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Article publié le : mercredi 10 mars 2010 - Dernière modification le : mercredi 10 mars 2010

A la Une : la bataille du pétrole entre la Côte d’Ivoire et le Ghana

Par Frédéric Couteau

« La Côte d’Ivoire et le Ghana vont-il s’affronter autour du pétrole découvert à la frontière des deux pays ? » : question posée par le quotidien ivoirien L’Inter. « La polémique est lancée, affirme le journal, même si Abidjan et Accra jouent la carte de la diplomatie dans la gestion de ce dossier. »

Alors, rappel des faits : « en février dernier, la compagnie pétrolière nationale Ghana National Petroleum annonce la découverte d’un important gisement pétrolier récemment mis au jour par le géant russe Loukoil et son partenaire américain Vanco Energy. Selon les estimations, déclare L’Inter, (…) la production pourrait atteindre les 200 000 barils/jour au bout de cinq ans, propulsant le Ghana au septième rang des producteurs de pétrole d’Afrique. (…) Alors que les ghanéens jubilent, cette nouvelle a fait grincer des dents du côté d’Abidjan. Et pour cause ! », s’exclame le quotidien abidjanais. « La Côte d’Ivoire revendique une partie de l’espace maritime où a été découvert ce pétrole off-shore. »

Un dossier « très sensible »

Les discussions seraient toujours en cours entre les deux gouvernements… Et apparemment, dans le plus grand secret : « tous ceux que nous avons tenté de rencontrer ont poliment refusé de se prononcer sur l’affaire », affirme L’Inter pour qui ce dossier est donc « très sensible ».

De son côté, Le Nouveau Réveil, autre quotidien ivoirien, a interrogé à ce propos le ministre des Mines et de l’Energie, Augustin Komoé : « je peux affirmer qu’il n’y aura pas de guerre du pétrole entre la Côte d’Ivoire et le Ghana », déclare le ministre. D’après lui, « des solutions économiques consensuelles sont envisageables pour la préservation des intérêts mutuels des deux pays frères. »

Inquiétudes pour la bande sahélo-saharienne

Cinq militaires nigériens abattus lors d’une attaque surprise de leur caserne non loin de la frontière avec le Mali : c’était lundi. Et pour la junte au pouvoir, il s’agit d’un « message sanglant », estime Le Pays au Burkina. Le Pays qui s’interroge sur les auteurs de cette attaque : « la zone frontalière entre le Mali et le Niger nous avait habitués aux enlèvements de touristes européens qui servaient de monnaie d’échange aux islamistes d’Aqmi, al-Qaida au Maghreb islamique. Mais une attaque frontale de cette envergure n’est pas dans le mode opératoire des islamistes. Quid alors de l’irrédentisme touareg dans la zone ? », s’interroge Le Pays qui affirme que « c’est une hypothèse plausible. Derrière cette boucherie, se cache un message. Une façon de se signaler. Une invitation. Reste à savoir pour quoi faire. »

Rappelons que selon des sources sécuritaires maliennes, cette attaque a été menée par Aqmi. Mais le groupe ne l’a pas revendiquée.
Avant-hier, un camion a par ailleurs été attaqué dans la région de Gao au nord du Mali par des hommes armés, sans doute des bandits : bilan, un mort et plusieurs blessés.  « C’est la confirmation de ce que nous redoutons tous, s’exclame Le Républicain à Bamako : que d’une criminalité à l’autre, de la loi de la terreur à celle de l’omerta, l’espace sahélo saharien ne soit une zone de non-droit structurelle. Ce qui veut dire, affirme le quotidien malien, la sécession demain et l’indépendance plus tard. Surtout que c’est dans cette région de nos nations respectives que se trouveraient les ressources stratégiques prouvées ou escomptées dont l’économie globale a besoin. C’est l’uranium au Niger aujourd’hui, mais ce peut être le pétrole de demain au Mali et en Mauritanie. »
Pour Le Républicain, ces attaques « confirment donc l’urgence de réponses à la fois nationales et sous-régionales. Qui ne soient ni conjoncturelles ni factices. Sinon, bonjour les dégâts. »

L’UA a-t-elle été plus vite que la musique ?

L’Union africaine confirme la réélection au Togo du président sortant Faure Gnassingbé. L’Union africaine, qui faut-il le rappeler, a déployé des observateurs sur place et qui confirme le scrutin avant même la publication des résultats officiels. Sans surprise, c’est une véritable levée de boucliers au sein de la presse d’opposition togolaise. Pour le tri-hebdomadaire Liberté, « Obasanjo et l’Union africaine valident le hold-up électoral de Faure Gnassingbé ». Pour Liberté, « ces félicitations précoces sur la base de résultats provisoires (…) auront l’effet de court-circuiter la Cour constitutionnelle qui doit apprécier ces résultats pour en faire des définitifs. (…) L’UA prouve qu’elle est non pas au service des peuples africains, mais un syndicat au service des intérêts mafieux des Chefs d’Etat », affirme encore le tri-hebdomadaire.

Même indignation pour le site d’opposition Togocity pour qui la présence du général Olusegun Obasanjo à la tête des observateurs de l’Union africaine était « inadmissible et inacceptable. Il est très proche de Faure Gnassingbé, affirme le site, et à ce titre (…) il ne pouvait que produire un rapport complaisant. Et c’est sur ce rapport fantaisiste et fallacieux que s’est fondée la Commission de l’Union africaine, présidée par le françafricain Jean Ping, pour reconnaître, affirme Togocity, le nouveau coup d’Etat électoral que vient de connaître le Togo. »

tags: Revue de presse

Commentaires (3)

élections Togo

Bien d'accord avec la presse d'opposition togolaise : l'UA est un clan de mafieux. On le voit bien aussi à la façon dont elle s'enferre depuis un an dans la crise malgache, pour des solutions usines à gaz qui prouvent l'une après l'autre leur inefficacité, voire leur irréalisme. Mais il faut surtout éviter de donner l'impression que le peuple pourrait avoir raison contre ceux qui le considèrent comme leur chasse gardée, pleine de gibier à plumes et à plumer ! Donc, il faut dissuader toutes les velléités qui pourraient nuire à un membre du clan, car ça pourrait fragiliser les autres. Quand même, ça fait plaisir de voir comme certains savent se serrer les coudes !!!

ouvrez les yeux

Désolé de vous contredire mais cette fois ci Faure ne pouvait pas perdre. C'est l'opposition qui a tout fait pour perdre cette élection. Je vis au Togo plusieurs mois durant et depuis longtemps. Je crois que la stratégie de campagne de Faure a payé. Il est toujours majoritaire au Nord, a gagné des voix dans la région des plateaux en subventionnant le café et cacao, et en baissant le prix des engrais. Au Sud, bastion de l'opposition, il gagne aussi des voix par la lassitude des Togolais qui voient en l'opposition actuelle un agglomérat peu sérieux de divers courants. L'abstention est surtout forte dans les zones habituellement acquises à l'opposition. Ils étaient 6 en face de Faure, ne sont entrés en campagne que très tardivement et personne n'a attaqué le bilan du gouvernement mais uniquement l'organisation des élections. Comment voulez vous gtagner dans ces conditions ? Et le chiffre avancé par Fabre de 75 a 80% en sa faveur dès la fermeture des bureaux n'a fait bondir aucun de ces démocrates de salon. Facile de discuter sur le NET quand on a la panse pleine. La démocratie à l'occidentale est un excellent régime, encore faut il avoir les moyens de se l'offrir. Demandez aux femmes Soudanaises, tanzanniennes etc ce qu'elles pensent de la condition féminine au Togo. Demandez aux enfants du Libéria ou du Darfour ce qu'ils pensent du modèle éducatif du Togo.
Ouvrez les yeux et regardez où vous êtes et où est le Togo. En 2015, on verra si Faure a tenu ses promesses ou non, et lors du prochain scrutin, espérons que l'opposition soit une vraie force de proposition. On peut réver, non?

faure ne restera pas au

Faure ne restera pas au pouvoir jusqu'à 2015

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