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L'industrie textile victime de la crise politique à Madagascar
En raison de la crise politique, Madagascar ne bénéficie plus de l’AGOA (Accord Growth and Opportunity Act ), un accès préférentiel au marché américain, et des milliers de personnes se retrouvent au chômage. La société Cosmos, sous-traitant d’Adidas, en est l’exemple. Cette société dont 1 750 personnes produisaient 450 à 500 000 pièces par mois, a stoppé son activité fin janvier 2010.
Richard Engui se sent abandonné. Ses patrons Hongkongais, son directeur financier… tout le monde a quasiment disparu. Il savait que l’AGOA (Accord Growth and Opportunity Act) était menacé pour Madagascar, mais il ne pensait pas que l’usine allait fermer du jour au lendemain : « Le client nous a dit, même notre patron, que même s’il n’y a pas l’AGOA, qu’il va tourner Adidas vers l’Europe. Donc nous, on a l’espoir qu’on ne va pas fermer…». Aujourd’hui, c’est lui, en tant que gérant, qui doit assumer le solde de tout compte. Le 12 mars, il a pu verser à ses ouvriers, tous licenciés, 15 euros; un demi-salaire : « Les employés pensent que c’est moi qui suis le premier responsable. Donc, c’est moi qui dois faire tout pour eux. Ils ne pensent pas vraiment qu’il y a d’autres créanciers aussi...».
Pour les ouvriers, la procédure ne va pas assez vite, mais difficile de trouver des fonds, quand on n’a pas le droit de monnayer la marchandise ou les machines. Le chef de production reconnaît qu’il a même fallu emprunter à des privés, pour respecter en partie les échéances : « On ne peut pas vendre les choses qui sont en saisie conservatoire, alors, en ce moment, on n’a pas de solution. On attend l’accord du tribunal pour essayer d’enlever les scellés et puis, pour essayer de voir si l’on peut vendre quelque chose, pour respecter l’accord avec les employés ».
La tension est un peu retombée, chez Cosmos. Les prochains versements sont prévus fin mars. Une maigre consolation pour les 1 750 chômeurs, qui s’ajoutent aux milliers d’autres victimes de la suspension de l'AGOA.

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