors en train de s’émanciper de la tutelle française.
A l’origine, les paroles sont celles écrites en 1928 par les élèves de l’école normale de Foulassi, une localité située au sud-ouest du territoire. Avant de décrocher leur diplôme de moniteur indigène qui allait leur permettre d’exercer comme instituteur, il leur avait été demandé, dans un devoir d’éducation civique, d’exprimer leur espoir en l’avenir du Cameroun. Sans doute faut-il voir dans ce sujet l’influence du pasteur français Camille Armand Chazeau, à la tête de l’établissement. Cet ancien combattant de la Première Guerre mondiale a laissé le souvenir d’un homme animé en profondeur par des valeurs telles que la paix et l’amour de la patrie. Considéré comme l’auteur de ce chant, René Jam Afana, l’un des élèves âgé seulement de 18 ans à l’époque, aurait compilé et synthétisé les plus belles phrases de ses camarades. Sa version finale suscite un tel enthousiasme que les plus musiciens de la promotion se mettent au travail pour habiller le texte d’une mélodie. Celle composée par Samuel Minkyo Bamba l’emporte.
Après quelques semaines, tous entonnent en classe ce Chant du Ralliement. Séduit, le directeur choisira de le promouvoir en demandant à ses élèves de l’interpréter lors de la visite du gouverneur Theodore Marchand.
Les paroles ont été modifiées en 1978. Les versions française et anglaise n'ont désormais plus qu'une seule phrase en commun... la première.
VERSION FRANCAISE
Ô Cameroun, berceau de nos ancêtres
Va, debout et jaloux de ta liberté.
Comme un soleil ton drapeau fier doit être,
Un symbole ardent de foi et d'unité.
Que tous tes enfants du Nord au Sud,
De l'Est à l'Ouest soient tout amour,
Te servir que ce soit leur seul but,
Pour remplir leur devoir toujours.
REFRAIN
Chère patrie, terre chérie,
Tu es notre seul et vrai bonheur,
Notre joie et notre vie,
A toi l'amour et le grand honneur.
Tu es la tombe où dorment nos pères,
Le jardin que nos aïeux ont cultivé
Nous travaillons pour te rendre prospère,
Un beau jour enfin nous serons arrivés.
De l'Afrique soit fidèle enfant
Et progresse toujours en paix,
Espérant que tes jeunes enfants
T'aimeront sans bornes à jamais.
VERSION ANGLAISE
O Cameroon, Thou Cradle of our Fathers,
Holy Shrine where in our midst they now repose,
Their tears and blood and sweat thy soil did water,
On thy hills and valleys once their tillage rose.
Dear Fatherland, thy worth no tongue can tell!
How can we ever pay thy due?
Thy welfare we will win in toil and love and peace,
Will be to thy name ever true!
REFRAIN
Land of Promise, land of Glory!
Thou, of life and joy, our only store!
Thine be honour, thine devotion,
And deep endearment, for evermore.
From Shari, from where the Mungo meanders
From along the banks of lowly Boumba Stream,
Muster thy sons in union close around thee,
Mighty as the Buea Mountain be their team;
Instil in them the love of gentle ways,
Regret for errors of the past;
Foster, for Mother Africa, a loyalty
That true shall remain to the last.

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Commentaires (1)
L'hymne
En lisant ces paroles, je comprends d'où vient ma fierté, mon orgueil et ma rage de me surpasser. J'ai chante ces paroles enfant sans prendre toute la teneur de leur sens. Merci pour cet article.
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