A la une : le cours du Yuan hors de cause selon Pékin
On n’est pas prêt de voir Pékin accepter de réévaluer le yuan, comme le demandaient en début de semaine un groupe de 130 députés américains de tous bords politiques, agitant la menace de sanctions.
Les journaux chinois mettent aujourd'hui en exergue les propos de hauts responsables chinois qui réfutent les attaques américaines. Pour eux, il ne faut pas imputer au yuan les maux qui affectent l'économie américaine. Le déficit commercial américain n'est pas dû à la faiblesse de la monnaie chinoise. L'auteur de l'article du China Daily -qui s'appuie sur l'analyse d'un éminent économiste chinois, Xia Bin, membre du conseil d'Etat, cite pêle-mêle tous les points faibles des Etats-Unis : chômage, faible taux d'épargne et consommation frénétique des ménages, mais aussi délocalisation des moyens de production ; c'est là qu'il faut chercher la cause du mal, toute l'économie américaine est à restructurer.
Les Chinois estiment que les parlementaires américains ont tort de se voiler la face, en accusant Pékin de manipuler le cours de sa monnaie.
L'analyste rappelle -ironiquement- que dans les années 80, les Etats-Unis avaient forcé le Japon à réévaluer le yen, en imputant au faible cours de la monnaie japonaise la responsabilité de leur déficit commercial. Les Japonais avaient plié, mais cela n'avait pas réellement amélioré la situation. Le Global Times lui aussi accorde une large place à ce dossier, avec ce communiqué du ministère du Commerce, qui, en substance, reproche aux Américains de vouloir « politiser la question du taux de change ». « Ce n'est pas comme cela que l'on parviendra à coordonner les efforts pour lutter contre la crise mondiale » estiment les Chinois.
Au Japon, le PLD aux abois
Le Daily Yomiuri fait état d'une situation désespérée. On en parlait ce mardi, le frère du Premier ministre Hatoyama, claquait la porte du parti conservateur pour créer un nouveau parti. Désireux de s'opposer à l'équipe de son frère Yukio, Kunio Hatoyama cherche une troisième voie, poussant d'autres membres du PLD à rejoindre son mouvement.
D'après le Yomiuri, cette tentative ne sera pas forcément couronnée de succès. Le blason de Kunio Hatoyama étant quelque peu terni depuis l'éclatement d'un scandale de financement occulte du parti par sa mère, alors qu'il était ministre de l'Intérieur. Reste que le parti conservateur ne parvient pas à renouveler son leadership. Son président Tanigaki n'envisage pas de passer la main avant l'été. Il est en train de travailler à la sélection des candidats et à la rédaction d'un manifeste du parti en vue du prochain renouvellement du Sénat. C'est seulement après cette échéance qu'il accepterait éventuellement de laisser la place.
Ce sera trop tard estime la jeune garde conservatrice. Les réformateurs -au sein du PLD- se désolent d'une telle attitude. C'est ce qui explique, selon ce journal, que le PLD n'arrive pas à attirer les déçus du Parti démocratique du Japon arrivé au pouvoir il y a un peu plus de six mois.
Le Président pakistanais sur la touche
On le sait, le président Zardari, veuf de Bénazir Butto traîne quelques casseroles. Les journalistes ont pris l'habitude de le désigner sous le nom de « monsieur dix pour cent », tant est connue son implication dans de multiples affaires de corruption du temps où sa femme dirigeait le pays. Et peu à peu, il ne devrait lui rester d'autre choix que d'accepter une réduction de ses prérogatives, une sorte de compromis visant à faire taire ennemis et rivaux.
C'est en tout cas le scénario que l'on peut lire ce mercredi dans The News. L'article est intitulé: «La vie après le 18ème amendement, pour Zardari». Le projet, une fois adopté, dépouillerait totalement le président des pouvoirs dont il jouit encore actuellement. En résumé explique le journal, il n'aurait plus qu'un rôle comparable à celui de la reine d'Angleterre, qui a le droit d'alerter le gouvernement, de l'encourager et d'être consultée. C'est ce que le responsable de la Commission de réforme de la constitution a confié au journal.
La seule crainte qui persiste, serait que le président puisse encore agir sur le gouvernement en freinant son action. Mais cela ne va pas plus loin. Si l'assemblée approuve ce projet de loi, la réalité du pouvoir reposera donc désormais, au Pakistan, entre les mains du Premier ministre.
Indonésie : les leaders musulmans contre le tabac
Fumer tue, expliquent les militants anti-tabac de part le monde ; c'est un péché, déclarent les religieux indonésiens. Les leaders religieux de la Muhammadiyah, la deuxième grande communauté musulmane d'Indonésie ont donc pris le parti de condamner les fumeurs en adoptant une motion.
Le Jakarta Post, qui évoque le sujet dans ses colonnes de ce mercredi, estime néanmoins que l'industrie de la cigarette est tellement puissante en Indonésie, que cela ne devrait pas avoir un impact très important, même si la Muhammadiyah est une organisation très respectée.
Avant que la motion ne soit d'ailleurs totalement entérinée par la hiérarchie religieuse, il reste un certain nombre d'étapes à franchir, et déjà, au sein même de la communauté, la polémique fait rage. Un tiers des 230 millions d'Indonésiens sont accrocs au tabac. Ce sera intéressant de suivre l'affaire et de voir au bout du compte, lequel triomphe, du lobby de la cigarette ou de l'Islam.

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