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Article publié le : lundi 12 avril 2010 - Dernière modification le : lundi 12 avril 2010

En Haïti, la détresse des habitants, trois mois après le séisme

Une famille réunie devant son abri de fortune à Pétionville en Haïti, le 10 avril 2010.
Une famille réunie devant son abri de fortune à Pétionville en Haïti, le 10 avril 2010.
Photo : Lee Celano / AFP

Par Stefanie Schüler

Trois mois jour pour jour après le séisme qui a dévasté Haïti le 12 janvier dernier, la population sur place vit toujours dans une grande précarité. Ceux qui ont pu sauver leur vie, se battent aujourd’hui pour la préserver dans des conditions plus que difficiles. L’espoir de voir naître une nouvelle Haïti après le désastre a laissé la place à une certaine lassitude et au pessimisme.

Envoyée spéciale à Port-au-Prince,

Notre dossier spécial

« Les choses vont de mal en pis. Il suffit de regarder les gens dans la rue pour comprendre que la situation est grave ». Wilhelm Jédi se dit déprimé. Bien qu’il sorte tout juste de la messe, les prières n’arrivent plus à lui redonner son optimisme d’antant.

Trois mois après le tremblement de terre, beaucoup d’habitants de Port-au-Prince ont le moral en berne. Dans ce paysage de désolation et de destruction omniprésentes, il leur est difficile de reprendre le cours d’une vie normale.

Jackson Saint-Juste, 26 ans, ne souhaite rien de plus que de retrouver un travail. Le petit magasin qui l’employait avant le séisme s’est entièrement effondré lors du drame. « Dieu merci, les ONG nous distribuent de la nourriture. Mais ce n’est pas seulement de la nourriture qu’il nous faut », estime-t-il. « Nous avons également besoin d’emplois. L’aide internationale ne va pas durer indéfiniment. Maintenant il y a le programme «Argent contre travail» pour déblayer les maisons. Cela nous a permis de gagner un peu d’argent. Mais cela ne nous assure pas un emploi stable. Là, je n’ai rien à faire... »

Des abris de fortune qui ne résistent pas aux pluies tropicales

Alain Boinet,

Fondateur et directeur de Solidarités D'abord

 

12/04/2010 par Nathalie Amar

Nous sommes sur un chantier absolument colossal, on pourrait dire pharaonique…

Trois mois après le séisme, beaucoup de sinistrés vivent toujours dans les camps de fortune, éparpillés un peu partout dans la capitale haïtienne. Leurs conditions de vie sont précaires. La majorité d’entre eux n’a toujours pas reçu de tentes, qui, de toute façon, ne pourront résister aux orages tropicaux. Car la saison des pluies approche et de violentes averses s’abattent déjà sur Port-au-Prince.

« Nous ne pouvons pas continuer ainsi », lance Bernard Gabart, le visage figé de fatigue, portant son fils de quatre mois dans les bras. Ce jeune père de famille vit dans le camp de sinistrés de la place Saint-Pierre à Pétionville. La pluie de la nuit précédente a transformé ce campement de fortune en un immense champ de boue. « Quand il pleut nous sommes obligés de nous tenir debout sous nos bâches jusqu’à ce que ça cesse. Car les pluies sont accompagnées de vents violents et d’inondations », explique-t-il.

Son ami Richard, s’énerve : « J’entends partout que beaucoup de choses sont en train d’évoluer. Et pourtant, rien n’est encore fait. Avec des tissus et des draps, les gens ici bricolent… jusqu’à ce que leur construction prenne une forme de maison. Mais ce ne sont pas de maisons, ce ne sont même pas des tentes. Les gens ici vivent comme des bêtes !».

Margaret Alexandre se tient devant l’abri provisoire de sa famille. Des bâches et des tissus étendus sur quelques branches d’arbres font office de maison. « Vous voyez, on met cette bâche par terre pour nous protéger quand il commence à pleuvoir », explique-t-elle en soulevant un bout de plastique. « L’eau ne tombe pas seulement du ciel. Elle coule partout autour des tentes. Elle pénètre même cette bâche par terre et mouille tout ce qui est à l’intérieur de cet abri. Quand il y a du soleil on peut faire sécher nos affaires. Mais quand il pleut, la nuit, on est obligés de dormir sur les vêtements et des couvertures mouillés avec les enfants ».

A quelques pas de là, la voisine de Margaret Alexandre se débat avec des couvertures et des vêtements gorgés d’eau. Elle tente de les étendre sur des fils pour les sécher. Mais il ne fait pas beau à Port-au-Prince. Ça sent l’orage. Myrlande Louimat lance un regard inquiet vers le ciel. « Tous nos vêtement sont trempés et aujourd’hui il n’y a pas de soleil pour les sécher. On ne sait pas où est-ce qu’on va dormir ce soir ».

Ce jour-là, le ciel n’aura eu aucune pitié pour les sinistrés du tremblement de terre.
 

tags: Haïti - Tremblement de terre en Haïti
Commentaires (5)

JUSTE QUELQUES MOTS

A propos de ce qui s'était passé en HAÏTI, le peuple continue de vivre les impacts de ce fléau naturel dans tous les domaines à savoir l'économie, le social, la psychologie etc.... Cependant ce que nous allons dire, penser et pourquoi pas réaliser pour pouvoir espérer un demain meilleur c'est d'apporter ce que nous pouvons donner aux haïtiens. DIEU nous a donné un atout qui n'est pas forcement de l'argent ou quelques choses de matériel. Les intellectuels pourront donner des conseils, des suggestions pour la reconstruction de ce pays. LA FOI de réussir à reconstruire est déjà une force intérieur permettant d'agir naturellement. Les aides des autres pays ne sont rien d'autres qu'un levier qui pousse le peuple haïtien de retrouver leur valeur....DIEU va aider celui qui a en lui la foi de vaincre la difficulté. BON COURAGE LES HAITIENS...

il faut continuer

Il faut continue de penser a eux avec beaucoup d`espoir pour eux même. Si les journaux, la télé et même l'ordinateur en parle le plus, aller s.v.p continuer de penser a eux.

L'aide en Haïti

Cela fait deux ans que j'interviens en Haïti, deux cyclones après, 1 enlèvement après, 1 séisme après....... que puis-je dire si ce n'est que les haïtiens se tiennent droit, sourires et bonne humeur!!! Oui mais une tristesse, une détresse psychologique. Ce n'est pas l'argent qui fait du bien, on boit et on mange à Port au Prince mais comment redonner la fougue à ces gens, le gout de croire qu'ils vont y arriver. Bien entendu certains verront les sommes versées aux uns et pas aux autres? Les ONG bien pensantes, les français aux coeurs généreux qui versent leur participation, mais à quand le français qui partagera sa richesse en construisant un tissu industriel en Haïti qui lui achétera ses produits ?? Quand accepterons-nous de payer le juste prix des produits agricoles d'exportation d'Haïti ? Quand vous mangez une mangue haïtienne croyez-vous que le paysan reçoive 8 euros de l'heure ? Et blablabla!!
La France a fait une chose extraordinaire en la matière d'intervention, oui, elle a acheté en Haïti le riz qu'elle a distribué et ça il faut le reconnaître c'est de l'aide, de la vrais
Merci
Gérard

l`humanite touche le fond

On sentait bien que c`était de l`arnaque tous ces discours avec ces annonces de millions de dollars...... Ou est l`argent ?
Les ONG continuent de rouler en 4x4 au milieu de la misère qui les fait vivre grassement !!!
La race humaine est pourrie !!!!

Par les privilèges

Au moment ou Haïti chérie souffre, d'autres se remplissent, sans vergogne, les poches. Je parle des employés de l'ONU, autres que les militaires, qui perçoivent des sommes phénoménales sans se soucier vraiment des Haïtiens mais au contraire en les exploitant. Monsieur Ban Ki Moon demande un effort supplémentaire aux pays "dit riches". J'espère que la France n'en fait pas partie !!!!!! mais nous payons tout de même !!!!. Demandons aux personnels de l'ONU de participer à l'effort de solidarité.

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