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Article publié le : mercredi 10 mars 2010 - Dernière modification le : mercredi 10 mars 2010

L'ADN de coquilles d'oeufs fossilisés en excellent état de conservation

Oiseau-éléphant (Aepyornis gracilis) de Madagascar dessiné par Monnier (1913).
Oiseau-éléphant (Aepyornis gracilis) de Madagascar dessiné par Monnier (1913).
Domaine publique.

Par RFI

Les oeufs fossilisés du géant moa et de l'oiseau-éléphant ont été largement utilisés pour reconstruire l'écologie, l'alimentation passée, voire pour retracer une chronologie. Mais c'est seulement le 10 mars 2010 que des scientifiques australiens ont annoncé avoir extrait de l'ADN de coquilles d'oeufs fossilisées d'espèces éteintes telles que celle du géant moa et de l'oiseau-éléphant -le plus lourd oiseau ayant existé sur la planète. Les informations sont parues dans la revue scientifique britannique Proceedings of the Royal Society B.

« Nous montrons pour la première fois que les coquilles d'oeufs fossilisées sont une source jusque-là méconnue d'ADN ancien », ont expliqué Michael Bunce (Murdoch University, Perth, Australie) et ses collègues qui, pour la première fois, ont réussi à obtenir des séquences d'ADN de l'Aepyornis, qui a disparu de Madagascar vers 1700 à la suite de la colonisation européenne. Les « coquilles d'oeufs de moa contiennent approximativement 125 fois moins de bactéries que les os, ce qui en fait un matériau très adapté pour des analyses génétiques » , soulignent les chercheurs.

Sébastien Steyer, paléontologue au MNHN

Les poules sont des dinosaures

 

05/03/2010 par Dominique Raizon

Pour examiner dans quelle mesure l'ADN est préservé dans les coquilles fossiles, l'équipe de Michael Bunce a analysé quelque 18 fragments d'oeufs fossilisés provenant de 13 sites en Australie, à Madagascar et en Nouvelle Zélande. Le matériel génétique extrait de coquilles d'oeufs de moa (ou Dinornis), un cousin de l'autruche ayant atteint quatre mètres de hauteur, s'est révélé de meilleure qualité que celui provenant d'os : « Nos données démontrent l'excellente préservation des acides nucléiques » (les composants de l'ADN) provenant, pour de nombreux échantillons, « à la fois de l'ADN mitochondrial (c'est-à-dire spécifique aux centrales à énergie des cellules) et du principal ADN blotti au coeur du noyau des cellules », concluent les chercheurs.

L'oiseau géant moa, chassé par les Maori de Nouvelle-Zélande, a disparu au XVIIIe siècle. Pour les chercheurs, il n'est pas question de ressusciter les espèces éteintes comme le moa et l'oiseau-éléphant mais, expliquent-ils « Nous pouvons ré-assembler le génome pour avoir une idée d'à quoi ressemblait une espèce éteinte. Mais la ressusciter reste du domaine de la science-fiction », a précisé Michael Bunce. Et puis, ... « Je pense qu'il ne serait pas éthique de recréer une espèce éteinte », a ajouté sa collègue Charlotte Oskam.

Les chercheurs, qui tentaient seulement de valider la technique utilisée, n'ont d'ailleurs extrait qu'une infime partie (moins de 1%) de l'ADN du moa, de l'oiseau-éléphant ou d'un émeu (Dromaius novaehollandiae) datant de 19 000 ans, le plus vieil oeuf fossile dont ils ont réussi à tirer du matériel génétique.

Pour compléter :

Voir le dossier d'archives de RFI sur les Dinosaures

Lire :

- l'article de RFI sur Le tyrannosaure, ancêtre des oiseaux

- l'article sur Les dinosaures théropodes (bipèdes)

- l'article sur Poils et cheveux, gardiens des secrets de la vie

 

 

tags: Biologie - Paléontologie - Recherche
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