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    Afrique

    Bière artisanale et bière importée : histoire d'une industrie en Afrique

    media © J-B. Pellerin

    C'est en Afrique qu'est née la recette de la bière, mais c'est en Europe que l'industrie s'est développée avant de débarquer dans les caisses des colons. Même si la consommation de bière importée n'atteint pas aujourd'hui les sommets de celles de l'Europe ou de la Chine, le marché reste juteux pour les groupes internationaux.

    La première caisse de bière importée en Afrique l'aurait été au Liberia, en 1827. Des caisses de bière britannique Guinness. Pourtant, ce n'est pas cette année-là que commence l'histoire de la bière en Afrique.

    Les traces de la première fermentation artisanale ont été retrouvées par les archéologues dans la région du Nil bleu, au Soudan actuel. La datation reste incertaine. Certains palynologues font remonter l'origine à 10 000 ans avant J.C.  D'autres optent pour une fourchette entre 3 000 et 350 avant JC.

    La recette consiste à tremper du pain de céréales (sorgho, orge ou épautre) dans de l'eau. Une fois fermentée, on rajoute des ingrédients au goût des clients locaux. La bière ressemble plus à une bouillie ou à une purée qu'à une boisson. Son degré d'alcool est très aléatoire : de 2 à 6°.

    C'est au XIXe siècle que les chimistes parviennent à stabiliser la fermentation et trouvent une méthode de conservation (pasteurisation). L'industrie n'a plus qu'à embouteiller à la chaîne.

    Les premières implantations des brasseries

    En Afrique, les ingrédients de base pour la bière artisanale varient selon les cultures agricoles: orge, banane, millet, sorgho, maïs... Le goût de ces bières -et leur instabilité- ne convient pas aux palais européens. En conséquence, les colons commencent par importer leurs bières à des coûts élevés avant de créer les premières brasseries locales, associées à la production de sodas. L'activité est lucrative à la fois pour les sociétés privées, mais aussi pour l'État qui prélève des taxes sur l'alcool.

    L'Algérie (1880) et l'Afrique du Sud (1895) sont les pionniers de l'industrie brassicole : les deux pays cultivent l'orge, nécessaire à la fabrication de la boisson.  Alors que La Gauloise disparaîtra à l'indépendance (mais les brasseries poursuivront leurs activités), les South African Breweries vont prospérer disposant d'une bonne réserve de consommateurs avec la clientèle des prospecteurs, ouvriers et mineurs.

    En Afrique tropicale, la matière première, et même les caisses de bois, doivent être importées, ce qui rend le prix de la bouteille plutôt élevé. On s'essaie à mélanger du maïs ou du riz au malt mais la clientèle n'apprécie guère car la bière est plus légère et ne mousse pas.

    Les plus grands consommateurs de bière

    155 litres/an : les Tchèques

    55 litres/an : les Gabonais

    La société Guinness, déjà précurseur dans l'importation, s'implante au Kenya dès 1922. La Société des brasseries de l'Afrique occidentale française nait à Dakar, en 1928 et ouvre une unité de production au Cameroun, puis en Côte d'Ivoire.

    La première brasserie du Congo belge voit le jour à Kisantu, au sud-ouest de Léopoldville en 1926, à l'initiative des Jésuites. Peu de temps après, la brasserie est transférée dans la capitale où sont produites les premières Primus. 

    La Bralima s'empare du nom après 1945. De nouvelles unités sont montées dans les provinces. Les industriels belges s'installent également de l'autre côté du fleuve Congo, à Brazzaville en 1950. Les sociétés européennes (Stella Artois, Heineken, Guinness, Carlsberg), continuent leur expansion. La fratrie française Castel commence à s'intéresser au continent. Les Allemands fournissent le Togo et la Namibie. Les brasseries travaillent sous licence des unes et des autres ou avec leurs propres marques, comme en prélude aux multiples rachats et fusions qui interviendront plus tard.

    Réduire les importations

    Les indépendances entraînent l'apparition de brasseries nationales, cependant toujours associées à des sociétés brassicoles étrangères du fait des besoins en ingrédients de base. Les gouvernements tentent de réduire cette dépendance qui coûte cher au consommateur et à l'État.

    Au Tchad, les brasseries de Logone, créées en 1965, importent le houblon d'Allemagne de l'Ouest et de Tchécoslovaquie et le malt de France. Elles tentent d'introduire des produits locaux, dont le riz. Elles sont bientôt accusées de provoquer une hausse des prix et sont obligées d'y renoncer. 

    À CONSOMMER AVEC MODERATION. (CC) Escalepade/Flickr

    Au Nigeria, la situation est un peu particulière : l'alcool est formellement interdit dans certaines régions à dominante musulmane. Il n'existe aucune brasserie dans le pays. La bière est importée du Royaume-uni. 

    En 1956, les restrictions sur la bière sont levées et les importations font un bond de 1 500% en 10 ans.Toutefois, la junte militaire au pouvoir interdit l'importation du malt et de l'orge d'Europe en 1983. Le prix de la bière augmente considérablement. Deux ans après, le général Ibrahim Babangida qui a pris le pouvoir en août avec une priorité, la lutte contre l'inflation, impose l'utilisation de produits locaux dans la fabrication de la bière. La société Guinness, installé depuis 1962, a investi dans l'agriculture et possède quelques milliers d'hectares de sorgho. Elle lance la première bière industrielle du continent africain fabriquée à base de produits locaux.

    En 1984, le Burkina Faso met sur le marché une bière nationale au sorgho, la Brakina. Une eau mal filtrée et le non respect du processus de pasteurisation font de ce lancement un échec commercial : les consommateurs de la Brakina tombent malades. Deux ans plus tard, la société Artois (Belgique) reprend la brasserie en partenariat avec Coca Cola.

    Dossier 50 ans Indépendances

    La hausse des prix des céréales de ces dernières années a incité les industriels à se tourner vers les produits locaux: orge, amidon de maïs, mais aussi cannettes et caisses fabriquées sur place ou dans des pays voisins accessibles par route. Une bière industrielle à base de manioc a même vu le jour en Angola. 

    Un marché local

    Aujourd'hui, quatre grands groupes se partagent le continent auprès desquels subsistent quelques brasseries nationales : SABMiller, héritier des South African Breweries, Heineken, Diageo surtout connu par sa filiale Guinness, et Castel.  Avec 450 millions d'hectolitres vendus annuellement dans 31 pays d'Afrique, SABMiller craint peu la concurrence (30 millions hl pour Castel). Mais il faut dire que cette concurrence est de bon aloi, car très souvent les quatre groupes internationaux se retrouvent coactionnaires de brasseries, associées à différentes phases de production de la bière et des boissons non alcoolisées et les opérations de ventes et d'achats de nouvelles sociétés se traitent en accord avec les «concurrents». La multitude de noms de bière qui existent sur le marché africain n'est donc qu'un leurre.
     

    Boissons et civilisations en Afrique (Presses universitaires de Bordeaux) de Alain Huetz de Lemps a constitué une bonne source d'informations pour cet article.

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