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Les plus hautes autorités chinoises apportent leur soutien aux victimes du séisme de Qinghai
Le bilan du séisme qui a frappé mercredi 14 avril la province du Qinghai, dans le nord-ouest de la Chine, a été revu à la hausse à 791 morts. Trois jours après ce tremblement de terre, le président Hu Jintao et le Premier ministre Wen Jiabao ont décidé de modifier leur emploi du temps pour apporter leur soutien aux victimes de la catastrophe. Située en zone tibétaine, la province du Qinghai est une région sensible, ce qui pourrait expliquer la soudaine préoccupation des dirigeants chinois.
Avec notre correspondant à Pékin, Marc Lebeaupin
Il aura fallu attendre plus de 48 heures avant que les plus hautes autorités chinoises se préoccupent ouvertement de la situation au Qinghai. Le Premier ministre, Wen Jiabao, est arrivé jeudi soir 15 avril à Jiegu, l'une des villes les plus proches de l'épicentre du séisme, détruite à près de 80 %.
La télévision chinoise le montre ce vendredi 16 avril au chevet des victimes, promettant l'arrivée de nouvelles équipes de sauvetage. Selon des témoignages sur place, notamment celui d'un résident français à Jiegu, la région manque de tout, et surtout d'équipement lourd pour dégager les personnes ensevelies.
De son côté, le président Hu Jintao a écourté sa visite au Brésil et annulé ses escales au Venezuela et au Chili. Une décision qu'il a justifiée en évoquant « un énorme désastre qui a entraîné la perte de nombreuses vies humaine ». Wen Jiabao a, lui aussi, annulé une tournée qu'il devait faire la semaine prochaine en Asie du Sud-Est.
Cette soudaine préoccupation des dirigeants chinois s'explique peut-être par la sensibilité de la région du séisme qui se trouve en zone tibétaine. Selon des informations diffusées sur des sites censurés, 90 % des victimes seraient des Tibétains. La télévision officielle ne diffuse aucun témoignage des populations locales. La crainte de remous ethniques, à quelques jours seulement de l'ouverture de l'Exposition universelle à Shanghai, est peut-être une des explications de cette mobilisation au plus haut niveau.
Les Tibétains et moines, premières victimes du séisme |
Deuxième nuit dans le froid pour les rescapés du Qinghai, troisième jour le ventre vide pour ces milliers de sinistrés qui manquent d’eau, de vivre et de soins. Selon les bilans officiels au moins 15 000 résidences ont été touchés, 85 % des habitations et près de 100 000 personnes seraient aujourd’hui sans abri, à 4 000 mètres d’altitude, dont de nombreux nomades sédentarisés d’origine tibétaine. « Il y aurait des immeubles modernes, des écoles qui s’y seraient effondrés, beaucoup de maisons tibétaines en terre qui n’ont que des structures en bois. Il y a également beaucoup de monastères. Il semble qu’il y ait eu beaucoup de morts parmi les moines », rapporte Katia Buffetrille est tibétologue et professeur à l’Ecole pratique des hautes études (EPHE), à Paris. « Les Tibétains sont en manque total de tentes et de médicaments. Les gens se sont réfugiés sur une grande aire où normalement il y a les courses de chevaux, or la température est sous zéro actuellement…» Des tentes, des couvertures et de l’aide humanitaire sont arrivées ce vendredi 16 avril dans la ville dévastée de Jiegu. Les informations restent parcellaires. Une chose est sûre : sur ce plateau montagneux où l’on vit à l’heure de Pékin, les habitants étaient pour la plupart encore dans leur maison lorsque la terre a tremblé le 14 avril.
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