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    Afrique

    En Afrique du Sud, le gouvernement a peur de la réforme agraire

    media Des ouvriers agricoles sud-africains déterrent des patates douces, à Brits, près de Pretoria, en juin 2009. AFP/François-Xavier Marit

    L’assassinat du leader sud-africain d’extrême droite Eugène Terre’blanche a ravivé les tensions raciales en Afrique du Sud. Un drame qui illustre la très inégale répartition des terres entre Noirs et Blancs. Les Blancs continuent très majoritairement à contrôler les exploitations agricoles.

    Lorsque le régime d’Apartheid disparaît officiellement en 1994, 43 000 fermiers blancs sont installés depuis plusieurs générations sur les terres agricoles les plus fertiles du pays. Les lois ségrégationnistes datent en effet de 1913. A son arrivée au pouvoir, Nelson Mandela, très conscient des risques d’embrasement du secteur rural si son gouvernement tentait d’exproprier les propriétaires terriens en place, s’engage sur le chemin de la prudence. L’horizon qu’il se fixe est donc lointain : en vingt ans, il promet de redistribuer 30% des terres à des agriculteurs noirs.
    Mais les dirigeants de l’ANC, de Nelson Mandela à Thabo M’beki se dépêchent lentement, précautionneusement. Selon un rapport publié en 2008, 4% des terres seulement avaient été redistribuées à cette date, c'est-à-dire sept fois moins que ce qui était prévu.

    Le mauvais exemple zimbabwéen

    Outre la difficulté politique, ce sont les réalités économiques qui ont forcé les dirigeants sud-africains à freiner des quatre fers dans l’application de cette emblématique réforme. L’exemple zimbabwéen est là, tout proche, pour les dissuader d’avancer au pas cadencé. En expropriant les 4000 fermiers blancs que comptait le Zimbabwé, en évitant de les indemniser, Robert Mugabé a plongé son pays dans la famine. La production agricole s’est effondrée. On ne s’improvise pas chef d’une grande exploitation agricole. Et les dirigeants sud-africains le savent parfaitement. Ils tiennent à préserver l’autosuffisance alimentaire de leur pays. A la fin des années 90, l’Afrique du Sud exportait deux fois et demi plus de produits agricoles qu’elle n’en importait. Selon une étude de la fondation de l’ancien président Frédérik de Klerk, ce ratio est tombé à une fois et demi. C’est bien sûr la conséquence de la croissance démographique et des progrès économiques qui ont pu être faits. Mais c’est aussi le reflet d’un malaise dans l’agriculture sud-africaine.

    Préserver l’agriculture intensive

    Bien que l’échantillon soit encore modeste, les statistiques de production des exploitations transférées à des paysans noirs, dénués de toute expérience, sont parlantes : les récoltes sur ces propriétés ont chuté drastiquement. Cette évolution est due au manque de formation de ces nouveaux agriculteurs mais aussi à l’absence de soutien gouvernemental. L’administration sud-africaine les a laissés livrés à eux-mêmes, privés d’encadrement et de subventions. C’est que le gouvernement sud-africain n’entend pas transformer l’agriculture intensive qui règne en ce moment dans le pays en agriculture de subsistance pour des fermiers pauvres. Pas question de morceler de grandes exploitations mécanisées en petites fermes permettant tout juste l’auto-subsistance des nouveaux fermiers.

    Cependant, poussé par ses partisans et soumis à une intense pression politique, le président Jacob Zuma n’a pas abandonné les projets de réforme agraire. Ceux-ci ont été relancés fin mars 2010. Une nouvelle législation est dans les tuyaux. Elle prévoit que les nouveaux fermiers pourront louer des terres à l’Etat et que les achats fonciers seront contrôlés. Cela suppose que l’état se porte acquéreur d’un tiers des superficies agricoles, ce qui lui coûtera la bagatelle de huit milliards d’euros. Ce qui n’est pas rien dans un pays où l’économie sort laborieusement de la crise financière mondiale.
     

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