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Grèce : un plan de sauvetage destiné à rassurer les marchés financiers

Le plan de sauvetage de la Grèce a été bouclé au terme d'âpres négociations ce jeudi 25 mars 2010 à Bruxelles. Pour les responsables de l'Union européenne, il s'agissait de prouver qu'en cas de difficulté d'un de ses membres, «la famille européenne» restait solidaire ; un message destiné aux marchés financiers, a reconnu le président de l'UE, Herman Van Rompuy.
Avec notre envoyée spéciale à Bruxelles, Muriel Paradon
Le texte adopté par les 16 pays de la zone euro prévoit un mécanisme d’aide mixte pour aider l’un des Etats membres en difficulté, comme aujourd’hui la Grèce.
Deux formes de financement sont envisagées : des prêts du FMI et des prêts venant des pays de la zone euro, ces derniers devant rester majoritaires. Mais pour que les sommes venant de l’Europe soient débloquées, plusieurs conditions sont posées : il faudrait que ce soit en dernier recours si la Grèce n’arrive plus à se financer sur les marchés financiers ; il faudrait aussi un vote à l’unanimité de tous les membres de la zone euro.
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Concrètement, cela signifie qu’il n’est pas question de débourser de l’argent dans l’immédiat. Aucun montant n’est d’ailleurs avancé. L’objectif est ailleurs : il faut rassurer les marchés financiers, montrer que les pays de l’Union sont capables de se mettre d’accord pour sauver un des Etats membres.
Le texte prévoit par ailleurs qu’un groupe de travail soit mis en place pour présenter avant la fin de l’année des mesures pour prévenir des dérapages budgétaires à venir.
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Commentaires (1)
Un accord amère
L'accord de l'UE sur le plan de sauvetage de Grèce, attendu depuis longtemps, a été une version amère d'un désaccord profond entre l'Allemagne et la France sur les limites des initiatives européennes en vue de sauver un état membre de la zone euro qui s'est trouvé au bord de la cessation de paiements. Sous la pression de l'opinion publique allemande qui montre du doigt tout un peuple, la chancelière allemande a su protéger, à court terme, les intérêts de son propre pays mais le prix à payer pour le rêve d'une Europe unie et solidaire aura des conséquences, à long terme, graves et difficiles à surmonter.
En tant que contribuable grec, j'espère que mon pays n'aura jamais besoin que le plan de sauvetage soit mis en place. J'espère que l'austérité que nous subissons en Grèce suffira pour satisfaire les marchés et éloigner le pays et la zone euro de la cible de spéculations.
Mais en tant qu'européen, je me sens déçu d'une Europe qui laisse derrière elle une solidarité politique et économique qui ne porte plus bien son nom. Après les référendums français et néerlandais sur la Constitution Européenne, je trouve cet accord ambigu un autre coup grave sur la Construction Européenne.
Je souhaite vivement que la crise grecque ne fasse plus la une des journaux. Depuis un mois le pays est devenu une expérience internationale qui pousse à leurs limites de résistance à la fois l'union monétaire, la solidarité européenne et le tissu social grec. Une fois que cette expérience prendra fin, tous les acteurs de l'affaire se concentreront aux problèmes qui sont là et qui dureront longtemps encore.
Pour les contribuables grecs ce sera la chute du niveau de vie, la menace du chômage et l'amélioration de l'image du pays à l'étranger, une image qui a été la cible de propos parfois populistes.
Mais pour les dirigeants européens, ce sera la tâche de reconstruire une solidarité européenne et d'inspirer de nouveau aux Européens une confiance en l'UE et à son avenir.
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