Dernières infos
Irak / Législatives - 
Article publié le : dimanche 07 mars 2010 - Dernière modification le : lundi 08 mars 2010

Forte mobilisation des Irakiens aux législatives malgré les attentats

Le décompte des votes dans un bureau à Sadr City, le 7 mars 2010.
Le décompte des votes dans un bureau à Sadr City, le 7 mars 2010.
AFP/Ahmad al-Rubaye

Par RFI

La participation a été forte aux élections législatives irakiennes dimanche 7 mars 2010. Dans les régions de confession sunnite, les taux de participation dépassent même les 60%. Les électeurs ont bravé l'interdit des groupes terroristes pour se rendre aux urnes. Malgré un dispositif de sécurité renforcé, les violences ont fait 38 morts et plus de 100 blessés . Les Etats-Unis, la France et la Grande Bretagne ont souligné le courage des Irakiens. Le président américain Barack Obama a averti que l'Irak connaîtrait encore des jours « très difficiles ».

Avec notre envoyé spécial à Bagdad, Toufik Benaichouche

Dès l’ouverture des bureaux de vote, c'est-à-dire dès 7 heures dimanche matin, à Bagdad, il y eu une pluie de salves de roquettes sur la capitale. Al-Qaïda avait prévenu, la mouvance islamiste ferait tout pour empêcher le vote. Il fallait donc beaucoup de courage pour se rendre aux urnes, et visiblement les Irakiens en ont eu aujourd'hui. Ils l’ont montré, puisque tout indique que le taux de participation devrait être appréciable.

« Dites bien au monde entier notre peur est morte en 2003, lorsque le régime de Saddam Hussein est tombé », confie Akim par exemple, un Irakien de 36 ans, venu avec ses deux enfants, dans une petite école de Sadr City, l’immense banlieue chiite déshéritée, l’index encore recouvert d’encre, puisqu’il venait de voter, ajoutant en pointant l’urne de son index : « Qu’al-Qaïda essaie de la prendre, cette urne ! »

Partout, dans toute la capitale, le même enthousiasme toutefois crispé, avec aussi ce balai incessant d’hélicoptères dans le ciel de Bagdad, et une multitude de soldats et de policiers déployés à chaque carrefour. Mais on a pu constater la même volonté, farouche de choisir enfin son destin avec des moyens parfois dérisoires, puisque dans certains bureaux de vote, les isoloirs étaient confectionnés avec du carton, scotchés dans la plupart des cas. Souvent de la cohue aussi, avec des personnes qui cherchaient leur nom sur les listes électorales.

Nous avons constaté le même enthousiasme dans le plus vieux quartier sunnite de Bagdad. Et les sunnites - souvenez-vous -avaient boycotté les élections de 2005. Une erreur selon eux, une erreur qu’ils viennent, vraisemblablement de réparer, puisque l’on estime à présent le taux de participation de cette communauté à 90 % dans la province de Diyala, 82 % à Samarra et 60 % à Ninive.

Hocham Daoud, anthropologue et chercheur au CNRS

Il y a quatre ans, le boycott a coûté cher. Les chaises vides ont été occupées par d'autres, la vie a continué et la chose publique s'est faite sans eux, c'est à dire contre eux. Ils en ont tiré les leçons quatre ans après pour dire que finalement, participer aux élections pouvait arranger les choses... En plus aujourd'hui les divisions traversent chaque camp...

 

08/03/2010 par Philippe Lecaplain

Le dépouillement pourrait prendre plusieurs jours. Les Etats-Unis, la France et la Grande-Bretagne ont salué le courage des Irakiens qui se sont rendus aux urnes ce dimanche.

Barack Obama salue le civisme des Irakiens

Les Etats-Unis sont dans l’ensemble satisfaits du déroulement des élections irakiennes qui, en dépit de quelques actes de violence, ont enregistré un taux de participation élevé. Pour le président Obama, il s’agit d’une «étape importante».

Avec notre correspondant à Washington, Jean-Louis Pourtet

Dans une rare déclaration à la presse un dimanche, le président Obama a adressé ses félicitations au peuple irakien qui, a-t-il dit, ne s’est pas laissé intimider par quelques actes de violence et qui a exercé son droit de vote. Réaliste, il a reconnu que ce n’était qu’un début : la formation d’un gouvernement prendra du temps. Il a salué le rôle des forces de sécurité irakiennes dont le professionalisme croissant a contribué au bon déroulement de la consultation. Les Etats-Unis, s’ils veulent respecter le calendrier de retrait de leurs forces – comme l’a déclaré Barack Obama (départ complet fin 2011), doivent compter sur une armée et une police irakiennes capables de prendre la relève. Dans l’intervalle, le président américain a assuré Bagdad que Washington continuerait d’honorer ses obligations en conseillant les militaires irakiens, en poursuivant avec eux des opérations anti-terroristes ciblées et en protégeant les civils.
Hillary Clinton a elle aussi félicité les Irakiens et vu dans ces élections un rejet des extrémistes qui veulent saper les progrès vers la stabilisation du pays. Le secrétaire à la Défense, Robert Gates, a résumé le sentiment de l’administration en disant : «C’est dans l’ensemble une bonne journée et pour les Irakiens et pour nous
 

tags: Irak
Fiche Pays :
Sur le même sujet :
Commentaires
Réagissez à cet article
Le contenu de ce champ sera maintenu privé et ne sera pas affiché publiquement.
To prevent automated spam submissions leave this field empty.
CAPTCHA
Cette question sert à vérifier que vous n’êtes pas un robot afin de prévenir le spam automatique.
Image CAPTCHA
Saisissez les caractères (sans espaces) indiqués dans l'image.
Fermer