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Article publié le : dimanche 04 avril 2010 - Dernière modification le : dimanche 04 avril 2010

Irradiés, d'anciens prisonniers des camps du Sahara réclament réparation

Nouredine Belmouhoub, porte-parole du Comité de défense des internés des camps du Sud en Algérie.
Nouredine Belmouhoub, porte-parole du Comité de défense des internés des camps du Sud en Algérie.
www.jijelannonces.net

Par RFI

En Algérie, d’anciens détenus des camps du Sahara, incarcérés après l’arrêt du processus électoral entre 1992 et 1995, oubliés de la politique de réconciliation nationale engagée par le président Bouteflika, accusent aujourd’hui les autorités. Ils les accusent d’être responsables de leur placement en détention dans des lieux irradiés. Ils réclament réparation matérielle et morale.

Ils sont sept rassemblés au sein d’un Comité de défense des internés des camps du Sud. Cela fait des mois qu’ils essaient de se faire entendre par les autorités, notamment par la Commission consultative étatique des droits de l’homme conduite par Maître Farouk Ksentini. En vain. Sur les 20 000 anciens détenus, plusieurs centaines ont transmis leurs dossiers à ce comité, et quelques uns souffrent de cancers.

Le porte-parole de ce comité, Nouredine Belmouhoub, accuse : «Je n’accuse pas ! C’est un fait : nous nous sommes retrouvés dans des lieux à forte teneur en matière radioactive du fait des essais nucléaires effectués entre 1960 et 1966. La série Gerboise et toutes les autres bombes, les 17… Nous nous sommes retrouvés dans des zones où pratiquement rien ne pousse.»

Une certitude : parmi ces camps du Sahara au moins deux étaient situés dans des zones à fort potentiel radioactif, à Ain Ekker et Reggane ; et il n’est pas exclu que les internés en aient gardé des séquelles.

L’ancien détenu Belmouhoub réclame réparation : « Investi de la confiance des gens qui m’ont remis leurs dossiers, j’irai jusqu’au bout de mes convictions, jusqu’au bout de ce que permettent la loi et le droit, et j’irai s’il le faut devant le Comité des droits de l’homme de l’ONU».

tags: Algérie - Nucléaire - Santé et Médecine
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Commentaires (3)

Tout d'abord merci à M

Tout d'abord merci à M Belmouhoub d'avoir maintenu la flemme. Pour les autres, pauvres codétenus, je leur souhaite beaucoup de courage. En un mot, sous sommes traumatisés et la plus part ne demande que la paix. Ensuite, faut-il rappeler que nous sommes trente mille (30000) victimes choisies parmi des millions. Une fois à Reggane, l'occasion m'a été offerte pour découvrir la plus horrible chose de ma vie : Tous ceux qui prêchaient l'action armée étaient libres ; Ceux qui étaient contre la violence mais très actif politiquement, c'est-à-dire des imbéciles comme moi, étaient soient arrêtés ou liquidés sur place. Et parce que imbécile j'étais, j'avais compris onze mois plus tard que les commanditaires tenaient à ce qu'il ait cette saloperie de guerre. Une guerre programmé où le gagnant était connu d'avance. C'était exactement l'histoire du loup et de l'agneau.
Enfin, ce n'est pas le moment de raconter tout, mais que le monde sache que notre silence n'est pas dû à la peur, les nôtres le savent bien, mais ne savent pas les raisons exactes ; je vais leur en dire quelques choses : En ce qui me concerne avec beaucoup d'autres, nous attendons que les choses soient claires et que l'amalgame soit levé. Pour être claire, nous attendons la fin du terrorisme pour ne pas tomber dans la chicane. Mais nous ne tairons pas. Bref, que ceux qui croient qu'ils ont en fini avec nous déchantent : Quand tout sera fini, nous dirons notre mot dans la clarté et croyez-moi ce ne sera pas du fromage ; tous âgés maintenant de plus de 50 ans et tous nous avons des familles !
Laïd DOUANE

merci a Laid Douane

"Tous ceux qui prêchaient l'action armée étaient libres ; Ceux qui étaient contre la violence mais très actif politiquement, c'est-à-dire des imbéciles comme moi, étaient soient arrêtés ou liquidés sur place."
Un phrase qui résume la vérité que personne ne veut entendre ...
Merci

Complément d'information

Après 18 années d’observation dans le brouillard, je me sens capable de comprendre quelque peu la problématique algérienne. J’ai 50 années révolues toutes dans le doute et je n’ai plus peur. Par bribes d’informations acquises grâce à mes nerfs d’acier, j’ai pu reconstituer plusieurs scénarios qui animèrent le quotidien des Algériens pendant les années de braises. Cette semaine à titre d’exemple, j’ai pu confirmer une déduction faite à la hâte quand j’étais interné à Reggane ; Ceux qui nous gouvernaient avaient bien l’intention de créer le terrorisme pour ensuite l’éradiquer. Le pouvoir qui exerçait dans un pays endetté ne pouvait éviter l’ingérence directe sans répondre aux exigences de nos créanciers ; il fallait donc arrêter le processus électoral, démettre le Président et en ramener un autre, neutraliser les Islamistes modérés, pousser d’autres à la révolte et les canaliser !
Nous étions 3025 détenus. Nous faisions tout pour ne pas sombrer dans la bêtise humaine. Aussi pour contrer nos bourreaux, fallait comprendre pourquoi nous a-t-on emmenés là-bas. Dans notre recherche largement fructueuse, j’ai été emmené à analyser le genre d’hommes que nous étions en comparaison avec ceux qui étaient dehors et qu’est-ce que j’avais de commun avec les uns et les autres ? C’est long à raconter mais voilà : Tous ceux qui avaient de l’influence et capables d’arrêter la violence ont été arrêtés (50 000). Tous ceux qui avaient manifesté leurs tendances vers la violence son laissés en liberté puis forcés à rejoindre le maquis (une bonne dizaine de milliers). Pour compléter ce constat, j’étais témoins d’une vraie source de peur pour l’Algérie. Ce qui pouvait être une déduction tendancieuse devenait une vérité : Pendant les 11 mois que j’ai passés dans les camps de concentration, j’ai vu de nouveaux arrivants qui rejetaient la violence et de nouveaux partants devenus trop violents. Ainsi, quelques uns des premiers à avoir quitté les camps ont rejoint le maquis et les tout derniers n’y ont même pas pensé ! Cette conclusion m’a été confirmée par de hauts responsables qui savaient quelques choses mais qui n’y pouvaient rien.
Avec l’affaire de Sadi et ses acolytes, j’ai compris finalement que le terrorisme n’est pas aveugle ; il connaît très bien ses cibles et ses victimes !
Laïd DOUANE

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