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Les prix de la pâte à papier s’emballent depuis un mois. Au tremblement de terre au Chili qui a endommagé les capacités de production, s’est ajoutée la grève des dockers en Finlande, qui bloque les exportations de pulpe.
Depuis le 4 mars dernier, les 10.000 dockers et manutentionnaires finlandais sont en grève : plus moyen d’exporter la pâte à papier, une des principales richesses du pays. Les principaux industriels du papier en Finlande ont d’ailleurs cessé la production dans de nombreuses usines, au grand dam du vice-président d’UPM Kymmene, l’un des deux géants du papier finlandais, pour qui cette grève ruine les efforts de compétitivité réalisés par l’industrie papetière ces dernières années.
La Finlande exporte 1 million 800 mille tonnes de pulpe par an. Mais le Chili, plus de 4 millions de tonnes soit aujourd’hui, 8% du total mondial. Or la majeure partie de la production chilienne de pâte à papier - contrairement à la production de cuivre, qui a échappé au séisme - est presque totalement paralysée depuis le 27 février. L’industrie forestière et papetière sont en effet situées au sud du Chili : quand les usines n’ont pas été endommagées par le tsunami, comme c’est le cas pour la compagnie chilienne Celulosa Arauco, elles ne sont plus alimentées en eau ou en électricité. Et l’arrêt de la production pourrait se prolonger pendant encore un mois…
Pour ne rien arranger, aux Etats-Unis, les papetiers ne bénéficient plus depuis le début de l’année d’une subvention très importante pour le traitement de la « liqueur noire », un résidu chimique de la fabrication de pâte à papier, manque à gagner qu’ils ont répercuté sur leurs prix.
De quoi alimenter la flambée des cours de la pâte à papier, déjà nourrie par la reprise de la demande asiatique de papier et de carton d’emballage. La qualité de référence, la « pâte kraft blanche de résineux du Nord », a gagné 25 dollars la tonne en une semaine, du jamais vu depuis sept ans. Elle frôle aujourd’hui les 900 dollars, contre 635 dollars il y a à peine un an. Conséquence, le papier et le carton recyclés, moins chers, sont à nouveau très prisés, mais ils sont eux aussi plus rares dans le monde, du fait d’une baisse de la consommation mondiale et d’une collecte difficile cet hiver. Leur prix se redressent donc également.
Résultat, les producteurs de papier augmentent à leur tour leurs tarifs. Le Finlandais M-Real a déjà annoncé une nouvelle hausse de 15% le mois prochain après une première de 8% début mars. Des coûts supplémentaires en perspective pour la presse écrite et la publicité, qui n’en avaient guère besoin.

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Commentaires (2)
pour que les actionnaires se remplissent les poches
Il faut préciser que certaines unités de productions de pates sont à l’arrêt en France depuis un an (m-real alizay) et il n y a aucune volonté de la part de m-real de redémarrer celle ci, comme ils ne peuvent plus mettre en avant des motifs économiques ils mettent en cause la qualité de la pate, et la c'est d un comique extrême quand on analyse régulièrement la pate utilisée en remplacement.
Vive les hausses
Malgré les arrêts d'usines les prix n'ont pas pu remonter du fait de la crise et de l'inertie des transformateurs et des clients qui ne reculent devant rien pour mettre leurs fournisseurs sous pression. Aussi les grèves et autres catastrophes naturelles sont elles une bonne nouvelle pour l'industrie papetière, ces évènements là ne peuvent être battu en brèche par les acheteurs. J'espère ainsi que les hausses de prix annoncées vont passer pour revenir à des niveaux acceptables pour l'industrie. Ces augmentations pourront permettre de financer l'innovation et la poursuite des efforts pour l'environnement.
Arno
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