Les salaires des enseignants du primaire en Afrique anglophone et francophone

Du montant de la rémunération d'un enseignant dépend la performance d'un système éducatif. Le salaire et les conditions de vie des enseignants du cycle primaire est différente selon que l'on enseigne dans un pays d'Afrique francophone ou anglophone. À l'origine de ces différences, l'organisation de l'Education du temps des colonies, les contraintes économiques et les choix budgétaires.
«On peut noter que contrairement aux pays anglophones, où pendant la période coloniale, l'enseignement a été pour l'essentiel dispensé par des missionnaires britanniques avec le soutien de subventions publiques, les enseignants des colonies françaises étaient inclus dans un corps homogène de fonctionnaires. Les salaires des enseignants des territoires d'outre-mer étaient définis par la loi Lamine Gueye II, adoptée en 1950, qui stipulait que "La détermination des soldes et accessoires de soldes de toute nature dont sont appelés à bénéficier les personnels civils et militaires en service dans les territoires (…) ne saurait en aucun cas être basée sur des différences de race, de statut personnel d'origine ou de lieu de recrutement". Ainsi, l'application de cette loi a donné lieu, jusqu'aux indépendances, à des niveaux de rémunération des personnels de la fonction publique indexés sur ceux de la métropole.
C'est en grande partie pour cette raison que le salaire moyen des enseignants en Afrique francophone était encore pratiquement deux fois plus élevé (en termes relatifs) que celui des enseignants de la zone linguistique anglophone en 1975.
Cette singularité salariale en Afrique francophone ne pouvait résister durablement aux contraintes économiques nationales. On a assisté, sur 30 ans, à une baisse régulière de la rémunération des enseignants en Afrique francophone et à une convergence avec celle des enseignants d'Afrique anglophone.
Si on s'intéresse aux valeurs moyennes pour le continent, on constate, même si les données sont imparfaites, une forte baisse du salaire relatif moyen des enseignants du primaire en Afrique depuis 1975 : celui-ci a été pratiquement divisé par deux (passant de 8,4 à 4 fois le PIB par habitant) entre 1975 et 2004. En termes relatifs, cette baisse a été encore plus importante en Afrique francophone, où la rémunération moyenne des enseignants a été quasiment divisée par trois sur la période. Dans la mesure où la croissance économique réelle a été globalement timide, voire négative, durant la majeure partie de cette période et dans la plupart des pays considérés, cette forte baisse est la marque d'une perte significative du pouvoir d'achat des enseignants africains.
L'évolution des salaires correspond d’abord à un ajustement à la situation économique des Etats qui s’est étalé sur une grande partie de la période (NDLR: application des programmes d'ajustements structurels à partir des années 80) ; puis, plus récemment, à une politique volontariste de réduction des dépenses salariales destinée à permettre une hausse sensible des recrutements».
Plus de détails in La scolarisation primaire universelle en Afrique : le défi enseignant (Rapport Unesco. Février 2010)
À propos |

Delicious
Digg
Facebook
Twitter
Yahoo!
Technorati


















Commentaires
Réagissez à cet article