TIRAILLEURS/HISTOIRE - 
Article publié le : mardi 09 mars 2010 à 14:25 - Dernière modification le : lundi 10 mai 2010 à 19:33

Histoire des tirailleurs : chronologie

En 1857 est créé le corps des tirailleurs sénégalais par un décret de Napoléon III. Faidherbe met alors sur pied un bataillon de tirailleurs sénégalais comprenant quatre compagnies... De cette date à leur suppression, dans les années 1960, les tirailleurs participent à toutes les campagnes coloniales menées par la France.

Fin du XIXe siècle : Les tirailleurs prennent part aux conquêtes coloniales françaises sur le sol africain. Ils se battent contre El-Hadj Omar en 1857, Lat Dior en 1864, Béhanzin en 1894, Samory Touré en 1898. Ils contribuent à de nombreuses missions et à diverses expéditions comme à Madagascar en 1895, et 150 d’entre eux participent à la mission Marchand (1896-1899).

14 juillet 1899 : Les Européens et les Africains de la mission Marchand - De l’Atlantique à la Mer Rouge - sont à l’honneur au défilé de Longchamp (à l'époque les parades du 14-juillet avaient lieu sur l'hippodrome).

1900 :
Une loi militaire transforme les formations d’Infanterie et d’artillerie de marine en troupes coloniales et les rattache au ministère de la Guerre. On compte alors 6 000 tirailleurs africains et malgaches organisés en régiments.

14 juillet 1913 : Remise de la Légion d’honneur au drapeau du 1er régiment de tirailleurs sénégalais.

Première Guerre mondiale (1914-1918) : Environ 161 250 tirailleurs africains et malgaches sont recrutés au cours de la Première Guerre mondiale. 134 000 d’entre eux interviennent sur le front de France et aux Dardanelles (1915), à Verdun ou sur la Somme (1916). 15 000 tirailleurs africains et malgaches sont lancés à l’assaut des crêtes du Chemin des Dames en 1917. 36 000 tirailleurs sont blessés et 29 000 sont tués ou déclarés disparus.

1915 : Les résistances face au recrutement forcé de tirailleurs en Afrique prennent la forme de révoltes ouvertes comme dans le Bélédougou (Mali), dans l’Ouest-Volta (Burkina Faso), ou au nord du Dahomey (Bénin) en 1916.

1918 : L’«Appel à l’Afrique» lancé par le député du Sénégal Blaise Diagne est un véritable succès : 63 000 hommes en Afrique occidentale française (AOF) et 14 000 en Afrique équatoriale française (AEF) sont incorporés dans l’armée française.

Entre deux guerres : En 1919, les troupes coloniales occupent l’Allemagne au sein de l’Armée du Rhin. Des tirailleurs participent au défilé de la victoire sous l’Arc de triomphe de l’Étoile le 14 juillet 1919. En 1924, un monument Aux Héros de l’Armée noire est inauguré à Bamako. Six régiments de tirailleurs sénégalais stationnent sur le territoire métropolitain. D’autres sont affectés au «maintien de l’ordre» dans les colonies et participent à la guerre du Rif au Maroc en 1925 contre Abd el-Krim.

Seconde Guerre mondiale
(1939-1945) :
On estime à 179 000 le nombre de tirailleurs mobilisés au 1er juin 1940, dont 40 000 engagés dans les combats en métropole. Ils participent aussi bien à la campagne de France (10 mai - 25 juin 1940), qu'à l'ensemble des combats menés par la France libre, intervenant notamment au Gabon (1940), à Koufra (1941) et à Bir Hakeim (1942), puis à ceux de la France combattante. Engagés en Tunisie (1943), en Italie (1943-1944), ils participent à la Libération, débarquant en Provence et combattant jusqu'aux Vosges avec la Ière armée (1944).

Mai–Juin 1940 : Près de 3 000 tirailleurs africains et malgaches faits prisonniers sont exécutés sommairement par la Wehrmacht au motif de la couleur de leur peau. Du 5 au 7 juin, le 53e régiment d’infanterie coloniale mixte sénégalais est anéanti à Airaines dans la Somme. Les 18 et 19 juin, près de 200 prisonniers du 25e régiment des tirailleurs sénégalais sont abattus dans la région de Lyon.

Plusieurs révoltes de tirailleurs démobilisés et réclamant le paiement de diverses indemnités, éclatent durant la Seconde Guerre mondiale. Toutes sont réprimées par l’autorité militaire : en 1940 au camp de Kindia en Guinée et au camp de Dédougou au Burkina Faso ; en 1944 dans les casernes françaises de Versailles, Hyères, Marseille, Sète, Morlaix ; et au camp de Thiaroye au Sénégal.

Les guerres coloniales : Les tirailleurs africains et malgaches participent aux guerres contre les mouvements nationalistes en lutte au lendemain de la Seconde Guerre mondiale à Madagascar, en Indochine, et en Afrique du Nord.

1947 :
18 000 tirailleurs participent aux opérations de répression contre l’insurrection à Madagascar; 1 900 y périssent. Officiellement, le nombre de victimes malgaches s’élevait à 89 000, un chiffre toujours discuté. En 2005 Jacques Chirac déclarera : «Il faut évoquer les pages sombres de notre histoire commune et avoir conscience du caractère inacceptable des répressions engendrées par les dérives du système colonial. En 1947, le sentiment national montait sur la Grande Île où s’enchaînèrent des événements tragiques. Rien, ni personne, ne peut effacer le souvenir de toutes celles et de tous ceux qui perdirent injustement la vie et je m’associe avec respect à l’hommage qu’ils méritent. »

TRESOR SONORE/INA
Madagascar

Mars 1949. Reportage de Raymond Marcillac sur la "pacification" de l'armée française.INA.

... des anciens tirailleurs (...) qui depuis leur retour à Madagascar, ont été catéchisés en vue d'une révolte.

 

03/05/2010

Guerre d’Indochine (1947-1954) : 60 000 combattants africains et malgaches sont engagés en Indochine. 2 800 meurent pour la France.

1957-58 : Des tirailleurs participent aux opérations menées contre l’Union des populations du Cameroun (UPC), dont le leader, Ruben Um Nyobé, est traqué et abattu dans le maquis en septembre 1958.

Guerre d’Algérie (1954-1962) : Des combattants africains participent au sein des régiments d'infanterie de marine à la guerre d’Algérie.
1959 : L’article 71 de la loi française des Finances «cristallise» au niveau de 1959 les pensions d’invalidités et les retraites des anciens combattants de son ancien empire colonial.

1960-1964 : Dissolution des dernières unités de tirailleurs sénégalais.

2001 : Suite à une plainte déposée par l’ancien sergent-chef sénégalais Amadou Diop, un arrêt du Conseil d’État condamne la France au motif de discrimination fondée sur la nationalité en matière de pensions.

2003 : Le gouvernement de Jean-Pierre Raffarin s’engage sur la voie d’une décristallisation partielle des pensions des anciens tirailleurs, qui ne seraient toujours pas indexées sur celles de leurs camarades français mais sur le coût de la vie dans leur pays de résidence.

2004 : 120 000 millions d’euros sont débloqués par le gouvernement français pour revaloriser partiellement les pensions des anciens combattants originaires des anciennes colonies. Le président Jacques Chirac rend hommage aux tirailleurs de la Seconde Guerre mondiale en faisant chevaliers de la Légion d’honneur une vingtaine de vétérans africains.

2006 : Hamloui Mekachera, ministre délégué aux Anciens Combattants, annonce que les anciens combattants des ex-colonies françaises toucheront, à partir de 2007, les mêmes pensions d’invalidité et retraites de combattant que leurs frères d’armes français. La question des militaires de carrière et du rattrapage du manque à gagner depuis 1959, n’est pas envisagée.

tags: Tirailleurs sénégalais
Sur le même sujet :
Réagissez à cet article
Commentez cet article en tapant votre message dans la zone de texte. Le nombre de caractères est limité à 1500 ou moins.
(9) Réactions

Remerciement à Dieu

Nous remercions Dieu qui nous a ramené notre père vivant de l'Indochine alors qu'ils avaient tous été fait prisonniers après leur défaite. Il vit avec nous à Ségou (au Mali) en bonne santé à 93 ans.

c'est pas 60 ans après qu'ils

C'est pas 60 ans après qu'ils devaient réagir non ? C'était de suite...

commentaire

Est ce que Sarkozy lit de tels articles? Les africains selon lui ne sont pas entres dans l'histoire

Les tirailleurs Sénégalais

Donnons à César ce qui appartient à César. Combien de militaire Français sont morts en Afrique, pour protéger les populations sur place. Ils ont fait leur métier, point. L'Armée, c'est un engagement, c'est une vocation. Maintenant, nous pourrions parler de ces foudres de Dieux, le côté négatif de ces engagés …

thiaroye 44

Et les autre soldats noirs tues en le 12 Décembre 44 par les forces Françaises au Camp Thiaroye parce qu'ils réclamaient leurs droits? Vous vous souvenez de THIAROYE 44? Vous n'en parlerez jamais!!!

Thiaroye

il me semble que vous n'avez pas bien parcouru le site que RFI nous propose. IL y est question de Thiaroye, au moins dans ces deux articles :
http://www.rfi.fr/contenu/20100330-douloureuse-memoire-thiaroye

http://www.rfi.fr/contenu/20100318-avocat-senegalais-plaide-thiaroye-caen

QUE JUSTE SOIT FAITE AUX TIRAILLEURS

Je m'incline sur la tombe de mon oncle ayant participé au débarquement de la Normandie.
Aucune reconnaissance de la France à ce vaillant soldat de 2em classe de la Guerre 1939-1945.
Paix à son âme, nous souhaitons au moins que les autres survivants puissent bénéficier des mêmes droits que ceux qui ont combattus en dehors des champs.
Il faut que la France reconnaisse la tragédie coloniale et répare comme cela l'a été pour les juifs.

Mort pour rien

En lisant cet article, je pleure pour la mort de mon oncle recrute jeune par force dans le pays Moaga et mort quelque part sans trace.
Paix a son âme.

Fermer