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A la Une : Haïti, entre espérance et crainte
Ce jeudi, la revue de presse est entièrement consacrée à Haïti, un jour après la grande conférence des donateurs à New York. Les 10 milliards de dollars qui ont été promis par les participants pour reconstruire le pays, dépassent largement les espérances des organisateurs.
Ce succès, Haïti le doit au fait que « cette conférence de donateurs a été anticipée et préparée comme jamais aucune autre conférence auparavant ». C’est en tout cas ce qu’explique aujourd’hui le Miami Herald. Les bons conseils et mises en garde ne manquaient pas hier à New York quant à la bonne utilisation de ces fonds internationaux. « Pourtant, les priorités du gouvernement haïtien ne sont toujours pas vraiment connues », écrit le journal. « Dans un pays où tout doit être reconstruit, qu’il s’agisse d’écoles, d’hôpitaux ou de logements décents, la communauté internationale a appelé le gouvernement Préval à clarifier ses intentions ».
L’influence retrouvée du gouvernement haïtien
Le gouvernement haïtien pose aussi problème au Los Angeles Times. Le plan de reconstruction, tel qu’il a été présenté hier à New York, « est aussi ambitieux que controversé », note le journal. Et ceci « notamment en raison du rôle important qu’il attribue au gouvernement du président Préval ».
« Durant ces dernières deux décennies, les pays donateurs ont justement abandonné l’aide versée au gouvernement haïtien pour l’attribuer directement à de nombreuses organisations humanitaires, actives sur le terrain », rappelle le Los Angeles Times. « L’administration Obama est arrivée à la conclusion que cette méthode a seulement privé le gouvernement haïtien de tout droit d’intervention sans avoir produit pour autant des résultats souhaités dans le pays ».
L’analyse de la Maison Blanche n’est en revanche pas partagée par l’ensemble de la classe politique américaine. Le Los Angeles Times se fait l’écho des réticences des élus américains, qui ne voient pas d’un très bon œil l’influence retrouvée du gouvernement haïtien, une équipe « à l’histoire problématique », selon eux, et « qui n’a jusqu’à présent pas fait ses preuves ».
Ainsi, le sénateur démocrate Patrick Leahy, s’offusque de la nouvelle orientation, prise par l’administration Obama en ces termes : « Dans le passé, des milliards de dollars ont été gaspillés ou volés par des gouvernements corrompus, contrôlés par quelques rares familles haïtiennes aisées. Maintenant, que les besoins du pays sont encore plus criants qu’auparavant, nous avons absolument besoin d’un projet crédible qui tire les leçons du passé pour ne pas répéter éternellement les mêmes erreurs ».
Conférence des donateurs : le défilé des généreux
La conférence des donateurs pour Haïti a aussi été une vitrine. C’est en tout cas la remarque que fait aujourd’hui le Washington Post. Une formidable plateforme sur laquelle chaque nation peut montrer devant le monde entier sa générosité vis-à-vis des Haïtiens. Et certains pays n’hésitent d’ailleurs pas à tirer la couverture à eux.
Au Venezuela, dans le quotidien El Nacional, on peut lire aujourd’hui par exemple les propos du représentant vénézuélien lors de cette conférence de donateurs à New York. Il explique que le Venezuela donnera chaque mois 18 millions de dollars à Haïti et que cet argent sera inclus dans l’offre de plus de 2 milliards qui viendra de l’Alba, l’Alliance bolivarienne pour les Amériques. « Une somme qui, d’après Caracas, est supérieure au montant offert par l’Union européenne et les Etats-Unis ».
Le journal officiel cubain Granma reproduit, quant à lui, l’intégralité du discours du ministre des Affaires étrangère Bruno Rodriguez, selon lequel l’aide cubaine est tout entière orientée vers la santé. « Dans ce programme travaillent déjà en Haïti 783 médecins cubains, 481 médecins haïtiens et 278 médecins d’autres pays, tous diplômés à Cuba », note le journal.
Haïtiens : évacués par soldats américains, incarcérés en Floride
Le New York Times révèle publie aujourd’hui un article qui peut paraître invraisemblable : c’est l’histoire d’au moins 30 survivants haïtiens du tremblement de terre. Dans le chaos des premiers jours après la catastrophe, ils ont été évacués par des militaires américains vers les Etats-Unis. Mais là, au lieu de trouver refuge et l’aide dont ils avaient grandement besoin, ces survivants ont été immédiatement incarcérés dans des centres de détention en Floride. La raison ? Ils ne possédaient pas de visas valides.
Alors que l’administration Obama a accordé après le séisme aux Haïtiens le statut de refugiés temporaires, un groupe d’avocats se bat depuis des semaines pour la libération de ces survivants, arrivés en Floride par des convois militaires. En vain, pour l’instant.

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