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30 ans de Salon du livre de Paris - 
Article publié le : vendredi 26 mars 2010 - Dernière modification le : vendredi 16 mars 2012

Le Salon du livre en crise

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Par Siegfried Forster

La 30e édition du Salon du livre de Paris s’ouvre avec l’annonce d’un recul du nombre d’éditeurs, et dans une ambiance de turbulences au sein du Syndicat national du livre ; mais la manifestation garde l’espoir de rester un remède anticrise. 1000 éditeurs répartis sur 400 stands accueillent les visiteurs du 26 au 31 mars.

Tous les chiffres sont en augmentation et le moral en berne – ainsi se résume ces jours-ci l’univers du livre. En 2009 le livre se révélait encore une fois comme une valeur-refuge dans la crise économique. Avec 379 millions d’exemplaires vendus, le chiffre d’affaires de 4,2 milliards d’euros augmentait de 3,9 % par rapport à l’an précédent. Selon l’institut GfK, le secteur jeunesse a généré la moitié de cette croissance. En même temps, le Syndicat national de l’édition (SNE) est confronté à la plus grave crise de son existence et de plus en plus d’éditeurs se montrent réticents à venir au Salon du livre de Paris. Olivier Bétourne, PDG du Seuil explique dans L’Express : « Nous avons réduit notre stand de 30% pour des raisons économiques. Nous n’amortissons pas plus de 10% de notre mise de fonds. » Françoise Nyssen, PDG d’Actes Sud, tempère : « Le Salon du Livre, c’est cher, mais c’est primordial. »

Françoise Nyssen

PDG des Editions Actes Sud

 

26/03/2010 par Siegfried Forster

L'éditeur  Eric Vigne, responsable des Sciences humaines chez Gallimard, essaie au contraire de faire la différence par une présence assez grande en superficie. 

Eric Vigne

Responsable des Sciences humaines chez Gallimard

Le salon, c’est la pire des choses, mais on n’a rien trouvé d’autre et ça demeure la meilleure solution.

 

26/03/2010 par Siegfried Forster

Enfants, mamans, ados ou encore seniors... au Salon, chacun trouve son bonheur !
Salon du livre/Emmanuel NGuyen Ngoc

Philippe Héraclès, PDG du Cherche Midi, lui, a opté pour une absence totale : « pour des raisons de coûts et de temps ». Même son de cloche chez Olivier Nora du groupe Hachette, PDG de Grasset et de Fayard, qui a divisé sa présence par 9 et se contente d’une présence symbolique de 100 mètres carrés: « Cette année, il fallait marquer le coup. » Une attaque d’Hachette Livre contre la plus grande librairie de France que Frédéric Mitterrand, le ministre de la Culture, a ouvertement condamnée à l’occasion de sa visite au salon.

Frédéric Mitterrand

Ministre français de la Culture

Quand certains éditeurs remplacent leurs stands par des guichets de la Sécurité Sociale, ils commettent une grave erreur.

 

26/03/2010 par Siegfried Forster

Hachette défie le Salon du livre

Ces polémiques se doublent d'une crise plus politique dans les coulisses du Syndicat national du livre. Le SNE regroupe 530 éditeurs et représente la majeure partie du chiffre d’affaires de ce secteur. L’actuel président du SNE et du Salon du livre, Serge Eyrolles, avait annoncé son intention de quitter la présidence, qu’il assurait depuis 1991. Selon un communiqué, « le syndicat a décidé d’instaurer une nouvelle gouvernance ». Petit problème : Hachette Livre, avec 2,2 milliards d’euros de chiffres d’affaires le leader de l’édition en France, conteste la désignation d’une présidence tournante tous les deux ans ; il exige une assemblée générale préalable. Aussi, Hachette Livre refuse que ce soit Alain Kouck, patron du numéro deux français Editis avec 760 millions d’euros chiffres d’affaires, qui assure la succession, et a pris « congé » des instances du SNE.

Dès l'ouverture du Salon, les visiteurs ont afflué.
26/03/2010 - 30 ans de Salon du livre de Paris

 

L'Afrique au centre du Salon du livre

Après avoir fait l’impasse sur la Turquie - initialement prévue comme pays d’honneur - le Salon met à l’honneur 90 écrivains français et étrangers de renom. À l’occasion du 50e anniversaire de l’indépendance de 14 pays d’Afrique subsaharienne francophone, un stand célèbre la richesse culturelle d’Afrique centrale.

Rencontre avec l’histoire d’une littérature de combat, suivie d’une littérature nouvelle et affirmée autour des pays du bassin du Congo, atteste Meryll Mezath, rédactrice en chef du supplément littéraire des Dépêches de Brazzaville : « Une littérature assez mal connue, malheureusement. Il y a des auteurs comme Alain Mabanckou, Léonora Miano, Wilfried N’Sondé, Henri Lopes, qui sont issus de cette région du continent africain, qui ont une écriture forte et saisissante, des œuvres marquantes depuis plusieurs dizaines d’années, mais qui ne sont pas assez connus par un grand public en Europe, aux Etats-Unis. »

Autrement dit : montrer que cette littérature existe, au moyen de livres en exposition et des auteurs présents autour du stand. Sont invités 30 écrivains et artistes comme Florent Couau-Zotti du Bénin, Tanella Boni de Côte d’Ivoire, Ken Bugul du Sénégal, Ousmane Diarra du Mali… et le dessinateur Alix Fuilu, créateur de l’association Afro-Bulles, qui propose une initiation à la bande dessinée africaine.

 

 

Meryll Mezath

Rédactrice en chef du supplément littéraire des "Dépêches de Brazzaville".

L'Afrique a malheureusement un grand problème au niveau de l'édition, de la distribution et de la circulation du livre.

 

26/03/2010 par Siegfried Forster

tags: France - Littérature - Paris
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