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Chili / Tremblement de terre - 
Article publié le : samedi 06 mars 2010 - Dernière modification le : samedi 06 mars 2010

Le quotidien des sinistrés chiliens, entre rationnement et système D

Une femme soldat patrouille à l'intérieur d'un supermarché qui vient de réouvrir ses portes à Concepcion, le 4 mars 2010.
Une femme soldat patrouille à l'intérieur d'un supermarché qui vient de réouvrir ses portes à Concepcion, le 4 mars 2010.
Reuters /Mariana Bazo

Par RFI

Ban Ki-moon, le secrétaire général des Nations unies, en déplacement le 5 mars 2010 au Chili, ravagé par un séisme et un tsunami il y a une semaine, a promis une aide d’urgence de son organisation de dix millions de dollars. Rappelant la générosité de ce pays lors du séisme qui a touché Port-au-Prince en Haïti, il a exhorté la communauté internationale à apporter son soutien au Chili et à sa population. Une population qui vit toujours dans des conditions difficiles dans les zones sinistrèes.

Avec notre envoyée spéciale à Concepcion, Claire Martin

Un troisième supermarché a ouvert ses portes à Concepcion. Les gens peuvent aller s’approvisionner quant ils ont encore de l’argent en poche. Les banques sont fermées et les distributeurs ne sont pas approvisionnés. Après le séisme, les magasins restés ouverts ont été systématiquement pillés. Cette fois, c’est sous haute surveillance militaire que les gens font leurs courses.

Seulement trente personnes peuvent entrer à la fois dans le supermarché devant lequel s’est déjà formée une queue immense. Paola Ojeda vient de sortir du supermarché, ses paquets sous les bras. Elle est venue avec des voisins. Elle vit dans un quartier pauvre de Conception et n’a toujours pas reçu d’aide alimentaire : « Rien, rien, rien…c’est la première fois que nous réussissons à nous approvisionner. Les épiciers ont la mémoire courte... Ils vendent tout à prix d’or…A la radio, la population a été avisée de l’ouverture d’un supermarché. Mais chaque personne n’aura droit qu’à trois sacs seulement…Ce qui n’entre pas dans les sacs, ne peut être acheté… Nous sommes sans eau. C’est pour cela que nous avons acheté des bidons d’eau…nous avons fait deux heures et demie de queue ».

Comme d’autres personnes, Paola attend qu’un autre voisin vienne les chercher en voiture, le seul qui possède un véhicule. Dans la voiture, il y a un sac de provisions pour lui. Les sacs contiennent de la farine, de la levure, du sucre, du riz et du lait. Le rôle du voisin était de trouver de l’essence.

Afin de subvenir à leurs besoins, les gens s’organisent donc en réseau, et font soupe commune.

Les conséquences du séisme sur l'économie chilienne

Le coût de la catastrophe est évalué à plus de 15 milliards de dollars par des cabinets d’expertise mais il n’y a encore aucun bilan chiffré des dégâts. La présidente du Chili a mentionné plusieurs secteurs sinistrés allant de l’agriculture aux chemins de fer. Des secteurs implantés dans les deux régions du littoral frappées par le séisme. C’est le secteur vinicole qui risque d’être particulièrement touché. On s’attend à une baisse de plus de 12% de la production.

Toutefois, le périmètre géographique limité des dégâts, et surtout le dynamisme de l'économie chilienne, incitent le FMI à tempérer les conséquences économiques de la catastrophe. De plus, le Chili peut compter sur son atout économique majeur, le cuivre, dont il est le plus grand exportateur au monde. Prévoyante, la société publique qui exploite le cuivre, Codelco, abonde un fonds du cuivre qui peut s’avérer une manne précieuse pour le gouvernement.

Enfin, si l’Etat chilien devait emprunter, il le ferait à faible coût car la cote de solvabilité du Chili est jugée comme l’une des meilleures possibles selon les agences de notation financière.

 

tags: Catastrophes naturelles - Chili
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