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    Tirailleurs

    Colonel Paul Baudenon (1910-1983)

    media Le sous-lieutenant Paul Baudenon et les soldats du 16e Régiment de tirailleurs sénégalais. DR

    Paul Baudenon est une figure atypique dans l'histoire des armées coloniales. Son destin se joue en Indochine où dès les années 30, tout en assurant son poste de commandant à la frontière chinoise, il écrit pièces de théâtre, nouvelles et essais. Mais sa vie est avant tout, un roman.

    Paul Baudenon naît le 20 décembre 1910 à Rochefort-sur-Mer dans une famille de tradition militaire. Son grand-père a servi comme marin en Chine et au Tonkin sous les ordres de l’amiral Courbet. Et son père, sous-officier d’infanterie coloniale ayant effectué plusieurs séjours en Indochine dans des unités de tirailleurs tonkinois, finit la Grande Guerre comme capitaine dans un bataillon de tirailleurs sénégalais.

    En 1928, Paul Baudenon s’engage pour 4 ans au 3e RIC. Sergent en 1930, il passe au 13e RTS en Algérie puis au 4e RTS. En 1932, il est admis dans le corps des sous-officiers de carrière et à l’École militaire de l’infanterie et des chars de combat de Saint-Maixent.

    Sous-lieutenant en 1934, lieutenant en 1936, il est affecté au 3e RTT comme commandant du poste de Ban Cra sur la frontière de Chine, à l’extrémité nord-est du deuxième Territoire militaire.

    Sur ces confins difficiles d’accès, parcourus par tous les trafics et objets de tous les litiges frontaliers, il assume à la fois les fonctions de chef de poste, de juge de paix, de médecin et de diplomate.

    Dès les années 1930, il écrit de courtes nouvelles et des comédies dont certaines sont jouées à Paris. Durant son long séjour en Extrême-Orient, il continue d’entretenir une importante correspondance avec la métropole où se révèle un homme passionné par les populations, les rites, les mœurs mais aussi la flore et la faune qui l’entourent.

    En 1940, il commande la section spéciale de discipline européenne à Dong Trieu. Capitaine en 1943, il commande la 10e compagnie du 9e RIC cantonnée à Quang Uyen. Dès le coup de force japonais du 9 mars 1945, il prend la brousse et résiste parmi les derniers sur le sol de l’Indochine.

    Après de durs combats, passé en Chine, il y forme, en juin, un commando franco-américain au sein de l’OSS américaine, services secrets des États-Unis qui ont monté une antenne en Chine, en particulier pour aider Ho Chi Minh et le Vietminh. Rejeté par le Vietminh qui refuse la présence d’une telle unité à ses côtés, le commando Baudenon gagne les Indes où il est intégré au 5e RIC (2e commando léger) en formation à Ceylan et s’initie aux techniques parachutistes.

    Dirigé sur l’Indochine en décembre 1945, le commando est affecté en unité constituée au Spécial Air Service Bataillon qui devient en janvier 1946 le groupement autonome de parachutistes plus connu sous le nom de son chef : le commando Ponchardier. Paul Baudenon participe à toutes les opérations des Ponchardier en Cochinchine jusqu’en juillet 1946.

    EN SAVOIR PLUS SUR...

    Le commando Ponchardier, des forces un peu spéciales

    La demi-brigade de fusiliers marins verra le jour le 31 Mai 1956, créée par l’idole des Saccos (fusilier marin dans le langage Marine), le capitaine de vaisseau Ponchardier qui arrive d’Indochine auréolé de gloire. Trois bataillons sont créés. Le 1er, le 2ème et le 3ème, qui vont s’étager de Port Say à Honein, de Port Say à Marnia sur la frontière marocaine.

    Le Bataillon d’intervention de fusiliers marins sera créé pour participer aux opérations Jumelles et Pierres Précieuses. Il sera dissous et recréé de nouveau pour aller en Tunisie.

                                               (Fédération nationale des combattants volontaires)

    À cette date, il demande son rapatriement en métropole : un très long séjour hors de France – près de 10 ans – et une mésentente avec son homologue le capitaine Trinquier paraissent avoir motivé sa décision.

    Affecté au 7e RIC, il est désigné en avril 1948 pour commander la 2e compagnie du bataillon autonome du Dahomey, cantonnée à Lomé au Togo. Devenu correspondant du Muséum d’histoire naturelle de Paris, il met à profit ce séjour pour parcourir le pays, envoyer de nombreux spécimens au Muséum et surtout constituer une importante documentation photographique, préoccupation qu’il entretient tout au long de sa carrière.

    Promu chef de bataillon en avril 1952, il est désigné pour l’Indochine et prend le commandement du 1er bataillon du 24e RMTS. Avec ses tirailleurs, il prend part aux nombreux engagements qui touchent la ligne des postes protégeant le delta du Tonkin. Muté au cabinet militaire du Haut représentant de France au Laos en décembre 1953, il découvre un nouveau pays et lui consacre enquêtes de terrain et photographies. En effet, pendant tout son séjour en Indochine, il n’a cessé de rédiger monographies ethnographiques, rapports politiques et culturels.

    Rapatrié en France en septembre 1954, il prend le commandement du district portuaire et aéroportuaire de Bordeaux avant d’être admis à faire valoir ses droits à la retraite en 1956.

    Promu au grade de lieutenant-colonel de réserve en janvier 1960, il est admis à l’honorariat de son grade en 1967. Il se retire alors à Saint-Denis-de-Pile, au cœur du bordelais, où il se consacre entièrement à ses deux activités favorites : la poésie et la pêche à la ligne.

    Primé lors de nombreuses manifestations littéraires, actifs dans le milieu des anciens du CLI et des Ponchardier, Paul Baudenon écrit encore plusieurs romans et nouvelles ayant pour cadre l’Indochine et l’Afrique noire.

    Parmi les recueils de poésies de Paul Baudenon : Les Libertines ou Les Chairs obstinées suivies de Quelques poèmes de cabaret.
    De 1956 à 1966, il reçoit 96 prix littéraires.

    Paul Baudenon disparaît en 1983 en laissant l’image du colonial français type : chaleureux, bon vivant, curieux des autres et du monde, courageux et lucide.

    Acteur au premier rang des bouleversements que connaît l’univers colonial entre 1939 et 1954, il en tire une philosophie empreinte de distance aux événements et de réalisme, d’humour, face aux aléas de la nature humaine.

    Paul Baudenon était officier de la Légion d’honneur, trois fois cité en 1939-1945, croix de guerre des TOE avec deux citations, médaille de la Résistance, médaille coloniale, officier des Palmes académiques, médaille commémorative 1939-1945, médaille commémorative d’Extrême-Orient, officier de l’ordre du Dragon d’Annam, de l’ordre du Million d’éléphants et du Parasol blanc du Laos, de l’Étoile noire du Bénin.

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