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Incertitudes sur l'avenir du Premier ministre bissau-guinéen

La ville de Bissau est calme au lendemain du changement de pouvoir qui s’est produit au sein de l'état-major. La situation du Premier ministre Carlos Gomes Junior n’est en revanche toujours pas réglée. Mis en résidence surveillée par les nouveaux maîtres de l'armée, il a pu ce matin venir rencontrer le président Malam Bacaï Sanha.
Bissau est calme ce vendredi. Selon un commerçant joint par RFI en fin de matinée les activités ont repris au grand marché Bandim, même si pour l’instant l’affluence n’est pas très importante. Il faut dire qu’en ce jour de Vendredi Saint, jour férié à Bissau, la capitale tourne logiquement au ralenti.
On ignore pour l’instant quelles seront les suites données par les militaires à leurs déclarations du jeudi 1er avril 2010. Lors d’une conférence de presse animée par le nouveau chef de l’armée Antonio Indjaï et l’ancien chef de la marine Bubo Na Tchuto -revenu sur le devant de la scène à l’occasion du coup- les deux hommes avaient annoncé qu’ils allaient devoir le maintenir en prison. Ils avaient également déclaré qu’il avait commis beaucoup d'erreurs et qu’il devrait en répondre devant la justice.
Une réunion a démarré à la mi-journée à Bissau entre le président Malam Bacai Sanha et son Premier ministre Carlos Gomes Junior, Premier ministre qui a été arrêté puis placé en résidence surveillée par les militaires. Selon des témoins cités par l’Agence France-Presse, c’est le procureur général de Bissau Amine Michel Saad qui est venu chercher le chef du gouvernement à son domicile et qui l’a accompagné, sous escorte militaire, jusqu'à la présidence.
Divergences et malaise
L’autre développement politique de ce vendredi matin, 2 avril, c’est ce communiqué qui a été rédigé par un collectif de ministre. Communiqué dans lequel ces membres du gouvernement « expriment leur soutien et leur attachement au Premier ministre » Carlos Gomes Junior. Ils condamnent aussi « fermement l'utilisation de la force comme moyen de résoudre les problèmes ».
Ce communiqué tranche avec la toute première réaction du président de la République, Malam Bacaï Sanha qui n'a pas été inquiété par les mutins et pour qui la situation est « calme ». Malam Bacaï Sanha qui a expliqué que tout cela était une « confusion entre militaires ».
L’exécutif bissau-guinéen a du mal à parler d’une seule voix. Les vieilles rivalités au sein du PAIGC (Parti africain pour l'indépendance de la Guinée-Bissau et du Cap-Vert) ont sans doute laissé des traces. Mais ces divergences reflètent également le malaise des dirigeants politiques face à l’état-major. En Guinée-Bissau l’armée tient le pouvoir et dispose comme elle le souhaite des hommes politiques.
C’est ce que vient confirmer la mise en résidence surveillée du Premier ministre. C’est déjà ce qu’avait montré l’assassinat en mars 2009 du président bissau-guinéen de l’époque Joao Bernardo Vieira. Son domicile avait été pillé et les militaires avaient ensuite pu rejoindre leurs casernes. Personne n’a pour l’instant été réellement mis en cause.

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Commentaires (2)
A quand la fin???
eh oui c'est une question qui me taraude l'esprit!!!
pourquoi les dirigeants africains (présidents, maréchal, "roi des rois"..suivez mon regard!!) ne tiennent pas compte de leur population, dans un pays comme la Guinée Bissau, je suis certain que les populations souhaitent vivre en paix, il faut que toute cette gabegie cesse..
Dirigeants africains, regardez vos enfants, comment ils vont mourir dans le désert du Sahara, comment ils se font traiter a la frontière égyptienne....SVP pensez a nous
Il faudrait qu'un jour les
Il faudrait qu'un jour les militaires Bissau-Guinéens nous disent clairement s'ils sont pour la démocratie ou pas. Ce qui se passe en ce moment n'est que le prolongement de ce qu'on a déjà vu l'année dernière avec l'assassinat de Vieira et ceci sans que commanditaires et exécutants aient jamais été inquiétés ni même recherchés. Si le président Malam Bacaï Sanha laisse traiter ainsi son premier ministre, il ne peut s'en prendre qu'à lui même si du jour au lendemain les militaires décident de lui régler son compte; à moins que ce que l'on voit actuellement ne soit une mise en scène ordonnée au plus haut sommet de l'Etat Bissau-Guinéen.
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