Anniversaire des indépendances africaines - 
Article publié le : samedi 03 avril 2010 à 01:31 - Dernière modification le : mardi 06 avril 2010 à 10:39

Le cinquantenaire des indépendances africaines en France : opération de rénovation?

Paris, Champs-Elysées. 14 juillet 1939. Défilés des troupes coloniales dont les tirailleurs sénégalais. La première unité fût constituée en 1857.
Paris, Champs-Elysées. 14 juillet 1939. Défilés des troupes coloniales dont les tirailleurs sénégalais. La première unité fût constituée en 1857.
© AFP

Par Marion Urban

Jacques Toubon, mandaté par le président Nicolas Sarkozy pour coordonner les festivités organisées à l'occasion du cinquantenaire des indépendances africaines, a présenté officiellement une série d'initiatives qui auront lieu en France, mais aussi en Afrique. Placée sous le signe de la reconnaissance d'une histoire commune, l'opération «Cinquantenaire» n'est pas non plus dénuée de quelque ambiguïté.

En juin 2009, le président de la République, Nicolas Sarkozy a lancé l'initiative «2010-Année de l'Afrique». C'est à l'ancien ministre*, Jacques Toubon, président de la Cité nationale de l'histoire de l'immigration qu'il a confié la tâche d'organisation.

Selon le communiqué de l'Elysée, l'agenda devait initialement comporter trois volets: «l'achèvement de la réforme des principaux instruments de [notre] relation tant sur le plan économique que politique, déjà amorcée par la renégociation des accords de défense (...)  la célébration de notre histoire commune, en particulier la contribution de l'Afrique à la Libération de la France et la marche vers les indépendances».

Entre-temps, l'Année de l'Afrique a subi quelques contre-coups, rattrapée par les évènements du terrain et les aléas de la politique nationale et internationale. L'opération a été rebaptisée «Cinquantenaire des indépendances africaines».

Invité Afrique : Jacques Toubon
 

Secrétaire général du Cinquantenaire des indépendances africaines, sur les préparatifs des célébrations.

02/04/2010
par Marie-Pierre Olphand
 
 

Le secrétariat général du Cinquantenaire, qui travaille avec trois ministères nationaux (Défense, Affaires étrangères et Culture), soutient aujourd'hui financièrement 250 projets dont le nombre «peut évoluer» et représentant une dépense de 16,3 millions d'euros.

Les projets retenus couvrent des manifestations culturelles. Certaines régulières comme le festival Etonnants Voyageurs à Bamako (Mali) et à Saint-Malo (France), Africaphonies à Paris, Les Récréatrales à Ouagadougou (Burkina Faso), le Forum africain du film documentaire à Niamey (Niger), qui auront un volet spécial Cinquantenaire, ou bien des évènements plus particuliers comme un festival itinérant de films africains dans 14 pays, la présentation de films tournés en 1930-1940 par le Centre national du cinéma, des expositions (peinture, photos, cartes postales...)  la production de CD et de documents historiques commémoratifs. 

«Il y a une certaine ignorance, en France et en Afrique sur l'histoire de l'Afrique, sur les années 60 et sur les années qui ont précédé et cela n'aide pas à clarifier les relations entre nos pays», explique le président de la Cité de l'Immigration, avant de souhaiter que la série de débats et de conférences programmés pour ce cinquantenaire des indépendances, ne s'en tienne pas à dresser des bilans «négatifs ou positifs, glorieux ou honteuxIl ne s'agit pas de se demander : "a-t-on avancé, a-t-on reculé ?" mais d'analyser les évolutions des uns et des autres depuis les indépendances. De l'héritage historique commun, il faut faire un capital pour l'avenir».

GRAND REPORTAGE
Les orchestres emblématiques des indépendances à l'Institut culturel français de Dakar
 
02/04/2010
par Marie-Laure Josselin
 
 

Le défilé du 14 juillet 2010

L'un des temps forts de la commémoration des indépendances africaines en France sera le défilé des troupes africaines, à l'occasion de la Fête nationale du 14 juillet, précédé par un «sommet familial» des 14 chefs d'État de l'Afrique francophone.

L'évènement est objet de controverses à la fois côté africain -il suffit de lire les commentaires des internautes de notre enquête participative- et côté français, puisqu'il sous-entend le défilé d'armées, bien souvent synonymes de coups d'État ou de répression.

L'armée française, bombardée à Bouaké, en Côte d'Ivoire, en 2004, défilant aux côtés d'une section de l'armée ivoirienne ?

Aux offres de soutiens financiers à des évènements commémoratifs, Laurent Gbagbo, par ailleurs invité à la réunion du 13 juillet, a pour l'instant, selon le secrétaire général du Cinquantenaire, répondu que «La Côte d’Ivoire entend célébrer le cinquantenaire seule, dans le cadre de sa politique nationale de refondation

"La Force noire". DVD.
© Ministère de la Défense

Pour Jacques Toubon, le défilé du 14 juillet est «la reconnaissance de la France et de l'Europe aux centaines de milliers de soldats africains qui ont participé à la Première et à la Seconde Guerre mondiale, dans les armées régulières et dans la Résistance et qui ont sacrifié leurs vies

Plusieurs manifestations en hommage à la «Force Noire» sont au programme des commémorations du Cinquantenaire, notamment une exposition itinérante présentée dans les 14 capitales africaines et un muséobus dans les principales villes françaises afin de faire connaître l'histoire des Tirailleurs sénégalais.

Dossier spécial 50 ans des indépendances africaines
© J-B. Pellerin

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* 1993-1995. Ministre de la Culture et de la Francophonie
  1995-1997. Ministre de la Justice

 

 

 

ET AUSSI

À l'occasion du cinquantenaire des indépendances africaines, RFI a recueilli les témoignages des tirailleurs sénégalais pour en faire un coffret de CD Mémoires de tirailleurs.

 

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(6) Réactions

Le cinquantenaire des indépendances africaines en France

Le général DE GAULLE s'était déplacé pour annoncer à ces pays leur "INDÉPENDANCE". Si la France voulait vraiment participer au cinquantenaire, elle devrait se rendre dans ces pays au lieu de leur inviter à magnifier la gloire de la France en France.
Donc Sarkozy devrait s inspirer du parcours du général DE GAULLE.

ARMÉES AFRICAINES: HÉRITAGE NÉGATIF DES PUISSANCES COLONIALES

Je continue de croire que les puissances coloniales surtout la France ne mesurent pas jusqu'à ce jour les problèmes qu'elles ont légués sur le continent africain avec leurs idées d'armées.
Les royaumes avaient des guerriers pour lutter contre les adversaires aux temps des guerres tribales. Les blancs sont venus dire aux africains qu'ils sont barbares et nous amènent l'idée des Armées parce que celles-ci devraient les aider lors de leurs batailles civilisées stratégiques et d'hégémonie (Guerres mondiales Iet II).
C'est fini les guerres et ces puissances au nom des coopérations techniques arment ces armées pour soutenir leurs complicités les dictateurs à cause de leurs intérêts,
Ect-ce pour cela que la France veut faire venir ces armées de leurs colonies le 14 juillet 2010 à Paris pour une reconnaissance pour service rendu M. TOUBON ?

L'Afrique : le reservoir des experiences occidentales

Depuis les indépendances des pays Africains vers les années 1960, l'Afrique reste le continent le plus pauvre et le plus endetté ou les colonisateurs viennent imposer les politiques; les dictateurs au pouvoir depuis des décennies d'années. Les conditions de vie de la population restent empiriques. Pas d'eau et d'électricité...
Ces puissances économiques continuent à les appauvrir en les dottant des armes par échange des matières premières,...
Aucun pays Africain a le droit d'élire son président sans intervention des dites puissances. Comment ses pays qui n'ont que des indépendances sur papiers peuvent prétendre se développer? Si les colonisateurs continuent à exercer de leurs influences politico-économiques.
Sommes toute d'accord, que les présidents Africains ne sont pas élus par leur peuple. Mais sont imposés par les colonisateurs.
Le jour ils prônent la paix mais, la nuit ils stimulent les guerres,...
Donnez s’il vous plait la chance au pays Africains de se développer pour que l'immigration s'arrête....

Cinquantenaires.

Merci Gbagbo. Comment les soldats africains peuvent-ils aller défiler devant le président français ? Ce sont plutôt des soldats français qui doivent venir défiler à chaque fête dans les pays d'Afrique francophone ayant obtenu leur indépendance en 1960. Comment des gens qui célèbrent leur cinquantenaire peuvent-ils aller défiler en France le jour de la fête nationale française ? C'est l'indépendance de la France pas celle des pays africains. Faut-il toujours agir en faveur de la métropole ? Moi je dis non. C'est aux français de venir rendre hommage un peu de serieux.

defilé des soldats africains le 14 juillet

Moi aussi, je suis contre le défilé des soldats africains le 14 juillet. La France a pillé, exploité, colonisé les pays africains "qui dit colonisation, dit exploitation, esclavage". C´est comme si on remerciait la France de nous avoir colonisé, sommes-nous reconnaissants que la France nous a colonisée ? La présence des soldats africains au 14 juillet signifie une reconnaissance envers ce pays qui nous a colonisé ou un remerciement. …
En plus de ca, beaucoup de Français ne savaient et ne savent pas ce que la France avait fait en Afrique. Ils ne comprennent rien de la colonisation. Ils savent la colonisation de l´Amérique, mais ils ne pensent même pas une seconde que leurs ancetres avaient fait pareil en Afrique. il y en a qui parlent de la colonisation comme si c´était une chose positive. Il y en a qui pensent que la France nous avait apportés la civilisation et il faut en etre reconnaissant. La France n´a jamais su assumer sa résponsabilité devant l´histoire et continue à ignorer ce qu´elle a vraiment fait dans le passé.
Pour moi, avec la présence des soldats africains, la colonisation est présentée comme une chose positive qui mérite d´être célébrée.

Le cinquantenaire des indépendances africaines en France

Personnellement le format "association au défilé militaire" me gêne un petit peu avec les connotations trop coloniales qu'il soulève. Je comprends la réaction de certains chefs d'états qui rechignent à répondre positivement à l'invitation surtout après le discours de rupture d'avec la "France-Afrique". Il eut peut-être fallut choisir une autre formule qui rompt définitivement avec ses images passéistes de défilés de troupes coloniales sous l'arc de triomphe. Bref, concernant la Cote d'Ivoire il existe encore trop de ressentiment non encore refoulé du fait de la crise de 2002, qui empêche les chefs d'états français et ivoirien d'entretenir des rapports sains.

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