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Sommet mondial sur la sécurité nucléaire - 
Article publié le : mardi 13 avril 2010 - Dernière modification le : mardi 13 avril 2010

Sécuriser les stocks de matières nucléaires, objectif de la réunion de Washington

Le président américain Barack Obama (D) et son homologue français Nicolas Sarkozy (G), au sommet sur la sécurité nucléaire à Washington, le 12 avril 2010.
Le président américain Barack Obama (D) et son homologue français Nicolas Sarkozy (G), au sommet sur la sécurité nucléaire à Washington, le 12 avril 2010.
Photo: Jason Reed/ Reuters

Par RFI

Au deuxième jour du sommet sur le nucléaire à Washington, un sommet voulu par le président américain Barack Obama, la cinquantaine de pays participants vont débattre de la question de la protection des sites de production et de stockage de matériaux militaires. Il s'agit d'éviter que ces combustibles dangereux ne tombent entre les mains des groupes terroristes. Un objectif partagé par la France même si Nicolas Sarkozy a rappelé la spécificité française en matière de défense stratégique.

Avec notre correspondante à Washington, Donaig Le Du

Le dîner du 12 avril, en ouverture du sommet, était consacré à l’identification des menaces liées au terrorisme nucléaire. Un dîner restreint aux chefs de délégation. Rien n’a donc filtré des conversations.

François Géré
 

Président de l’Institut français d’analyse stratégique

13/04/2010
par Nathalie Amar
 
 
Avec des matières fissiles comme l’uranium enrichi à 2 ou 5%, vous ne ferez jamais, évidemment, un explosif nucléaire…

Ce mardi 13 avril, au cours des deux réunions de travail, il sera question des moyens de sécuriser les stocks de matières fissiles, de protéger les stocks d’uranium enrichi et de plutonium, les deux ingrédients qui peuvent servir à fabriquer la bombe, de manière à éviter qu’ils ne tombent entre des mains mal intentionnées.

Selon les estimations des experts, il existe sur la planète, réparti dans une quarantaine de pays, de quoi fabriquer l’équivalent de 120.000 bombes atomiques.

Le terrorisme nucléaire est la principale menace actuellement, a répété ces derniers jours Barack Obama. Le sommet de Washington a donc pour objectif d’éloigner cette menace. Barack Obama a d'ailleurs salué la décision annoncée lundi par l’Ukraine, de se séparer de son stock d’uranium enrichi, 90 kg au total.

Le même jour, le Canada et le Chili ont également affirmé vouloir confier leur uranium aux Américains, là aussi par mesure de sécurité, pour éviter qu’il ne puisse être volé ou intercepté par des terroristes.

 

Nicolas Sarkozy en défenseur des spécificités françaises

Avec notre envoyé spécial à Washington, Nicolas Falez

La France applaudit l’initiative de Barack Obama. Et dans l’entourage de Nicolas Sarkozy, on affirme que la sécurité nucléaire doit être une préoccupation pour tous, qu’elle n’est pas un luxe de pays riches et que les pays du Sud aussi sont potentiellement exposés à la menace.

Le président français est arrivé à Washington en affichant sa convergence de vue avec son homologue américain. Mais Nicolas Sarkozy vient aussi défendre les spécificités françaises. Premièrement, pour Paris, pas question de faire le lien entre lutte contre la prolifération et désarmement. La France estime qu’elle a déjà beaucoup fait dans le second domaine. Elle ne réduira pas davantage ses arsenaux nucléaires.

Par ailleurs, Nicolas Sarkozy défend aussi une technologie française ; celle du retraitement du combustible nucléaire. Pour la France, pas question de renoncer à ce système de recyclage, pas question non plus de se laisser imposer des normes internationales qui limiteraient l’usage et la commercialisation de cette activité.

 

Le président français sur la chaîne de télévision CBS

Nous avons renoncé aux essais nucléaires,... nous avons fermé le plateau d'Albion... aujourd'hui je considère que si j'allais plus loin, je pourrais mettre en cause la sécurité de mon pays. En tant que chef de l'Etat, je suis garant de la sécurité de mon pays...

 

13/04/2010

tags: Etats-Unis - Nucléaire - Terrorisme
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Commentaires (2)

"Sécuriser le stock de matières nucléaires"

Mon commentaire sera complet si j’ajoute qu’il faut saluer la pertinence du choix du thème de la réunion de Washington invitant les nations à réfléchir sur les moyens de "prévenir le terrorisme nucléaire".
Pendant longtemps nous avons vécu au rythme de la grande peur pour la paix du monde qu’entretenait le face-à-face de l’URSS et des Etats-Unis d’Amérique. Nous en étions à penser, après Jean-Jacques Rousseau : « Partout régnait l’état de guerre et la terre était en paix ». Les deux protagonistes, la Russie et les USA en sont à l’heure de la décélération de la course à la terreur parce que l’épanouissement des sociétés humaines impose aujourd’hui des schémas différents au développement du monde. La course au nucléaire, qui se maintient ici et là sous le prétexte de neutraliser un voisin menaçant reste un combat d’arrière-garde à l’heure de la mondialisation et de la mutualisation des moyens face aux risques.
Mais dès lors qu’il peut apparaître que nous nous trouvons en face d’un investissement dans l’ego, qui épouse des voies de plus en plus incontrôlables, la vigilance est requise pour suivre tout ce qui existe et en garantir le bon usage.
Bravo à M. Obama !

« Sécuriser les stocks de matières nucléaires »

« Sécuriser les stocks de matières nucléaires », ce n’est pas la même chose que d’interdire à certains pays l’accès au nucléaire. On peut même observer dans cet objectif de la réunion de Washington comme un glissement vers un projet moins ambitieux que celui qui prônait la lutte contre la prolifération du nucléaire. Si la sécurité des Etats fait de l’accès au nucléaire la nécessité que proclame le Président de la République Française, j’imagine l’Iran renvoyant dos à dos ceux qui le menacent de sanctions et dans le style du Protreptique d’Aristote : parce que c’est déjà philosopher que se demander si on doit le faire : « Si donc tu dis qu’il faut philosopher, il faut philosopher ; mais si tu prétends qu’il ne faut pas philosopher, alors il faut philosopher, ne fût-ce que pour le prouver. De toute façon, il faut philosopher. »
Si la sécurité est - ou tout simplement : peut être- au prix de l’accès au nucléaire, tout Etat soucieux de la sécurité de son Peuple n’en doit pas faire l’économie.

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