C’est une mesure exceptionnelle et que le gouvernement bolivien avait déjà prise il y a tout juste un an dans le secteur de l’huile de soja. Cette fois-ci, il s’agit du sucre, du maïs et du sorgho.

Les trois produits viennent de faire l’objet de décrets interdisant temporairement leur exportation. L’objectif : faire baisser le prix du sucre et celui du poulet, dont l’alimentation est essentiellement composée de maïs et de sorgho.

Vendu normalement autour d’un euro l’unité, le poulet avait atteint ces dernières semaines un prix de 1,5 euro en raison de l’augmentation du coût de production. Les producteurs de poulet avaient même menacé, si rien n’était fait, de stopper l’approvisionnement de certains marchés du pays.

Quant au sucre, son prix est passé de 15 à 20 euros le quintal. En plus de l’interdiction d’exportation, le gouvernement a racheté une partie de la production et a mis en place une vente directe à la population à un prix plancher.

Ces mesures ont déclenché la colère des producteurs de canne à sucre : leur fédération nationale a affirmé que le décret mettait en danger quelque 15 000 emplois dans le secteur. Elle a également assuré que 30% de la production annuelle de sucre serait perdue, soit 3,5 millions de quintaux, ce qui représenterait une perte économique d’environ 70 millions d’euros. Les sucriers se sont déclarés en état d’urgence et ont menacé d’organiser un blocage de routes si le décret n’était pas retiré.

De son côté, le gouvernement reste ferme et dénonce, au contraire, le fait que certains entrepreneurs revendent clandestinement une partie de la production aux pays voisins, où le prix du sucre atteint parfois le double de celui en vigueur en Bolivie. Les autorités du pays ont donc également chargé l’armée de démanteler la contrebande et ont promis aux citoyens qui dénonceraient un réseau de leur offrir 5% de la marchandise confisquée.

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(1) Réaction

Etrange d'interdire

Etrange d'interdire l'exportation de sucre, huile de soja et autre produit de consommation courante et en même temps d'augmenter les surfaces de culture des cocayer et d'en exporter la feuille à but thérapeutique parait-il. Qu'attendre d'un ancien syndicaliste des producteurs de coca ? ayant vécu en amérique Latine et en Afrique j'étais toujours persuadée que l'Amérique du sud émergerait alors que l'Afrique s'éfondrait. Je n'en suis plus aussi sure aujourd'hui.

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