Santé/Afrique - 
Article publié le : lundi 19 avril 2010 - Dernière modification le : mercredi 09 juin 2010

Lutte contre le paludisme : encore un effort!

Par Colette Thomas

La communauté internationale s’est donné les moyens de faire reculer le paludisme. Le rapport publié ce lundi 19 avril 2010, dans la perspective de la journée mondiale, montre que l’explosion des financements donne des résultats mais que beaucoup reste à faire. Cette maladie touche essentiellement l’Afrique. Chaque année, le paludisme tue plus d’un million de personnes et presque toutes sur ce continent.

 « L’un des meilleurs investissements en matière de santé publique de ces dix dernières années » : c’est ainsi que les acteurs de la lutte contre le paludisme parlent des résultats obtenus après le lancement des programmes destinés à en finir avec le paludisme qui tue essentiellement des enfants en Afrique.

Au début des années 2000, la communauté internationale a décidé de « mettre le paquet » pour faire disparaître cette maladie infectieuse propagée par un moustique. Ces efforts sont tellement efficaces que certains décideurs, même s’ils ne peuvent pas vraiment le dire, se demandent si cela vaut encore le coup de chercher un hypothétique vaccin plutôt que de continuer la politique actuelle : équipement des logements en moustiquaires, pulvérisation d’insecticide sur les habitations, distribution d’une combinaison de médicaments pour prévenir la maladie notamment chez les femmes enceintes ou enrayer la maladie dès que les symptômes se déclarent.
 

La carte du paludisme en Afrique

La communauté internationale a décidé de donner un élan décisif à la lutte contre le paludisme en augmentant les investissements et en regroupant plusieurs initiatives : il y a bien sûr le Fonds mondial (lutte contre le sida, la tuberculose et le paludisme) créé en 2002  et dont les deux tiers des fonds vont à la lutte contre le paludisme ; s’y ajoute le programme d’accélération de la lutte contre cette maladie financé par la Banque mondiale et l’initiative du président des Etats-Unis contre le paludisme. L’Unicef, l’OMS et le Pnud sont également impliqués.
 
Les financements, les plans d’action (organisation et distribution des médicaments, outils pour le diagnostic médical, campagnes d’information) sont organisés depuis près de 10 ans au sein d’un partenariat, l’initiative Roll Back Malaria (Ensemble contre le paludisme) qui regroupe les organismes déjà cités : Fonds mondial, Banque mondiale et autres bailleurs de fonds, Initiative du président des Etats-Unis. Cette concentration des moyens a entraîné une explosion des financements. De 300 millions de dollars américains en 2003, les fonds sont passés à près de 1,8 milliards en 2009.
 
Des efforts à grande échelle
 

Jan Van Erps
2e rapport sur la lutte contre le paludisme
 

Conseiller du programme «Ensemble contre le paludisme»

18/04/2010
par Michèle Diaz
 
 

Les acteurs de ce partenariat se sont également donné une date-butoir, 2010, pour atteindre des objectifs et notamment diminuer de moitié les décès dus au paludisme. La mortalité infantile a diminué d’environ 20%, essentiellement grâce à l’utilisation de moustiquaires imprégnées d’insecticide. Entre 2007 et 2009, près de 200 millions de moustiquaires ont été distribuées à des familles, le plus souvent gratuitement. Le Nigeria par exemple compte distribuer 60 millions de moustiquaires d’ici la fin de l’année.
 
Depuis 2003, les gouvernements africains ont modifié leurs politiques nationales du médicament pour promouvoir le traitement le plus efficace, une combinaison de médicaments à base d’artémisinine. Les progrès les plus spectaculaires de ces politiques nationales ont été réalisés en Tanzanie, au Ghana, en Guinée, en Zambie et en Erythrée. Ces pays ont réduit des deux tiers la mortalité due au paludisme. Et ils sont en avance sur les objectifs prévus pour 2010.
 
« Ensemble contre le paludisme » pense à la suite du programme. Les organismes qu’il rassemble sont actuellement à la recherche de financements pour la période 2011-2013. Car dans sa dernière évaluation de la situation en Afrique publiée à l’occasion de la journée mondiale contre le paludisme, ces organismes (rassemblés au sein de  « Ensemble contre le paludisme ») constatent que « la proportion d’enfants africains ayant accès à ces médicaments antipaludéens reste très faible ». Par ailleurs ce partenariat a du mal à évaluer les progrès faits en matière de diagnostic médical car très peu de données sont disponibles. « Cette maladie continue de tuer des enfants et des femmes enceintes alors que la prévention et le traitement sont tout à fait possibles », estime la directrice exécutive de l’Unicef Ann M.Veneman.
 
Les Objectifs du Millénaire prévoient notamment de réduire la mortalité des enfants de moins de 5 ans et de maîtriser, d’ici 2015 le paludisme.

 

tags: Homme - Paludisme - Santé et Médecine
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