Carton rouge pour les finances du foot européen

Criblés de dettes, certains clubs européens de football pourraient bien se trouver en banqueroute. La FIFA, la Fédération Internationale du Football, a réuni jeudi 18 mars un comité exécutif où ont été évoqués les problèmes financiers des clubs les plus endettés.
La menace de faillite en Europe de certains clubs de football est de plus en plus palpable, les dettes s'accumulent pour des clubs comme Valence en Espagne avoisinant les 500 millions d’euros, ou encore celui de Portsmouth en Angleterre qui vient d'être placé en redressement judiciaire. Et leurs recettes pourtant confortables, ne suffisent plus à rembourser leurs dettes.
Un rapport publié dernièrement par l'UEFA, l'Union Européenne de Football Association, chiffrant l’état des finances des clubs européens confirme la dérive des comptes. La dette globale de ces 732 clubs s'élevait au début de la saison 2009/2010 à 6,3 milliards d'euros. Même si ils ont généré au total 11 milliards et demi d'euros de revenus, la plupart des grands clubs sont loin d'être à l'équilibre. En tête de ce triste palmarès : la première League anglaise qui à elle seule détient 4 milliards d'euros d'arriérés, suivie par la Liga espagnole endettée à hauteur de presque deux milliards d'euros.
Une folle politique des transferts
Les clubs dépensent plus que ce qu'ils gagnent. Ce déficit s'explique essentiellement par une augmentation incessante de la masse salariale. Les salaires des joueurs atteignent des sommes faramineuses. En France le salaire mensuel moyen d’un joueur de ligue 1 est de 45 000 euros par mois, en 15 ans il a été multiplié par 9. D'après cette enquête de l'UEFA, 170 clubs européens dépensent pratiquement la totalité de leurs budgets juste pour payer les joueurs.
Mais les rémunérations pharaoniques des stars du ballon rond ne sont pas les seuls responsables de ces dérapages, la folle spirale des montants des transferts des joueurs aggrave la situation financière des clubs.
A titre d’exemple, en 2009, le joueur portugais, Cristiano Ronaldo, a quitté le Manchester United pour rejoindre le Real Madrid pour 94 millions d'euros ! Sans oublier un contrat négocié pour les 5 prochaines années qui prévoit un salaire mensuel de 10 millions d'euros. Il s'agit du record absolu en matière de transfert.
En France, c'est Zinédine Zidane qui détient la palme : en 2000 il a quitté la Juventus de Turin pour le Real Madrid : montant du transfert : 75 millions d'euros, ce qui à l'époque était la plus grosse somme investie par un club pour l’achat d’un joueur.
Des clubs comme le FC Valence en Espagne ou Portsmouth au Royaume-Uni sont en grande difficulté parce qu’ils ont joué dans la cour des grands en achetant à pris d’or des joueurs qu’ils n’arrivent pas à revendre.
L’urgence d’assainir les finances
Face à la perspective d'un désastre financier, des voix s'élèvent pour réclamer un assainissement des comptes. L'ancien joueur Michel Platini, aujourd'hui président de l'UEFA pose les principes du « Fair Play Financier ». Le principe est simple : les clubs n'auront plus le droit de dépenser plus que ce qu'ils gagnent. Concrètement, les clubs qui ne présentent pas des comptes à l'équilibre s'exposent à des sanctions. Allant d'une amende à la rétrogradation ou encore plus grave à l’ exclusion des compétitions.
Réunis il y a deux semaines à Manchester, les membres de l'Association Européenne des Clubs, ont accepté cette contrainte à condition qu’elle n’entre pas en vigueur avant 2012 ! Et déjà certains souhaitent repousser encore le délai de deux ans.
Contrairement à ses voisins européens peu regardants sur les largesses des clubs, la France a une instance qui veille à la bonne tenue des comptes : la Direction Nationale du Contrôle des Gestions audite régulièrement les clubs français. En cas de déficit trop important des sanctions sévères sont appliquées, ce qui explique que les clubs français soient presque de bons élèves. Si les clubs anglais et espagnols étaient soumis à la même réglementation ils n'auraient pas connu de tels excès.

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