Thaïlande - 
Article publié le : samedi 20 mars 2010 - Dernière modification le : samedi 20 mars 2010

En Thaïlande, les « chemises rouges » ne baissent pas les bras

Des milliers de partisans de l'ancien Premier ministre, Thaksin Shinawatra manifestent dans les rues de Bangkok, le 20 mars 2010.
Des milliers de partisans de l'ancien Premier ministre, Thaksin Shinawatra manifestent dans les rues de Bangkok, le 20 mars 2010.
REUTERS/Damir Sagolj

Par RFI

Drapeau rouge au poing, quelque 20 000 « chemises rouges » ont défilé ce samedi 20 mars dans les rues de Bangkok, pour la sixième journée consécutive. Les manifestants ont formé une colonne de véhicules longue de plusieurs dizaines de kilomètres, paralysant les rues de la capitale. Depuis dimanche dernier, les partisans de l'ancien Premier ministre Thaksin Shinawatra demandent le départ de l'actuel chef du gouvernement, Abhisit Vejjajiva.

Avec notre correspondant à Bangkok, Arnaud Dubus

Bangkok est totalement paralysée par le cortège des chemises rouges. Sur des camions, à l'arrière de véhicules utilitaires ou sur des motos, les manifestants ont passé la journée à sillonner la capitale en agitant des drapeaux rouges dans un vacarme de coups de klaxons et de beuglements de cornes de brume.

Beaucoup de véhicules portent des autocollants avec la phrase : « le sang des pauvres n'a-t-il aucune valeur ? » Une allusion au don de sang jeudi 18 mars, par des milliers de « chemises rouges ». Du sang qui a servi à souiller le siège du gouvernement. A l'arrière de véhicules utilitaires, des groupes de manifestants dansent au son d'une musique folklorique du nord-est. D'autres brandissent des écriteaux réclamant la dissolution du Parlement, principale demande des « chemises rouges ».

L'objectif de ce cortège est de rallier les habitants de Bangkok à la cause des « chemises rouges », pour la plupart venues des provinces du nord et du nord-est. Objectif atteint en partie : tout ce que Bangkok compte d'ouvriers et de petits employés sont sortis sur les trottoirs pour ovationner les manifestants. Afin d'apaiser les tensions, le Premier ministre Abhisit Vejjajiva a proposé des pourparlers aux leaders des « chemises rouges ». Ces discussions devraient en principe commencer lundi 22 mars. 

tags: Questions sociales - Thaïlande
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Commentaires (9)

Education 4/4

Éducation 4/4
Dans le même temps, les tentations de la société de consommation arrivent jusqu’à eux, modifiant à grande vitesse les canons traditionnels, et déstabilisant cette société rurale qui veut aussi des portables et des pick-up. La réponse de Thaksin, c’est le crédit, le loto, les « subventions », sa stratégie est l’asservissement dans la dépendance au maître paternaliste à souhait… Pour l’amélioration de la vie des paysans, ce n’est surtout pas Thaksin qu’il faut, mais plutôt un de ces jeunes politiciens ayant fait leurs études à l’étranger, ayant voyagé, s’étant ouvert sur le monde, s’étant enrichis de valeurs venues d’ailleurs et qui souhaitent moderniser la société Thaï dans la transparence et l’honnêteté. Laissons donc Abhisit (qui gère très bien la crise pour le moment) finir son mandat, et souhaitons l’avènement de cette nouvelle génération de politiciens.

Education

En résumé, ces enfants on les dresse plus qu’on ne les éduque. En sortant de l’école ils savent lire et compter, mais ils savent surtout la place qui est la leur dans la société, et l’acceptent comme une fatalité, jamais personne avant eux dans leur famille n’ayant changé de condition. On a oublié une chose très importante dans cette éducation minimaliste, c’est de leur apprendre à réfléchir, c’est de faire d’eux des citoyens… On s’en est bien gardé en fait ! Et les voilà tous sortis du même moule, celui voulu par les politiciens qui continuent sur leur dos de s’en mettre plein les poches.

Education

Il m’est difficile de dire que les paysans n’ont pas tous une maturité politique, parce que, je le sais d’avance, cela va être mal interprété…Mais le fait est que la toute première urgence en Thaïlande est un programme ambitieux pour l’éducation. Avez-vous vu des écoles de province ? Ce vieux bâtiment en bois, la cour devant, avec au centre le mât du drapeau national. Je n’ai rien contre le respect du drapeau, mais il me semble que les enfants passent plus de temps au garde à vous sous le soleil en chantant l’hymne qu’en classe à recevoir un enseignement de qualité.

Education

Le plus gros problème de la Thaïlande est l’éducation, tant que le niveau sera aussi bas, il sera difficile d’atteindre un degré de démocratie acceptable. Lors des prochaines élections, il faudra regarder de près quels candidats proposent un programme ambitieux pour l’éducation.
Jusqu’à maintenant, ça a bien arrangé les politiciens que le monde paysan ne reçoive pas d’éducation digne de ce nom. Les paysans sont ainsi beaucoup plus manipulables. Le populisme de Thaksin a prise sur eux, et moins sur les Bangkokiens qui sont heureusement mieux préparés pour résister aux manipulations. Et d’ailleurs, si ce n’était pas un problème de niveau d’éducation, pourquoi la propagande de Thaksin ne fonctionnerait-elle pas à Bangkok ?

Evolution

Evolution
C’est l’incroyable évolution de ce pays que j’observe de très près depuis plus de trente ans qui me rends optimiste pour la Thaïlande. Cette évolution continue, et la crise actuelle, qui dure pourtant depuis des années, n’est qu’un cap à passer. Quelques fois, en évoluant on renie un peu de son passé, le désir de modernité combat intérieurement la nostalgie d’un bon vieux temps révolu. Le peuple thaïlandais n’est que momentanément déchiré (surtout à cause de l’acharnement du libertador Thaksin qui sème le trouble depuis l’étranger), mais d’ici quelques années nous verrons que cette crise n’aura été qu’un tremplin vers un système de plus en plus démocratique. D’autres obstacles qui seront certainement bien plus graves que la présente crise attendent la Thaïlande, mais ce n’est pas le sujet de cette discussion.

Abhisit

Abhisit
Quand au premier ministre actuel, non, je ne le soutiens pas particulièrement, mais contrairement à ce que certains affirment, il est à ce poste en toute légalité, élu par une coalition parlementaire avec l’appui des voix de groupes parlementaires ayant retourné leur veste (anciennement pro-Thaksin). Abhisit est un premier ministre de transition (post coup), détenteur d’un mandat parfaitement légal. Des élections sont programmées dès la fin de son mandat, et je ne vois rien d’anti-démocratique là dedans. On peut malheureusement douter que ces prochaines élections soient totalement honnêtes, quand à moi, je le souhaite (pour tous les camps).

Thaksin

Thaksin
L’élection de Thaksin que certains trouvent légitime et démocratique malgré l’achat massif de votes, et les « subventions » habillements distribuées (1 million de THB par village) à la veille du deuxième scrutin n’aurait jamais été entériné dans aucun pays réellement démocratique ! Bien sur, la corruption existait avant Thaksin, mais est-ce une raison pour que cela perdure ? De toute évidence, la Thaïlande est capable d’évoluer vers plus de démocratie, et le système actuel est en cours de transformation vers plus de modernité.

Le coup d'état militaire 2/2

Le coup d’état militaire 2/2
Le coté positif du coup d’état est qu’il a éloigné du pouvoir une très dangereuse graine de dictateur prête à éclore. Thaksin n’en était qu’au stade corruption, clientélisme, populisme quand son élan à été stoppé par l’armée. L’armée a alors promis de rendre le pouvoir aux civils six mois plus tard… et c’est bien sur, toujours très inquiétant de savoir une armée aux manettes d’un pays, car dans l’immense majorité des cas elle garde le pouvoir jusqu’au prochain putsch militaire et ainsi de suite. En l’espèce, l’armée a tenu parole et effectivement rendu le pouvoir aux civils. C’est ça le coté positif des mentalités en Thaïlande ; Ce désir profond d’évoluer vers la démocratie, et il est remarquable de voir une armée jouer ce jeu. L’armée a stoppé un retour vers la dictature, et a réorienté le pays vers le chemin de la démocratie.

Le coup d'état militaire

Le coup d’état militaire 1/2
Le coup d’état par l’armée : Quel démocrate serait pour un coup d’état militaire ? Pas un bien sur, et moi non plus. Mais bon, il a eu lieu, c’est un fait historique que nous soyons d’accord ou pas. Rien ne justifie un coup d’état en démocratie, mais la Thaïlande était-elle en démocratie durant les mandats de Thaksin ? Bien sur que non ! Que penser d’un premier ministre affairiste qui confond allègrement sa poche et les caisses de l’état, qui ordonne à des milices l’exécution sans procès de milliers de soit disant trafiquants lors de sa « war on drugs », qui cherche à placer neveux et oncles aux postes clés de l’armé et de la police, qui modifie les lois fiduciaires en fonction des intérêts de ses entreprises, faussant ainsi le jeu de la concurrence ? Et ainsi de suite…je ne vais pas refaire son CV ici. En quelque sorte, ce coup d’état s’explique, quand bien même il heurte nos convictions démocratiques. Dites vous bien que la Thaïlande n’est pas une démocratie, ce pays tend vers la démocratie, et l’atteindra prochainement, mais dans l’état actuel des choses, il n’est pas encore pertinent de comparer la Thaïlande et nos démocraties occidentales.

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