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    Tirailleurs

    Thiaroye par Sembène Ousmane

    media © P. Moiry

    Dans un film réalisé en 1988,  Le Camp de Thiaroye, Sembène Ousmane raconte sans dramatisation inutile le quotidien des tirailleurs, de leur retour au Sénégal jusqu’à ce 1er décembre 1944 où ils sont décimés par les chars français.

     

    En 1944, après avoir combattu sur les champs de bataille européens, des centaines de tirailleurs sont rapatriés à Dakar. Ils viennent du Dahomey (Bénin), du Soudan, de la Côte d’Ivoire, de l’Oubangui Chari (Tchad et Centrafrique), du Gabon et du Togo.

    Dans l’attente de leur solde et de leur démobilisation, ils sont regroupés au camp de Thiaroye, près de Dakar. Leur participation active au sein des forces françaises a renforcé leur sentiment d’égalité avec les soldats français. Mais la fierté fait bientôt place à la désillusion. Devant les manipulations et le racisme de leurs supérieurs, les tirailleurs se mutinent et enlèvent un général. Ils le relâchent quelques heures plus tard, rassurés par la promesse d’un versement de solde imminent. Mais dans la nuit, ils sont exécutés. On dénombre vingt-cinq morts et de nombreux blessés. Les survivants sont emprisonnés.

    Né en Casamance en 1923, le cinéaste Sembène Ousmane, aujourd’hui disparu,avait exercé toutes sortes de métiers avant de se tourner vers le septième art. Engagé volontaire dans l’armée française pendant la Seconde Guerre mondiale, il a ensuite été pêcheur, maçon, mécanicien, puis docker sur le port de Marseille pendant dix ans. Il a découvert dans les locaux de la CGT la littérature et l’action militante. C’est de cet épisode qu’est né Un docker noir, un roman pamphlétaire écrit en 1956 et aujourd’hui considéré comme un ouvrage témoin de la prise de conscience africaine.

    Sembène Ousmane s’oriente vers le cinéma en réalisant que la méconnaissance du français en Afrique freinait la diffusion de ses idées. C’est ainsi qu’il a tourné en 1966 La Noire de…, film fondateur du cinéma africain. «Je souhaitais y dénoncer trois réalités, expliquait-il en 1985 dans un entretien radiophonique avec Catherine Ruelle, journaliste et critique de cinéma à RFI : le néocolonialisme français qui poursuit, sous une nouvelle forme, la “traite des nègres” ; la nouvelle classe africaine, sa complice ; et une certaine forme de coopération technique».

    Le Camp de Thiaroye était son septième film. Couronné par le Prix spécial du jury à la Mostra de Venise en 1988 et par le Prix Unicef, il n’a été diffusé en France que dix ans plus tard. Sembène Ousmane a mis fin à sa carrière de réalisateur en 2004, trois ans avant sa mort, avec Moolade. Il était alors âgé de 81 ans.

     

    Autour de Sembène Ousmane

    En novembre 2007, lors du Festival international du film d’Amiens, Catherine Ruelle a réuni plusieurs cinéastes et personnalités pour évoquer la mémoire du réalisateur sénégalais.

    Mahama Traoré
    Cinéaste sénégalais de la deuxième génération (auteur de six longs métrages dont Njangaan)

    «Le cinéma de Sembène était à la fois militant et populaire. Mais il y avait un débat à l’intérieur de l’homme que l’icône empêchait de poser. Si l’on regarde les thématiques des films de Sembène, on retrouve les mêmes dualités chez l’homme, dur, exigeant avec lui-même. Sembène critiquait la société et en même temps se critiquait lui-même dans ses propres films, parce qu’il n’avait pas la solution des problèmes. Dans Le Mandat ou dans Xala, il dénonce l’impuissance des gouvernements africains devant le diktat des institutions financières internationales, mais c’est aussi l’impuissance de Sembène lui-même face à la politique de son pays dont il ne peut pas modifier le cours. Il n’a jamais donné de solution dans aucun de ses films, sauf dans La Noire de… et là, c’est une fin de non recevoir ».

    Alain Sembène
    Fils aîné de Sembène Ousmane

    «C’était quelqu’un de secret. Pour qu’il nous parle de sa vie, il fallait vraiment le pousser à l’extrême ! Il nous parlait le soir de sa carrière, du cinéma. Je suis allé plusieurs fois sur le tournage de ses films : Camp de Thiaroye, Emitai aussi. J’étais tout petit, mais dans ses films j’ai toujours participé d’une manière indirecte. C’était quelqu’un qui était toujours au combat».

    Danny Glover
    Acteur, producteur et réalisateur afro-américain

    «Je suis venu au Sénégal en 1998 pour le rencontrer. Je voulais le rencontrer car j’avais été très touché par ses films. A l’époque, j’avais déjà vu ses films depuis la fin des années 1970, dans les festivals aux Etats-Unis. Beaucoup de films africains étaient alors sur le marché américain. Je voulais travailler avec des cinéastes africains et mon idéal était, tout comme l’avaient fait Ossie Davis, Sidney Poitier ou Harry Belafonte, de développer le cinéma. Sembène nous avait montré l’importance du cinéma en tant que médium traduisant des idées, à partir desquelles nous pourrions rétablir l’intégrité de la parole des peuples».

    François-Damien Bourgery

     

     

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