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    Afrique

    Les troupes indigènes des forces armées italiennes

    media Un groupe d'Ascaris.

    La discrimination raciale préside à la création d’une structure militaire indigène dans les colonies italiennes. Les fameux «ascaris» (garde, soldat en kiswahili) ne combattront jamais en Europe, non pas pour leur épargner une guerre, mais par souci de préserver la supériorité blanche.

    Par rapport aux autres pays colonisateurs, l’Italie dont l’histoire coloniale est bien plus brève. Elle a recruté modestement parmi les sujets coloniaux, et a toujours fait appel à l’engagement volontaire.

    À la veille de la Seconde Guerre mondiale, les colonies italiennes de l'Afrique orientale italienne et la Libye comptabilisent 504 477 militaires indigènes, dont 274 000 pour l’AOI.
     

    À la base de l’organisation militaire, on trouve les fantassins (les ascaris, qui étaient de simples soldats), ou les cavaliers (Savari en Libye), ou encore les spahis et les méharis. Si l’on trouve de nombreux sous-officiers, les officiers indigènes sont rares. C’est que la discrimination raciale a toujours constitué, dans les colonies italiennes, un critère fort, ceci même avant l’adoption du fascisme.

    C’est la même logique qui préside à l’emploi des troupes exclusivement en Afrique.

    Contrairement à d’autres pays coloniaux européens, l’Italie n’a jamais été confrontée à la question démographique et écartait l’idée d’utiliser ses troupes indigènes en Europe : la politique française en la matière représente pour les Italiens un vrai crime contre la supériorité blanche. Celle-ci doit pousser à tout faire pour éviter une situation d’humiliation des Blancs, et les autorités militaires proscrivent toute confrontation entre des troupes noires et des armées non-africaines. Par conséquent, ces troupes indigènes sont essentiellement reléguées aux fonctions de maintien de l’ordre public et de gardes-frontières.

    IMAGES D'ARCHIVES
    Les ascaris érythréens. (YouTube)

    Il va de soi que la sévère défaite essuyée en 1896 face à l’Ethiopie, notamment lors de la mythique bataille d’Adoua, fut un rude coup pour la fierté nationale. 4 889 Italiens et 1000 indigènes y périrent.

    Les lois italiennes préfascistes établissent des exceptions pour les sujets coloniaux, qui s’étendent aux militaires. À partir de 1908, le «Règlement de discipline pour les militaires indigènes» prévoit des punitions spécialement sévères à l’encontre des indigènes. Considérés comme des individus de «deuxième catégorie», ils ne peuvent fouler le sol métropolitain.

    Avec les lois fascistes de «Défense de la Race» du 30 septembre 1938, la séparation de fait devient la règle. Dorénavant, la législation italienne condamne toutes relations égalitaires entre indigènes et nationaux. Les sujets coloniaux, proclamés «définitivement inférieurs», ne peuvent plus prétendre au rang d’officiers. Ils sont cantonnés à des zones de résidence et ne peuvent plus fréquenter certains établissements publics.
     

    Le 10 février 1947, le Traité de Paris retire toutes prérogatives colonisatrices à l’Italie. L’ancienne mère-patrie oublie ses militaires indigènes, devenus des traitres aux yeux des nouveaux États africains.

    Un demi-siècle plus tard, le 14 juillet 2004, le Sénat italien concède enfin une indemnisation aux quelques 173 militaires survivants de l’Afrique orientale italienne.

    Romain Heurtaut-Puppetto
    Master de journalisme, Université de Reims

     

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