GRILLE DES PROGRAMMES
Monde
Afrique
Mercredi 16 Octobre
Jeudi 17 Octobre
Vendredi 18 Octobre
Samedi 19 Octobre
Aujourd'hui
Lundi 21 Octobre
Mardi 22 Octobre
    Pour profiter pleinement des contenus multimédias, vous devez avoir le plugin Flash installé dans votre navigateur. Pour pouvoir vous connecter, vous devez activer les cookies dans les paramètres de votre navigateur. Pour une navigation optimale, le site de RFI est compatible avec les navigateurs suivants : Internet Explorer 8 et +, Firefox 10 et +, Safari 3 et +, Chrome 17 et + etc.
    Dernières infos
    Tirailleurs

    Monument aux héros de l’armée noire : une reconstruction encore virtuelle

    media Maquette du monument de Reims

    Un monument à la mémoire des africains morts pour la France en 14/18 se trouvait à Reims entre les deux guerres mondiales. Adeline Hazan, maire de Reims, désirait inaugurer un nouveau monument lors des prochaines célébrations du 11 novembre. Mais l’idée même de la pose d’une première pierre est en suspens.

    « Nul ne doit ignorer le sacrifice de ces hommes venus d’ailleurs ». Tels étaient, à Reims, les propos tenus en novembre 2008 par Jean-Marie Bockel, alors secrétaire d’État aux Anciens combattants. Ces mots devaient mettre un terme à un oubli de taille, celui du dévouement pour la République française des troupes recrutées dans les colonies d’Afrique noire. Plus d’un an après, pourtant, le monument qui doit réparer l’omission n’est pas encore prêt.

    Le 8 mai 1945, l’Europe en finit avec le carnage de la Seconde Guerre mondiale. À l’heure du bilan, en septembre 1945, Charles de Gaulle déclare : « Au moment où le but est atteint, je tiens à vous remercier amicalement, simplement, au nom de la France !» Cet hommage envers les soldats des colonies, peu de gens s’en souviennent.
     

    Reims, le monument original.

    Aujourd’hui on continue de se battre pour la reconnaissance de ces «héros de l’armée noire». L’ANACR (Association républicaine et Amis de la Résistance), le CRAN (Conseil représentatif des associations noires), la CIMADE (Comité Inter mouvement auprès des évacués)... 

    Autant d’associations qui défendent ces «oubliés de la République».

    À Reims, c’est l’AMAN (Association pour la mémoire de l’Armée noire), créée en janvier 2009, qui s’engage à promouvoir «le développement de la mémoire des troupes coloniales d’origine subsaharienne». Point d’orgue de leur action, l’inauguration, souhaitée en novembre 2010, d’un monument qui doit ressusciter la mémoire des tirailleurs sénégalais.

    Une reconnaissance bafouée

    C’est au lendemain de l’Armistice du 11 novembre 1918 qu’est décidée, à Reims, la construction d’un monument à la gloire de ceux qu’on appelait les «tirailleurs sénégalais». Quelques semaines plus tôt, plusieurs de ces hommes, issus des colonies, sacrifiaient leur vie à la défense de la Ville des Sacres. L’inauguration a lieu le 13 juillet 1924, offrant l’estime et l’admiration que ces combattants méritaient. On connaît la suite…

    Durant la Seconde Guerre mondiale, les troupes allemandes d'occupation ont fait disparaître la statue, ne laissant que le socle en pierre. Si une stèle supplée depuis 1963 à la monumentale statue de bronze, la sous-préfecture de la Marne reste nostalgique de cet ensemble de 7 m de haut qui présentait un groupe de combattants, français et africains, unis dans une scène glorieuse. En 2007, une commission émet donc l’idée de reconstruire l’édifice.

    Les réactions ne sont pourtant pas unanimes. Si la décision ravit tous les défenseurs de la mémoire des tirailleurs, elle est moins bien appréciée par ceux qui entendent préserver la mémoire des anciens combattants métropolitains, et les deux parties se disputent la gloire de la défense de Reims en 1918.

    À l’heure du cinquantenaire de l’indépendance des anciennes colonies, la statue elle-même fait polémique. Constituée de cinq soldats dont 4 Noirs, c’est pourtant ici le seul Blanc qui tient le drapeau…

    Plus que ce débat mémoriel, ce sont les querelles financières qui mettent en péril la réalisation du projet. Le vice-président de l’AMAN, Cheikh Sakho en serait presque dépité. Lui qui s’est battu pour convaincre tous les partenaires de mettre la main à la poche aujourd’hui déchante.

    Si l’État et la région avaient initialement promis de verser 60% des 800 000 euros nécessaires, lors de la dernière assemblée générale de l’AMAN, le 16 décembre 2009, les discussions envisageaient désormais un mécénat privé ou la participation des associations. Mieux, l’élu communiste Michel Guillaudeau, proposait que ceux qui l'ont détruit le financent : «pour le financement de la reconstruction, je propose que l'on sollicite les casseurs». Autrement dit, demander à l’Allemagne un co-financement ne l’aurait pas choqué. Ses collègues ont protesté.

    En conséquence, le calendrier prévisionnel est bouleversé. Alors qu’Adeline Hazan, maire de Reims, désirait inaugurer le monument lors des prochaines célébrations du 11-novembre, l’idée même de la pose d’une première pierre est en suspens. A moins d’une pierre virtuelle…

    Julien Lampin
    Master de journalisme européen (Université de Reims)
     


    Dossier complet : Reims et les héros de l'armée noire

    Sur le même sujet
    Commentaires

    Republier ce contenu

    X

    Vous êtes libres de republier gratuitement cet article sur votre site internet. Nous vous demandons de suivre ces Règles de base

    Le Partenaire s'engage à ne pas porter atteinte au droit moral des journalistes. A ce titre, le Contenu devra être reproduit et représenté par le Partenaire tel qu'il a été mis à disposition par RFI, sans modifications, coupures, ajouts, incrustations, altérations, réductions ou insertions

    Ajoutez cet article à votre site Web en copiant le code ci-dessous.

    Republier ce contenu

    X

    Vous êtes libres de republier gratuitement cet article sur votre site internet. Nous vous demandons de suivre ces Règles de base

    Le Partenaire s'engage à ne pas porter atteinte au droit moral des journalistes. A ce titre, le Contenu devra être reproduit et représenté par le Partenaire tel qu'il a été mis à disposition par RFI, sans modifications, coupures, ajouts, incrustations, altérations, réductions ou insertions

    Ajoutez cet article à votre site Web en copiant le code ci-dessous.

     
    Désolé mais le délai de connexion imparti à l'opération est dépassé.