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Anniversaire des indépendances africaines - 
Article publié le : vendredi 05 mars 2010 - Dernière modification le : lundi 08 mars 2010

Objets des indépendances: Le télégraphe

Par Didier Samson

Le télégraphe est l'outil de communication par excellence dans les années 60, géré par l'administration nationale des Postes, placé sous son contrôle. Le fonctionnaire donne des petits coups secs, "ti-ti", ou longs, "taa-taa", selon un code international de caractères, le morse. En 1958, au Dahomey, le télégraphe soudain prend une importance vitale pour les militants africains.

En juillet 1958 se tient à Cotonou, le congrès qui consacre une vraie querelle entre Fédéralistes et Souverainistes. Le Rassemblement démocratique africain (RDA) dont le président est l’Ivoirien Félix Houphouët Boigny, récuse le terme de «confédération» en optant plutôt pour un accompagnement pas à pas vers l’indépendance séparée des colonies. Mais se dégage à ce moment une nouvelle voie : celle du PRA, le parti du regroupement africain, né d’une fusion de la Convention africaine de Léopold Sédar Senghor et du Mouvement socialiste africain de Lamine Gueye. Le PRA exige une indépendance immédiate qui doit conduire d’une Fédération (africaine) vers une confédération avec la France.

À la fin de ce congrès de Cotonou, des groupes se créent et certains pays sont à cheval sur les deux tendances. Le Dahomey (actuel Bénin), la Haute Volta (actuel Burkina Faso) le Soudan (actuel Mali) et le Sénégal sont convenus d’une Fédération du Mali. La pression de la France est forte. La Côte d’Ivoire convainc le Dahomey de se désolidariser de cette fédération et de rester avec le RDA.

"Oui ou Non"
 

Chanson composée à l'occasion du référendum sur la Communauté française en 1958 par les services du ministère de la France d’outre mer.

04/03/2010
par Service Documentation RFI
 
 
"Restons amis"
 

Sur l'air de "Vive le vent d'hiver", chanson de propagande.

05/03/2010
par Service Documentation RFI
 
 

«Non à la balkanisation de l’Afrique» avait dit Sékou. Une position que tout le monde partage. Pourtant, lors de la tournée du Général de Gaulle en août 1958, les mêmes leaders politiques lui assurent que le oui de leur colonie respective va l'emporter.

La base est désemparée par ce retournement. Les militants se posent des questions. La nouvelle orientation de leurs chefs est-elle la bonne ? Comment entrer en contact avec le leader du non, Sékou Touré ? Il n’y a pas de téléphone en ligne directe. Il n’y a que le télégraphe aux mains du pouvoir local, géré par les PTT (Postes, téléphone et télégraphe). Celui-ci ne peut être actionné que par un fonctionnaire de l'administration coloniale. Comment du Niger, du Dahomey et de Haute-Volta avertir Sékou Touré de ce qui se passe ?

Le 22 août 1958 est un vendredi. Les PTT ont d'autres priorités que les transmissions privées alors que le général de Gaulle est en tournée en Afrique.
Les bureaux ferment le samedi et le dimanche : impossible de transmettre.
Lundi 25 août, de Gaulle est à Conakry et les militants du RDA n’ont pu prévenir leurs camarades de Guinée que les dirigeants de leurs pays respectifs avaient viré casaque.

Si Sékou Touré avait été averti du retournement de ses pairs, aurait-il tenu des propos aussi violents : «Nous préférons la pauvreté dans la liberté à la richesse dans l'esclavage !».

 

OBJETS DES INDEPENDANCES

Un hymne national
La lampe torche

 

tags: Anniversaire des indépendances africaines
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