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    Afrique

    ART comme AFRIQUE

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    Avec une plateforme jaune comme le soleil africain, l’Afrique est à l’honneur à ArtParis cette année. Des artistes contemporains de l’Afrique Noire sont pour la première fois présents à une grande foire d’art internationale, du 18 au 22 mars 2010 au Grand Palais.

    Sous la grande nef du Grand Palais, la scène artistique a visiblement changé. ArtParis présente les « guests » et les plates-formes accueillant les scènes artistiques émergentes comme l’Indonésie et l’Afrique. « C’est la première fois qu’une foire internationale occidentale présente des artistes africains contemporains », s’exclame Gervanne Leridon. Avec son mari Matthias, elle s’est lancée en 2000 dans une collection africaine sur un coup de cœur pour l’Afrique : «On trouvait que les artistes contemporains africains étaient des artistes remarquables, souvent très peu connus et méconnus en Occident. »

    Les défis de la mondialisation

    Une tour Eiffel en vrac nous accueille. L’œuvre de Gonçalo Mabunda est composée d’armes qu’il réutilise, signe d’une Afrique de la paix. Chérie Chérin manifeste « Les défis de la mondialisation » d’un point de vue africain. On assiste au pillage de toutes les ressources africaines : lions, girafes, singes, rhinocéros et éléphants ont pris la fuite ; vision caricaturale, sensible et humoristique. À côté, Kudzanai Chiurai, jeune zimbabwéen réfugié en Afrique du Sud, représente la jeune photographie contemporaine africaine : il se met en scène prenant la pose d’un ministre africain à lunettes de soleil, Ghetto-blaster et fourrure. Pour Gervanne Leridon, il existe une multitude de talents en Afrique, mais le marché de l’art ne suit pas : « Les collectionneurs africains ne s’intéressent pas forcément à l’art contemporain africain et ont plutôt tendance à s’intéresser à des valeurs plus occidentales. Le véritable problème pour le marché contemporain africain, c’est le manque de collectionneurs en Afrique. Il commence à en exister quelques un, principalement en Afrique du Sud, mais sur le continent il y a très peu de musées aujourd’hui consacrés à l’art contemporain africain. Et contrairement au marché asiatique ou indien, qui est énormément soutenu par les collectionneurs indiens ou asiatiques, aujourd’hui le marché de l’art africain contemporain peine sans doute à être reconnu internationalement par un manque certain de collectionneurs en Afrique. »

    Imiter Arcimboldo (1527-1593)... Quand je fais quelque chose comme lui, je vois que je suis aussi un grand comme lui.
    Chéri Samba 02/10/2013 - par Siegfried Forster Écouter

    Une analyse qui est pourtant contestée par les artistes eux-mêmes. Le Congolais Chéri Samba a depuis longtemps trouvé acheteurs – pas seulement en occident. Son imitation d’un tableau d’Arcimboldo est à vendre 50.000 euros. Son icône « J’aime la couleur » a été reproduite dans le monde entier et vaut aujourd’hui plus de 100.000 euros. « Moi, je pense que c’est une question de pouvoir d’achat » dit Chéri Samba. « Chez moi en Afrique, dans mon pays, il y a des collectionneurs, mais peut-être ne sont-ilst pas considérés en Occident. Qu’il y ait des collectionneurs ou pas, moi, je pense que c’est d’abord l’artiste qui doit travailler. L’artiste ne doit pas uniquement vivre pour les collectionneurs ou avec des collectionneurs. Donc, c’est un faux problème.»
    Billie Zangewa est très reconnaissante d’être née en Afrique du Sud. Ses créations sont des tableaux-sculptures en soie brodée, avec lesquelles elle se sent proche d’une Louise Bourgeois : « Je peux vivre de mon art grâce aux collectionneurs sud-africains. J’ai aussi des demandes étrangères, mais mon succès a commencé en Afrique du Sud. J’en suis très fière. Ma carrière ne dépend pas de l’Europe. »

    Un bébé des « Magiciens de la Terre »

    "L'ancien combattant" de Calixte Dakpogan (2009) Magnin.A/Olivier Souchard

    André Magnin est plus sévère sur le marché de l’Art en Afrique. Il n’est ni galeriste, ni collectionneur, ni marchand. Il veut faire réapparaître des artistes sur le marché international : « Il n’y avait pas de musée, ni de collection en Afrique Noire. Ca n’existait pas, sauf en Afrique du Sud. Depuis, un peu plus au Nigeria, au Sénégal, en Côte d’Ivoire, mais il n’y a pas de marché de l’art en Afrique, ça n’existe pas. »
    Pour André Mangin, ArtParis est une occasion de montrer des artistes africains, qu’il défend depuis 25 ans quand en 1989 il transforma avec Jean-Hubert Martin le monde de l’art avec « Les Magiciens de la Terre », première exposition où l’on montrait des artistes des cinq continents. « Cette plateforme Afriques est un bébé des ‘Magiciens de la Terre’. Mais depuis, j’ai fait 200 expositions dans le monde avec l’art africain contemporain, ce qui fait qu’aujourd’hui ces artistes sont recherchés et existent dans les plus grandes collections et sont recherchés par les collectionneurs internationaux et les musées. »

    La valeur artistique s’exprime aussi en euros

    Seydou Keita est aujourd’hui considéré comme l’un des plus grands photographes du 20è siècle. Un artiste comme Romuald Hazoumé est présent sur toutes les grandes manifestations telles que la Dokumenta à Kassel ou la Biennale de Venise. Frédéric Bruly Bouabré, pour qui une fondation est créée en Côte d’Ivoire et qui est, avec ses 87 ans le doyen des artistes africains, reste d’une jeunesse inouïe. La valeur artistique s’exprime aussi en euros, souligne André Magnin : « L’odalisque de Seydou Keita dans ce format, c’est rarissime, coûte au moins 40.000 euros. Un masque de Romuald Hazoumé coûte 14.000 euros. Un dessin sublime de Boubacar coûte 35.000 euros. Ce sont des prix très faibles si on les compare aux artistes chinois ou indiens ces dernières années et qui – à mon avis – ne sont pas moins intéressants. »

    La plateforme Afriques Marc Domage

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