Les Islandais disent très clairement «non» à l'accord Icesave

Les sondages ne se sont pas trompés : le «non» a gagné en Islande au référendum du samedi 6 mars 2010. Les Islandais ont donc rejetté la loi qui fixe les conditions de l'accord Icesave qui prévoyait le remboursement de près de 4 milliards d’euros aux Britanniques et aux Néerlandais en contrepartie de la faillite de la banque Icesave en octobre 2008, et exigent de nouvelles négociations.
Avec notre envoyée spéciale à Reykjavik, Heike Schmidt
Il est 22h à Reykjavik lorsque la télévision islandaise commence à annoncer les résultats. Région après région, le «non» fait son chemin, en route vers la victoire. Les militants de Indefence, l'association à l’origine du référendum, s’en réjouissent. « Plus de 90% disent NON! », « Seulement 1,5% disent OUI », «La démocratie est formidable ! »
Ce sont eux, Eirikur, Johannes et Magnus qui ont organisé la rébellion contre ce qu’ils considèrent comme les conditions trop injustes du remboursement. « C’est un message fort pour l’Europe, pour les Britanniques et les Néerlandais. La République islandaise n’accepte pas un accord qui met en danger la souveraineté islandaise. Nous voulons un accord raisonnable que les Islandais peuvent honorer en payant leurs impôts. Les responsabilités doivent être partagées entre le Royaume-Uni, les Pays-Bas et l’Islande. Nous voulons un accord raisonnable. »
Quelques bouteilles de champagne attendent les invités qui sont tous convaincus que le «non» renforcera la position de l’Islande dans le conflit qui l’oppose au Royaume-Uni et aux Pays-Bas.
Le ministre des Affaires étrangères, Össur Skarphedinsson, avertit la communauté internationale : ce serait une grave erreur de punir les Islandais pour ce vote. « Je crois qu’on peut dire que c'est un cri de résistance de la part d’une grande majorité du peuple islandais. Mais ce serait très infantile de la part des hommes politiques de tout bord de tenter de résoudre ce conflit dans lequel nous nous trouvons menacés. Ce n’est pas raisonnable. Ce n’est pas raisonnable du point de vue des Néerlandais d’empêcher l’Islande d'obtenir des crédits du FMI ou de l’empêcher d'entrer dans l’Union européenne. Car cela affaiblirait la capacité de l’Islande d’honorer ses obligations, obligations que nous voulons honorer. Donc, si les Néerlandais ou une autre nation agissait dans ce sens, ce serait contre les intérêts de ses propres contribuables. » Össur Skarphedinsson s’est dit confiant pour que les négociations avec les Britanniques et les Néerlandais reprennent rapidement. |

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