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Article publié le : dimanche 14 mars 2010 - Dernière modification le : dimanche 14 mars 2010

La Chine rejette les accusations d’hégémonie

Le Premier ministre chinois Wen Jiabao durant la cérémonie de clôture de la session parlementaire à Pékin, le 14 mars 2010.
Le Premier ministre chinois Wen Jiabao durant la cérémonie de clôture de la session parlementaire à Pékin, le 14 mars 2010.
Reuters / Jason Lee

Par RFI

La cérémonie de clôture de la session parlementaire chinoise a été marquée ce 14 mars 2010, par une très longue conférence de presse du Premier ministre Wen Jiabao. Il a réaffirmé l’engagement de la Chine à ne céder à aucune pression internationale, et a sévèrement critiqué l’attitude des Américains vis-à-vis de la Chine.

Avec notre correspondant à Pékin, Marc Lebeaupin

« Le développement pacifique de la Chine n’affectera aucun pays », déclare le Premier ministre qui a consacré plus de deux heures ce matin du 14 mars à expliquer pourquoi la Chine n’est pas un pays hégémonique, et comment elle entend bien défendre ses propres intérêts face aux pressions et aux agressions de certains pays occidentaux.

Interrogé pour commencer sur une réévaluation du yuan réclamée par les Etats-Unis, l’Europe, mais aussi le FMI, Wen Jiabao a répliqué qu’il s’opposait à ces pratiques qui consistent à se montrer du doigt. « Cela ne va pas dans le sens d’une réforme des taux de change », a prévenu Wen Jiabao.

S’agissant de la décision du président américain de rencontrer le Dalaï Lama, et de vendre des armes à Taiwan, le chef du gouvernement a été encore beaucoup plus direct en accusant les Etats-Unis de « violer la souveraineté chinoise et de provoquer de graves perturbations ». « Les Etats-Unis porteront seul la responsabilité », a ajouté Wen Jiabao, sans évoquer pour autant des sanctions.

Poursuite du plan de relance

Le Premier ministre a enfin évoqué longuement la situation économique, toujours fragile, de la Chine. Ce qui justifie au regard de ses dirigeants la poursuite du plan de relance, malgré un rythme de croissance qui a dépassé de nouveau la barre des 10%. « Mais la Chine reste un pays pauvre, en développement et il le sera pendant encore 100 ans, avant de devenir un pays moderne ».

Un constat qui n’est pas innocent. Dans l’esprit des dirigeants, ce statut de pays en développement, lui permet de s’affranchir de certaines contraintes, notamment en matières monétaires ou commerciales. Et à écouter le Premier ministre, cela n’est pas prêt de changer.

Hu Jintao et Wen Jiabao confortés à la tête du pays en attendant 2012

C'est apparemment une session de l'ANP sans enjeu important qui vient de s'achever à Pékin. La Chine a réaffirmé ses priorités en matière politique, économique et environnementale. Elle demeure intraitable sur le dossier monétaire, inflexible sur ses questions de souveraineté, coriace sur l'environnement. Aucun bouleversement n'est enregistré dans l'organigramme de la direction mais la bataille pour la succession n'en est pas moins entamée.

A l'issue de cette session parlementaire la Chine semble faire preuve d'une stabilité politique remarquable. Et l'Assemblée nationale populaire nous a encore servi l'image d'une nation apparemment unie et obéissante sous l'autorité d'un Parti communiste tout-puissant. Cette session, il est vrai, n'était certainement pas de nature à bousculer l'ordre établi. Le couple formé par le président Hu Jintao et son Premier ministre Wen Jiabao est toujours solidement cramponné au gouvernail et, sauf événement extraordinaire, il n'est pas question d'un changement de direction avant la session de 2012.

En 2012 en effet se tiendra le XVIIIème congrès du parti. Et c'est précisément à l'occasion de ce grand rendez-vous quinquennal qu'émergera la nouvelle direction dont la liste sera soumise quelques semaines plus tard à l'appréciation de l'Assemblée qui approuvera sans aucun doute les décisions prises par le congrès. Cette fois, c'est donc une « session d'entre-deux » (entre deux congrès) à laquelle nous avons insisté, sans enjeu immédiat.

Toutefois, à y regarder de plus près, nombre d'observateurs ont déjà repéré que la bataille pour la succession est d'ores et déjà entamée. La jeune garde piaffe d'impatience, les héritiers attendent leur tour, des ex-limogés réapparaissent en coulisses et dans ce théâtre d'ombres commencent même à se profiler la nouvelle vague qui travaille dans la perspective du XXème congrès, en 2022.

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