Le Japon gagne la bataille du thon
Du Premier ministre Yukio Hatoyama aux négociants de Tsukiji en passant par le plus grand marché aux poissons au monde à Tokyo, le rejet d'une interdiction du commerce du thon rouge d'Atlantique-Est et de Méditerranée est accueilli avec satisfaction. Ces réactions interviennent après le non de la Cites à une proposition déposée par Monaco de protéger cette espèce de thon dont les stocks ont chuté ces dernières décennies. Ce refus a été annoncé le 18 mars 2010 à Doha lors de la réunion de la Convention internationale sur le commerce des espèces menacées.
Avec notre correspondant à Tokyo, Frédéric Charles
A Tsukiji où transitent chaque nuit 2 300 tonnes de produits de la mer, où travaillent 60 000 personnes et où en janvier dernier un thon rouge de 232 kilos s'est vendu 122 000 euros, les négociants sont soulagés. Ils s'attendaient à ce que la Cites, à Doha, vote pour l'interdiction du commerce du thon rouge de l'Atlantique et de la Méditerranée.
Tatsuya Suzuki, un négociant de Tsukiji qui inspecte chaque nuit avec une lampe de poche les carcasses de thons congelés est bien sûr content. Les Japonais consomment les trois quarts du thon rouge pêché dans le monde. Mais avec la crise, la baisse des salaires, la crainte du chômage, les Japonais sont moins d'humeur à manger des sushi comme l’explique Tatsuya Suzuki.
« Nous sommes contents, oui ! Nous avons aussi des stocks considérables de thons, ce qui nous permet de contrôler les prix. Mais depuis la crise, les prix du thon ne cessent de baisser. Ils sont si bas que nos pêcheurs ne parviennent plus à vivre. Dans les restaurants de sushi proches de Tsukiji, l'on nous dit que leur chiffre d’affaires a diminué de 20% à 30% depuis que les banques ont licencié de nombreux traders et analystes, leurs meilleurs clients. »
Tatsuya Suzuki note que le Japon a déjà réduit de 40% ses prises de thons rouges dans l'Atlantique et en Méditerranée pour conserver l'espèce. Tatsuya Suzuki a aussi conscience que le débat sur le thon rouge devrait reprendre d'ici la fin de l'année. Pour lui ce n'est que partie remise.

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Commentaires (2)
Thon
Si on avait laissé faire les japonais et autres norvégiens, il n'y aurait plus de baleines. Pour le thon, ce ne sont pas des considérations économiques qui comptent mais le constat des scientifiques. Laissons faire les pêcheurs, et il n'y aura plus de thons. Bon, les pêcheurs disparaîtront alors, mais ça ne nous consolera pas...
Marché de la VIE
Cet immense marché de la vie qu'est la CITES me donne la nausée!
Le thon est considéré, non pas comme un animal mais un "stock." Cette perversité des mots en dit long sur notre humanité.
L'ours polaire a été lâché par l'Europe, probablement pour obtenir le pardon du Canada qui ne décolère pas du vote de celle ci en faveur des phoques (ce qui ne change rien au grand massacre perpétré sur la banquise en ce moment).
Que va t-il advenir des éléphants? Des tigres ? De tous ces animaux au centre des marchandages ? Les préserver de quelle façon ? Les laisser vivre un peu, pour ensuite avoir "de quoi" organiser des chasses sportives, remplir les zoos, transformer ces magnifiques tigres en poudre pour faire soi disant bander, en objet en ivoire, en sacs luxueux, les affamer dans des élevages ecc.ecc.
Pathétique humanité...
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