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Affrontements entre Palestiniens et forces de l'ordre à Jérusalem-Est

C'est sur fond de crise diplomatique entre Israël et son allié américain que des heurts ont éclaté ce mardi 16 mars 2010 à Jérusalem-Est. Des affrontements entre manifestants palestiniens et forces de l'ordre déployées en masse dans la vieille ville. Les Palestiniens protestent contre l'inauguration, le lundi 15 mars, de la synagogue historique de la Hourva, reconstruite pour la troisième fois. Les violences ont faits plusieurs blessés alors que de nombreux Palestiniens étaient arrêtés.
Avec notre correspondante à Jérusalem, Catherine Monnet
Un calme précaire et tendu règne pour l’instant à l’intérieur de la Vieille ville de Jérusalem et aux environs des quartiers arabes de la ville. Mais les odeurs de gaz lacrimogène qui flottent encore dans l’air ça et là, à la périphérie des quartiers Est et les pierres qui jonchent encore le sol, notamment à l’entrée du quartier de Wadi Joz et près de la porte des Lions, l’entrée de la vieille ville la plus proche de la Mosquée d’al- Aqsa, rappellent qu’il y a eu des heurts parfois violents ce mardi matin entre de jeunes Palestiniens et les forces de l’ordre israéliennes.
Suivant le mot d'ordre du Hamas qui avait appelé à faire de ce mardi 16 mars, « une journée de la colère » pour défendre la Mosquée d’al-Aqsa, des dizaines de manifestants en différents endroits de la ville, s’en sont pris aux forces de l’ordre à coup de jets des pierres. Des pneus ont été également brûlés ce matin à l’entrée du camp de Shuafat, où les forces de l’ordre ont fait usage de gaz lacrimogène, de grenades assourdissantes et de balles en caoutchouc pour disperser des dizaines d’émeutiers masqués.
Des scènes similaires ont eu lieu dans les quartiers arabes de Wadi Joz et de Silwan qui bordent la vieille ville, mais les incidents se sont également étendus hors de Jérusalem, au check point de Qalandja, dans la ville d’Abu Dis et en Cisjordanie, dans la ville de Nilin qui est depuis 5 ans le lieu de manifestations contre le mur de séparation.
Important dispositif policier
Cela fait 5 jours maintenant que la police israélienne était en état d’alerte maximum. Elle avait totalement bouclé la Cisjordanie, la vieille ville de Jérusalem et interdit l’accès à l’esplanade des Mosquées aux hommes de moins de 50 ans alors que 3 000 policiers environ étaient déployés à Jérusalem et filtraient toutes les entrées de la partie orientale de la ville.
C’était déjà un dispositif inhabituel, mais il faut rappeler qu’après les incidents qui avaient éclaté en début du mois, près de l’esplanade des Mosquées, suite à l’inscription au patrimoine d’Israël, de deux lieux saints situés en Cisjordanie, les autorités israéliennes craignaient de nouvelles violences, dans la foulée de l’annonce d’un important projet de colonisation à Jérusalem-Est, pendant la visite du vice-président américain, la semaine dernière. Finalement, c’est l’inauguration lundi 15 mars, d’une synagogue historique dans la vieille ville qui aura été le déclencheur de ces nouvelles émeutes, qui ont fait pour l’instant, une cinquantaine de blessés légers, d’après le Croissant-Rouge palestinien, qui ont conduit à l’arrestation d’une trentaine de policiers israéliens.
Le Hamas, pourtant minoritaire en Cisjordanie avait appelé à faire de ce mardi 16 mars 2010 une « journée de colère ». Il s'agissait de protester contre l'inauguration d'une synagogue dans la vieille ville de Jérusalem et plus largement contre les projets de colonisation dans la partie occupée de la ville sainte. En dépit d'une très forte mobilisation de la police et de l'armée israéliennes, des heurts sporadiques ont éclaté dans plusieurs quartiers arabes ainsi qu'à Qalandia, principal point de passage entre Jerusalem et Ramallah. Ces affrontements interviennent alors que l'émissaire américain pour le Proche-Orient a décidé de reporter une visite en Israël prévue ce mardi 16 mars. Le gouvernement américain attend toujours des engagements israéliens permettant le début des négociations indirectes avec l'Autorité palestinienne. Son président Mahmoud Abbas a réaffirmé que seul un gel total de la colonisation juive en Cisjordanie occupée et à Jérusalem-Est permettrait de sortir de l'impasse. Benyamin Netanyahu refuse d'envisager une telle mesure qui entraînerait une crise avec ses alliés de la droite nationaliste au sein du gouvernement. RFI |

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